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Marion Cousin et Gaspar Claus › Jo estava que m'abrasava

lp • 8 titres • 50:27 min

  • 1Madona de sa cabaña5:33
  • 2Porquerola7:33
  • 3Ametleret abundos2:36
  • 4Sa nuvia d'Algendar4:47
  • 5Arreu arreu segadors2:23
  • 6Na Margalida6:33
  • 7El comte de Raixa4:49
  • 8Jo estava que m'abrasava16:13

extraits audio

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enregistrement

Enregistré par Borja Flames.

line up

Gaspar Claus (violoncelle, effets), Marion Cousin (chant, guitare)

remarques

[Le Saule LDFP002LP]

chronique

Styles
folk
musique improvisée
Styles personnels
nouvelle geste baléare

Il fut un temps où, au large des côtes catalanes comme ailleurs, le temps de la fenaison s'accompagnait de beaux chants de blé. À Majorque, le foulage du raisin ou la cueillette des amandes prenaient une teinte solaire, de par des mélodies diaphanes baignées de lueur orangée. Quant aux romances minorquines, autres textes du répertoire baléare, elles se présentaient souvent au Moyen-Âge sous forme de drames, longues histoires de puissants rois et de jeunes filles, d'eau salvatrice et de feu d'enfer, contes d'amour et de mort. Tableau cartographié, Jo estava que m'abrasava est le premier volet d'un triptyque à venir sur les folklores de la péninsule ibérique, pour lequel la chanteuse-oracle Marion Cousin a fait appel aux talents de paysager sonore de Gaspar Claus. Tombée dans la musique au contact de la barbe espagnole de Borja Flames, avec qui elle formait le duo June et Jim, l'amoureuse de théâtre moderne se veut ici le simple outil d'une transmission orale, certes, mais avec une flamme intérieure : le désir de mettre la pop en porte-à-faux, de renouer avec un essentiel à l'ombre d’un saule en fleur. En dehors du temps, le disque donne à voir une symbiose fragile et hypnotique entre celle qui chante avec ses mains et celui qui joue de son archet. Les chansons sont menées comme une barque sur des ondulations tantôt délicates, tantôt capricieuses ; il n'est pas rare, à l'écoute de cette réinterprétation de folklore séculaire et de geste médiévale, de voir le magnétisme opérer un va-et-vient, en dodelinant. Car si la douceur de la voix saisit le cœur, le violoncelle apporte à l’épiderme des degrés de tension dissonante qui varient selon l'intensité dramatique, puisant et épuisant l’émotion. On y entend les éléments traditionnels d'une Padilla hugolienne, ces mots qui chantent et peuplent un imaginaire chaud et sec, en partie capté en 1952 par Alan Lomax, et qu'on attribuerait volontiers outre-Atlantique à des noms comme Atahualpa Yupanqui. Entre les boucles, "Ametleret abundós" est l’occasion d’une réunion physique de deux âmes parallèles – Marion Cousin, assise auprès de son arbre à cordes et les cheveux tombant sur le sol, vient titiller le violoncelle d’un Gaspar Claus explorant toutes les parties de son instrument. L'étincelle, comme le fruit d'un hasard argentique, se produit et embrase le corps d’une jeune fille débordant d’amour. Soif inextinguible succédant à l’ensemencement de la terre. Il fut un temps où, à l’écoute d’un disque venu d’ailleurs, le temps de la passion était annoncé.

note       Publiée le dimanche 29 octobre 2017

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