Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesATori Amos › Under The Pink

Tori Amos › Under The Pink

cd | 12 titres | 56:50 min

  • 1 Pretty Good Year [03:27]
  • 2 God [04:00]
  • 3 Bells For Her [05:22]
  • 4 Past The Mission [04:07]
  • 5 Baker Baker [03:19]
  • 6 The Wrong Band [03:03]
  • 7 The Waitress [03:11]
  • 8 Cornflake Girl [05:08]
  • 9 Icicle [05:47]
  • 10 Cloud On My Tongue [04:44]
  • 11 Space Dog [05:13]
  • 12 Yes, Anastasia [09:33]

extraits vidéo

  • Il y a des extraits vidéo pour ce disque. Vous devez être membre pour les télécharger : devenez membre.

enregistrement

Enregistré dans une hacienda au Nouveau-Mexique. Cordes enregistrées à Westlake Studios, Los Angeles. Produit par Tori Amos et Eric Rosse

line up

Tori Amos (chant, piano, piano préparé, orgue Vox), Paulinho Da Costa (percussions), John Philip Shenale (arrangement de cordes, orgue Hammond, Solina string ensemble), Scott Smaley (chef d'orchestre), George Porter Jr. (basse), Carlo Nuccio (batterie), Steve Caton (guitare), Eric Rosse (programmations), Paul McKenna (programmations), Merry Clayton (choeurs), Chris Reutinger (violon), Ezra Klinger (violon), Francine Walsh (violon), John Wittenberg (violon), Michael Harrison (violon), Nancy Roth (violon), Cynthia Morrow (alto), Jimbo Ross (alto), John Acevedo (alto), Dane Little (violoncelle), Melissa Hasin (violoncelle), Nancy Stein-Ross (violoncelle)

Musiciens additionnels : Trent Reznor (chant 4)

chronique

Styles
pop
rock
Styles personnels
piano-rock ciselé et cotonneux

On prend la même et on recommence, ou presque. Dans la ligne de tir du précédent, avec une plus forte cohérence et homogénéité de la production, délaissant le côté un peu plastique de certains arrangements pour une élégance et une délicatesse de flocon de neige. Sauf que rien ne prépare à l'éruption soudaine au deux tiers de "Pretty Good Year", jusque là bien mélancolique, écrin brisé d'un coup de semonce inattendu. Et dès les guitares stridentes et dissonantes en arrière de "God", par ailleurs single redoutable, il apparait évident que Tori Amos a complexifié le jeu, distribue ses cartes en brouillant les pistes, rythmique angulaire, lignes de chant empruntant des chemins de traverse, adresse moqueuse à un Dieu en manque de présence féminine, drôle de mixture assez éloignée de l'évidence pop de "Crucify", tours et détours des mélodies sur elles-mêmes. Le troisième morceau confirme ce virage vers la bizarrerie, alors que résonnent les étranges tintinnabulements de piano préparé du minimaliste "Bells For Her", atmosphère foutrement mystérieuse, de cloches d'église d'un autre monde. Tout comme sa musique s'alambique, les textes de la belle rousse prennent de concert une voie plus cryptique, se prêtent à interprétations, il va falloir maintenant lire entre les lignes, décoder les formules équivoques. Y puiser des messages d'espoir de se reconstruire après un traumatisme majeur, "Baker Baker", d'un classicisme retenu dans la forme malgré son étrange métaphore boulangère, ou des histoires sans issue de filles perdues et acculées à fuir, "The Wrong Band", grinçant et tragique, avec ses vieux claviers Hammond et Solina pour la doublure cotonneuse, son envolée de voix aérienne. Plus vraiment de recherche de single accessible, mis à part un "Past de Mission" sensuellement chaloupé où pointe le nez de Trent Reznor au refrain, mais quelques merveilles de compositions, futurs classiques du répertoire de la jeune femme. "Cornflake Girl" et son récit halluciné inspiré d'Alice au Pays des Merveilles, du côté sexuel, récit d'une rivalité entre deux clans de femmes nommés d'après des catégories de céréales pour petits-dej (ça va, c'est assez équivoque ?), redoutablement addictif avec son sifflement sorti tout droit d'un western spaghetti et son solo de piano bondissant, imprécations destinées au grand lapin blanc et voltiges vocales de sorcière; le menaçant et volatile "The Waitress", sa dynamique loud/soft typique de l'époque, alternant beats mécanisés et martèlement de batterie martiale, tout en impulsion meurtrière qu'on se doit de réfréner, qu'il faut étouffer pour ne pas basculer, tout resurgit en une seule formule brillante et contradictoire jetée avec rage, "I believe in peace, bitch"; et après une introduction sortilège et cristalline, le peu ambigu "Icicle" où il est manifestement question de masturbation féminine en porte-à-faux avec la religion chrétienne, "…the good book is missing some pages (…) And when my hand touches myself, I can finally rest my head", communion solennelle avec son propre corps, par sa propre jouissance. Les structures abandonnent petit à petit les pistes les plus balisées, même lors de grandes balades orchestrales comme "Cloud On My Tongue", accroches mélodiques nombreuses mais aucun refrain facile, tentation progressive qu'on retrouve dans la longue suite "Yes, Anastasia", tour de force de neuf minutes, sorte de flux de conscience musical et thématique, exercice de résilience mentale devant la cruauté, y compris infligée aux femmes par elles-même, avec ce leitmotiv vaguement inquiétant "We'll see how brave you are, we'll see how fast you'll be running". Amos multiplie et développe ses atmosphères et empile des idées sur le cours de morceaux uniques, "Space Dog", dentelle d'art rock ciselé entre nappes de guitares sinistres, rythmique répétitive et piano envoutant, crescendo engourdi vers des hauteurs nuageuses. Pas encore totalement enveloppée dans son monde intérieur, Tori amorce son départ vers des régions inexplorées, il est encore le temps de lui emboiter le pas, avant qu'elle ne soit définitivement partie ailleurs…

note       Publiée le lundi 10 septembre 2012

Dans le même esprit, (N°6) vous recommande...

partagez 'Under The Pink' sur les rseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "Under The Pink"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Under The Pink".

ajoutez une note sur : "Under The Pink"

Note moyenne :        3 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Under The Pink".

ajoutez un commentaire sur : "Under The Pink"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Under The Pink".

Horn Abboth › dimanche 12 janvier 2014 - 02:43  message privé !

Juste écouté Cloud on my tounge, pour voir, on s'emmerde ferme.

Dun23 › mercredi 12 septembre 2012 - 06:59  message privé !

Ca fait plaisir de lire de si belles chroniques sur de si beaux albums.

Note donnée au disque :       
julius_manes › lundi 10 septembre 2012 - 18:42  message privé !

Album magnifique. Du diamant (rose) pur.

Note donnée au disque :