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Tori Amos › Midwinter Graces

cd | 14 titres | 55:50 min

  • 1 What Child, Nowell [03:47]
  • 2 Stars of Wonder [03:52]
  • 3 A Silent Night With You [03:24]
  • 4 Candle : Coventry Carol [03:19]
  • 5 Holly, Ivy and Rose [04:45]
  • 6 Harps of Gold [03:11]
  • 7 Snow Angel [03:44]
  • 8 Jeanette, Isabella [04:28]
  • 9 Pink and Glitter [04:58]
  • 10 Emmanuel [03:01]
  • 11 Winter's Carol [05:23]
  • 12 Our New Year [04:22]
  • Bonus tracks
  • 13 Comfort and Joy [03:59]
  • 14 Stille Nacht, Heilige Nacht (Silent Night, Holy Night) [03:40]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré et mixé par Mark Hawley & Marcel von Limbeek à Martian Engineering, Cornouailles, Grande-Bretagne. Produit par Tori Amos.

line up

Tori Amos (chant, piano, clavecin, Wurlitzer), Matt Chamberlain (batterie, percussions, cloches), Ronnie Cuber (saxophone baryton), Dan Levine (trombone), Tom "bones" Malone (trombone), John Philip Shenale (synthétiseurs, samplers, arrangement des cordes et des cuivres, direction), Jon Evans (basse), Kelsey Dobins (chant), Bruce Burchmore (luth), Tony Kadleck & Bob Milikan & Brian Pareshi (bugles, trompettes), Keith O'Quinn (trombone), Natashya Hawley (chant), Marc Aladdin (guitares), Lon Price (orchestration), James De La Garza (trompette), Lawrence Feldman (saxophone alto & clarinette), Sam Bortka (saxophone tenor & clarinette basse), Bob Malach (saxophone tenor & clarinette), Dave Taylor (trombone bas)

remarques

Edition Deluxe avec deux titres bonus et un DVD (interview).

chronique

Styles
chanson
folk
rock
jazz
musique classique
Styles personnels
chants de nowell

