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Rollins Band › Hard Volume

cd | 8 titres | 71:02 min

  • 1 Hard [04:06]
  • 2 What have I got [04:58]
  • 3 I feel like this [04:26]
  • 4 Planet Joe [04:18]
  • 5 Love song [06:21]
  • 6 Turned inside out [06:23]
  • 7 Down and away [08:19]
  • Bonus édition CD
  • 8 Joy riding with Frank (live in Linz, Austria, 1988) [32:04]

enregistrement

Enregistré et mixé en décembre 1988 aux studios Echo Sound, Los Angeles, Etats-Unis.

line up

Sim Cain (batterie), Chris Haskett (guitares), Henry Rollins (chant), Andrew Weiss (basse), Theo Van Rock (producteur, ingénieur du son)

remarques

1xLP 12"
1xK7 noire (existe aussi en blanc)
1999 : 1xCD remasterisé avec titres bonus.
2001 : idem précédent, joint à la box "Audio Airstrike Consultants 1986-1988"

chronique

Styles
hardcore
rock
Styles personnels
shadow boxing is not a crime

Henry Rollins est un artiste hors norme. Homme de l'excès, impulsif et punk chez Black Flag, la fin du projet le transforme radicalement. En premier lieu musicalement : ces premiers efforts solo trahissent une envie d'en découdre avec ses véritables racines musicales, notamment le rock lourd du Sabb Four et du MC5 mais aussi le be-bop et le free jazz. Une approche qui tranche radicalement avec la violence brute dont il faisait preuve jusqu'à lors. Il trouve ainsi en Chris Haskett (guitare), Andrew Weiss (basse), Sim Cain (batterie) et Theo Van Rock (ingénieur du son) le Big Band idéal. Soutenu comme jamais, il va enfin pouvoir faire éclater au grand jour ses obsessions, cracher sa bile en corrélation avec un environnement sonore plus dense et dans un flux beaucoup plus tendu que la seule invective hardcore que lui offrait Black Flag. Alors peu importe que le personnage Rollins se soit un peu trop reposé sur son enfance glauque, qu'il ait remis au goût du jour une certaine idée du straight edge, fustigeant la faiblesse de céder aux tentations et flirtant bien souvent avec la misogynie. Passons également sur la période post "Weight" qui vit la dislocation de l'entité Rollins Band vers des territoires beaucoup plus consensuels et à l'intérêt plus que limité, surtout après l'incroyable tour de force que fut "The End of Silence". Peu importe donc puisque le mythe fut forgé par ces œuvres séminales habitées d'une foi sans faille et catalysées par une symbiose parfaite. Si le premier essai du combo, "Life Time" en 1988 pose bien plus que de simples bases, il reste cependant marqué par une certaine urgence, ouvert sur l'extérieur et tout en fébrilité. Avec "Hard Volume" le groupe accouche d'un disque d'une violence à peine contenue musicalement et désinhibé en ce qui concerne les textes et l'interprétation qu'en fait Rollins. De "Hard" à «Down and Away» la déferlante Rollins déborde la garde de l'adversaire, la perce et atteint les points vitaux pour achever la rencontre en un seul et unique round dévastateur. Heavy rock nerveux ancré dans les seventies avec "Hard" et "What Have I Got", esprit punk hardcore sur "I Feel Like This", l'album brille également d'une aura à la noirceur terrifiante au moyen d'incursions jazz techniquement irréprochables ("Love Song", le break de "I Feel Like This") et qui loin d'alléger le groove en accentuent la gravité. En contrepoint, une approche tribale et industrielle aussi surprenante qu'écrasante sur un "Planet Joe" empreint d'une violence façon Swans première époque, pour ne pas dire apocalyptique avec un "Turned Inside Out" dantesque aux accents doom/sludge hantés par un Rollins affairé à la démonstration d'un comportement animal des plus primaires. Sans jamais tomber dans le patchwork, "Hard Volume" déstabilise par une approche pluridisciplinaire, dérange par ses lamentations et ses thèmes introspectifs (déclaration d'intentions, trahisons, mensonges, haine de soi et des autres etc.), galvanise par son groove particulier (l'édition CD propose en bonus une jam session d'une demie-heure assez démentielle). Épreuve de force douloureuse pour le groupe et surtout pour l'auditeur : en nous obligeant à faire face à ses propres préoccupations, Rollins nous renvoie à dessein aux aspects les plus négatif de notre personnalité. Si le résultat à de toute évidence une portée cathartique pour son géniteur, il appartient à chacun d'appréhender comme bon lui semble ce maelström d'émotions diverses qui se télescopent sans jamais s'annuler. "Les tripes à l'air, au vu de tous" nous hurle-t-on sur "Turned Inside Out" : bienvenue au freak show "Hard Volume", vous avez été assez téméraires pour y assister, démerdez-vous pour ressortir avant d'en devenir la tête d'affiche... (chronique parue à l'origine dans Noise Magazine n°2, sept/oct 2007)

note       Publiée le dimanche 11 août 2019

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boumbastik › dimanche 18 août 2019 - 19:58  message privé !

Depuis le temps que je milite pour du Van Halen sur Guts, vlatipa qu'en v'là avec Hard, plus big rock que l'original ! Clin d'oeil mis à part, une évidence s'impose de plus en plus à mes yeux : Rollins Band = groupe majeur du rock à tripes. Paroles introspectives coup de boule (évoquent souvent Nomeansno) crachées sur du hard core jazzeux écorché exécuté à la perfection par un trio de zicos phénoménaux. A déguster, comme un bon plat bien spicy, ou comme une douleur lancinante (Turned inside out, OMG !)

Note donnée au disque :