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Gaspar Claus › Jo Ha Kyū

vinyl 33t • 2 titres • 33:17 min

  • 1Jo Ha Kyū I00:00
  • 2Jo Ha Kyū II00:00

numérique • 4 titres • 73:57 min

  • 1Jo Ha Kyū33:17
  • 2First Contact #108:27
  • 3First Contact #210:50
  • 4First Contact #321:23

enregistrement

Enregistré à Tokyo.

line up

Gaspar Claus (violoncelle)

Musiciens additionnels : Keiji Haino (voix), Sachiko M (générateurs d'ondes), Hiromichi Sakamoto (violoncelle électrique), Ryuichi Sakamoto (piano), Kazuki Tomokawa (voix, guitare), Kazutoki Umezu (saxophone ténor), Otomo Yoshihide (platines), Eiko Ishibashi (voix, piano, percussions), Kakushin Nishihara (voix, biwa), Leonard Eto (taiko)

remarques

Une version américaine avec pochette et mastering différents est sortie chez Important Records en mai 2013.

chronique

Styles
ovni inclassable
Styles personnels
onkyo, électro-acoustique

Un poème en trois temps. Le moins que l'on puisse dire, c'est que Gaspar Claus a les moyens de ses ambitions ! Le violoncelliste sait s'entourer et concrétiser ses idées. L'existence d'une pièce comme celle-ci, reprenant la forme traditionnelle du Jo Ha Kyù dans une lecture résolument moderne est un petit événement en soi, pour peu qu'on soit amateur du registre japonais. Un simple coup d’œil au line-up suffit à prendre la mesure du projet : répondent à l'appel Kazutoki Umezu, Otomo Yoshihide, Sachiko M ou encore l'incontournable Ryuichi Sakamoto, qui renoue ici (bien que discrètement) avec les expérimentations qu'il affectionnait dans les années 70. Fort heureusement, ce disque n'a rien d'une coquille vide. L'ambition est guidée par la passion : le fils de Pedro Soler, élevé dans l'amour du flamenco à Banyuls, est aussi fervent amateur d'improvisation. Or, quel meilleur terrain de jeu que l'exotisme nippon ? Loin de l’onkyo criard, le triptyque proposé ici est davantage propice à la méditation qu'à l'excitation nodale. C'est à la fois sa principale qualité et son léger défaut : en suivant les trois temps de la forme adoptée (pénétration / larme / accélération sans fin), Gaspar Claus opte pour une esthétique zen qui sous-exploiterait presque la somme de talents regroupée autour de lui. De fait, le résultat de ces trois semaines de studio à Tokyo consiste en une superposition de couches, un travail de montage s'inscrivant dans la logique du bruitisme japonais ; à savoir l'abstraction des formes doublée d'un ancrage plus solide avec la culture ancienne de l'archipel. Chacun s'exprime librement. Le manque de corps, de souffle qu'on pourrait craindre avec l’EAI est heureusement comblé par la présence mesurée des voix : le chant caressant le biwa de Nishihara, les cris écorchés du merveilleux Tomokawa et les ronflements sourds de Haino participent à la cohésion de ce magnifique tableau. Le principal intéressé use de son outil dans l’ombre, laissant le soin à Hiromichi Sakamoto de faire grincer son instrument. Lorsque Gaspar Claus se joint à la fête, le disque approche de la coda. Une humilité qui l'honore ? Sans surprise, le final fait passer ce petit flottement. Une fois l'annonce faite par des battements de plus en plus rapides, marqués par Ishibashi, tous s'invitent à une fuite vers l'avant où le chaos trouve sa place. Jo Ha Kyù est un album réussi, d'autant plus en format numérique, où les limitations du format analogique se font moins sentir - surtout quand s'y ajoutent les "premiers contacts" en cadeau bonux.

note       Publiée le vendredi 11 novembre 2016

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Note moyenne        1 vote

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DukeOfPrunes › vendredi 18 novembre 2016 - 15:16  message privé !
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Mais de rien, mon cher qloq ! :D

Note donnée au disque :       
gloq › vendredi 18 novembre 2016 - 11:50  message privé !

Superbe, merci pour la découverte !

saïmone › vendredi 11 novembre 2016 - 13:25  message privé !
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ça me parle