C'est pas déprimant la période de Noël ? Franchement ? Plus ça va et plus ça m'angoisse. Ah, il est bien loin le fabuleux Yuletide cher à Lovecraft qu'il aimait à célébrer dans un de ses poèmes un peu neuneu fleurant bon l'ancestrale famille américaine. Du coup devant l’imminence de l’horrible date, voilà que je recycle ma buche de l’année dernière. Donc, même si c'est Coca-Cola qui peinturlura en son temps, coup de génie, ce bon Saint-Nicolas, faut leur reconnaître aux ricains un enthousiasme d'une candeur touchante autour de la célébration de Christmas Day, un truc qui n'appartient qu'à eux. Ils connaissent ça la magie de Noël, ils l'ont inventé. Et tout artiste né sous la bannière étoilée se doit un jour de célébrer comme il se doit le vingt-cinq Décembre avec un album constitué de Christmas Carols. Généralement, pour les plus singuliers d'entre eux, c'est un signe de "maturité" comme on dit, c'est s'inscrire dans une grande tradition américaine, c'est un signe de respectabilité sinon d'embourgeoisement. Comme ça faisait quelque temps déjà que Tori s'était un peu égarée dans des albums trop longs, des concepts fumeux et des compositions de moins en moins inspirées, alors un album pour la saison des marrons et des chocolats semble dans l'ordre des choses même si l'idée fait un peu frémir. Et puis bordel, cette pochette déjà ! On dirait une capture d'écran de cinématique d'intro moche de jeux de rôle (RPG pour les jeunes) PC sur CD-ROM (oui, j'ai bien dit CD-ROM, vous ne pouvez pas comprendre…) Et c'est rien à côté de la gueule du bellâtre déguisé en ange sur l'envers, grotesque et tout en plastique, lui aussi. Car oui, Tori a l'air en plastique ce qui fait que si l'idée de départ était : "Je flotte dans l'éther et je vous apporte la magie de Noël en robe de soirée.", l'effet obtenu est plutôt "Pour Noël, promotion spéciale sur les poupées en silliconne." Le pire étant que la vraie Tori ressemble de plus en plus à ses pochettes d'albums moches, ayant cédée au affres de la piqure sous les paupières, lui donnant un nouveau visage plus lisse et moins expressif. Pas toi Tori, pas toi qui a écrit "Precious Things" et "Profesionnal Widow" ! Je suis déception. Un album de Noël. Grmblgrmbl…. Bon, au moins avec des Christmas carols réinterprétés selon des préoccupations bien personnelles, à savoir un rapport très critique à la religion et une recherche des origines séculaires des chants saisonniers, cela donne une série de variations sur des thèmes et non pas à de simples reprises de standards un peu mièvres. Le miracle de Noël semble d'ailleurs se poser sur les quatre premiers morceaux, aux arrangements assez sublimes il faut bien dire, et seuls les refrains tirés directement de chants de Noël (ou de Nowell comme on dit en Cornouaille) sentent vraiment la clochette. Un mysticisme assez sombre affleure dans les couplets de "What Child, Nowell" accompagnés de clavecin, les cordes orientalisantes de "Star of Wonder" évoquent le goût d'Amos pour un folk-rock à la Zeppelin, et "Coventry Carol" se replonge dans le 16eme siècle sans affèterie inutile. Amos se permet quelques compositions originales, dont "A Silent Night With You" qui pourrait passer sans problème pour un traditionnel tellement il respire la ville sous la neige et les guirlandes, non sans distiller un certain spleen amoureux cotonneux. Si tout était de ce niveau, autant dire que le nombre de boules dans le sapin monterait très vite, mais faut quand même se taper quelques fautes de goûts assez notables, comme le fait de faire chanter sa propre fille sur "Holly, Ivy and Rose". Un chant de Noël c'est déjà intrinsèquement limite, mais foutre un micro devant une gosse, c'est jamais très heureux. Jamais pu saquer les enfants qui chantent‚ même avant la sortie des Choristes qui devrait justement être rediffusé dans la semaine si tout va bien. Bon et puis l'inspiration est quand même aussi clignotante que les guirlandes électriques dans lesquelles on s'accroche après avoir mélangé le blanc, le rouge et le champagne au réveillon : même si "Snow Angel" est plutôt déroulée avec classe, il évoque tellement d'autres anciens morceaux de Tori qu'il est difficile de s'enthousiasmer outre mesure. Elle fait globalement du bon boulot sur la plupart de ses adaptations, mais l'ennui risque de gagner assez vite et l'impatience d'ouvrir les paquets pour y trouver un album de John Zorn se fait sentir. C'est vrai, Noël c'est aussi New-York, le Rockfeller Center et toutes ces clichés déjà évoqués avec une mélancolique envie l'année précédente. Et c'est justement ici que le morceau le plus inattendu nous tombe dessus comme une boule de neige soyeuse dans le pif, un "Pink and Glitter" délicieusement jazzy, so Broadway, du big band de solstice, jamais Tori ne s'était attaqué à ce genre et c'est avec une classe remarquable et en robe de soirée qu'elle fait tomber le rideau sur un Noël plus sexy qu'espéré. Allez, après un détour par le très médiéval et sombre "Emmanuel", encore deux compositions hivernales originales dont une assez ambitieuse tirée d'une comédie musicale à venir (Tori a décidément des vues sur Broadway, manquerait plus qu'elle se lance dans le classique). Et surtout deux Christmas carols dénudés en piano voix pour finir la soirée dans une épure bienvenue. Comme quoi c'est vraiment pas le motif atroce du papier cadeau qui compte, c'est ce qu'il y a dans le paquet. Allez, j'accroche une boule de plus, c'est Noël.

note       Publiée le mardi 24 décembre 2013

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