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Jimi Hendrix Experience › Live at Monterey

8 titres - - min

  • 1/. Killing Floor
  • 2/. Foxey Lady
  • 3/. Like A Rolling Stone
  • 4/. Rock Me Baby
  • 5/. Hey Joe
  • 6/. The Wind Cries Mary
  • 7/. Purple Haze
  • 8/. Wild Thing

enregistrement

Filmé le 18 Juin 1967 par D.A. Pennebaker - Produit par Janie Hendrix, Eddie Kramer et John McDermott

line up

Jimi Hendrix (guitare, chant), Mitch Mitchell (batterie), Noel Redding (basse, seconde voix)

chronique

Bon, on passe aux choses sérieuses. "Let’s get down to business". Le film de Jimi Hendrix à Monterey est non seulement une captation indispensable de cette date à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire de la pop music (et pas seulement pour Hendrix), mais aussi LA porte d’entrée idéale pour l’œuvre du gaucher mystique. C’est pas compliqué, en une quarantaine de minutes et à peine 8 chansons (le format festival pop, tristement inchangé de nos jours, bien qu’il sera considérablement étiré durant la fin des années 60), Hendrix met tout simplement le feu à l'Amérique. Métaphoriquement d’abord, puis pour de bon à la fin, lors de la fameuse séquence du "sacrifice de guitare" (pas de spoiler, c’est de toutes façons sur la jaquette). Croire que ce concert n’est légendaire que pour cet "incident" serait oublier qu’il s’agit du climax d’un concert ultra compact, en forme de montée en puissance vers le chaos et la pluie acide… Le set est calibré pour convaincre : seuls 4 originaux (dont Can You See Me, absent du film) sur 9 chansons, même si le standard Rock Me Baby est radicalement transformé (il sera d’ailleurs repris tel quel sous le titre Lover Man sur l’album posthume d’Hendrix). Après que Brian Jones ait présenté les petits chéris du tout-London, les 2 premiers titres sont joués pied au plancher, comme si Hendrix était pressé d’en montrer un maximum, de faire ses preuves au plus vite. Killing Floor est un blues métallique de Howlin Wolf qui avait déjà laissé Clapton sur le cul, ici expédié avec une gnaque réjouissante. Même chose pour Foxey Lady. Le concert ne commence vraiment qu’avec le lent et posé Like A Rolling Stone : "Let’s get down to business" lance Hendrix à la cantonade. C’est peut-être la plus grande version du standard de Bob Dylan jamais enregistrée… La caméra et la foule n’ont plus d’yeux que pour ce grand type qui semble communiquer avec les profondeurs de l’univers avec sa six cordes. Les titres s’enchaînent dans des versions ultimes, mais précisons-le, encore assez fidèles aux compositions, ce qui en fait la version idéale pour découvrir Hendrix, comparé aux trop timides versions studios et surtout aux futurs lives, parfois extrêmement psychédéliques et improvisés. Un palier de plus est franchi avec Purple Haze, où Hendrix, en apesanteur complète, lâche sa fameuse devise : "Not necessarly stoned, but beautiful"… Normalement, à ce stade-là, vous devriez avoir monté le son 3 ou 4 fois… N’essayez plus, je vous vois, là ça n’ira pas plus haut. Jimi annonce maintenant les "hymnes américains et anglais combinés ensemble"… Ce qui est sa façon à lui d’annoncer Wild Thing, le standard des Troggs emblématique de l’époque. Sa version est – ai-je besoin de le préciser - un ouragan de feedback et de riffing obscène, émaillé par ce qui deviendra une habitude chez Hendrix : une citation complètement incongrue au milieu d’un solo, ici Strangers in the Night, tube de Frank Sinatra qui sonne comme une perversion absolue au milieu de ce déluge de bruit. S’ensuit la fameuse scène du sacrifice que je vous laisse découvrir par vous-mêmes, tout en gardant bien à l’esprit que les Who étaient passés juste avant lui (de quoi déclencher des infarctus dans la foule, quand on sait en quoi consistait un concert des Who en 67). Mais ce qui frappe le plus, c’est l’ambiance bon enfant qui règne tout au long de ce concert, pourtant probablement le truc le plus violent qu’il soit possible de concevoir en Juin 1967. Jimi s’amuse beaucoup, cache son trac monstrueux (imaginez : le come-back du rebut ultime devenu fils prodigue, après son entraînement, on croirait un épisode de DBZ) derrière deux ou trois blagues ("my fingers will move, as you see", tu l’as dit bouffi), affichant une décontraction incroyable, savourant sa victoire sur ce public qui l’avait d’abord traité de freak. A côté de ça, "American Landing", le petit reportage (sous titré), est plutôt anecdotique et sympathique, si ce n’est pour réaliser l’ampleur de l’évènement, et les petits bonus que sont Like a rolling stone et Stone Free en Angleterre, en Février 67, accessoires : l’image est plutôt bonne mais le son ne suit pas, et c’est bien dommage vu qu’il s’agit sans doute de l’une des premières interprétations publiques du standard de Dylan par Hendrix. Ce dvd vaut surtout pour ces 45 minutes d’intensité volcanique, et se repasser le fatidique Wild Thing en boucle. "comona’ssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssockitomeonetime !!!"

note       Publiée le dimanche 27 juin 2010

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dariev stands › lundi 27 décembre 2010 - 12:22  message privé !
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je le passe en bootleg car je viens d'apprendre qu'en fait le 33t live de Monterey paru du vivant d'Hendrix avait été sorti sans son accord. ça n'en fait pas moins une porte d'entrée idéale, sauf pour les allergiques à la frime scénique...

dariev stands › jeudi 28 octobre 2010 - 17:30  message privé !
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ok, vous aviez tous raison, hendrix a joué juste après les Who. Il ne voulait pas évidemment (personne ne veut jouer après les who), mais ça s'est joué à pile ou face, et histoire de dire "ah ouais, ben vous allez voir ce que vous allez voir", hendrix a foutu le feu à sa gratte. Et juste après y'avait les mamas & papas suivi de Scott mckenzie qui chante "San francisco", haha, le changement d'ambiance... ils ont peut etre distribué des tisanes pour les aider à se remettre aussi.

NevrOp4th › dimanche 8 août 2010 - 19:44  message privé !

Quelqu'un ce dévoue pour continuer la disco de Jimi? :)

Reflection › mercredi 30 juin 2010 - 22:37  message privé !

Très bon témoignage historique ce live. Jimi au top de sa forme, monté à bloque et pret à en découdre ! En effet, en 40 min il arrive a sortir quasiment l'ensemble de ce qu'il sait faire avec une guitare electrique et du coup on comprends bien le choc que ça a pu etre à l'époque... Le père de la guitare noise ? En plus pour un concert plutot "pop" ça a vraiment du être la claque (même s'il y avait les "The who" avant). Un peu "too much" parfois, mais c'est ce qui fait la force de ce live.

Dun23 › mardi 29 juin 2010 - 15:02  message privé !

Voui, voui, mérite que ça se vérifie, toussa! Quant à Arthur Brown, effectivement, on l'a oublié et pourtant, y'a un album franchement excellent du bonhomme qui aurait pu faire de lui un incontournable. Après, pour la guitare en feu, je crois sincèrement que c'est la seule fois mais bon, on peut se planter, hein! On y étais pas et c'est bien dommage!