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Erik Wøllo › Airborne

  • 2012 - Projekt, PRO00278 (1 cd digipack)

cd | 12 titres | 67:52 min

  • 1 Spring Equinox (Prelude) [ 4:10]
  • 2 The Drift [ 5:17]
  • 3 Red Earth [ 6:59]
  • 4 Airborne I [ 5:39]
  • 5 Circle Lake [ 4:30]
  • 6 Lost and Found [ 6:40]
  • 7 Airborne II [ 5:30]
  • 8 The Longest Day [ 6:02]
  • 9 Time River [ 6:36]
  • 10 North of the Mountains [ 5:13]
  • 11 The Magic Spot [ 6:00]
  • 12 Airborne III [ 5:07]

enregistrement

Composé, enregistré et mixé au Wintergarden Studio, Norvège en 2011 et 2012

line up

Erik Wøllo (Guitares électriques et synthétisées, guitare Slide/Fretless Ebow, basse, synthé, percussions, programmations, et effets électronique)

remarques

Pour en savoir plus sur la musique d’Erik Wollo et y entendre des MP3, visitez son site web: http://www.wollo.com/home.htm

chronique

Toujours subjugués nous serons par cette guitare aux longilignes courbes spectrales et aux méditatives lamentations nocturnes qui se perdent dans des souffles de synthé absents. Bienvenue dans l’unique univers musical d’Erik Wollo. Après un détour dans les territoires musicaux plus atmosphériques et expérimentaux de Silent Currents: Live At Star's End, le poétique nomade des terres nordiques nous revient avec un album où les rythmes et ambiances torturent de fines mélodies tantôt enjouées, contemplatives ou lunaires sur de courtes escapades minimalistes. Un fin ruisseau d’arpèges scintillants éveille les souffles endormis de "Spring Equinox (Prelude)" qui déploie la portion flottante et contemplative de “Airborne”. De lentes et oblongues couches de synthé/guitares étendent leurs sombres brises mélancoliques qui ondulent tel des spectres flottants, soulevant des particules prismiques qui chatoient sous d’intenses strates aux lourdes modulations vaporeuses. Une guitare s’élève. On croirait être à la croisée de Pink Floyd (Shine on You Crazy Diamond) et Steve Roach (Desert Solitaire) avec cette guitare qui embrasse des phases morphiques avec de langoureux solos déchirés par l’immobilisme, guidant les premiers souffles de “Airborne” vers le rythme délicat de "The Drift". Ce doux rythme vampirique s’appuie sur des riffs nerveux qui tressaillent en un beau mouvement linéaire sur des percussions aborigènes et sous les couches d’un synthé obscur qui mélange ses souffles caverneux avec les fines distorsions d’une guitare qui reste assez angélique. Avec ses riffs de guitare qui roulent en boucles sur une structure linéale à la U2 "Red Earth" plonge dans une rythmique clanique qui respire l’ouest américain. De fines larmes de guitare obstruent ce ciel rouge qui reflète ses rayons d’argile sur un rythme devenu plus comprimé par des percussions dont les frappes aussi claquantes que feutrées surdimensionnent une approche rythmique toujours maintenue dans son rôle pacificateur par cette fusion de synthé et guitares aux couches et lamentations qui s’entrecroisent dans un irréel canevas de rock morphique psychotronique. Après une soyeuse intro qui annonçait une phase ambiante, "Airborne I" s’éveille aux sinueuses et sensuelles morsures d’une ligne de basse à la Patrick O’Hearn pour finalement succombé aux charmes obscurs d’un piano dont le pattern mélodique glisse vers une charmante et enivrante ballade électronique. Cette structure mélodique sera le fer de lance de "Airborne II" qui offre une mélodie rythmique plus fluide. Douceur et poésie méditative dans une ambiance glauque, "Circle Lake" est une autre perle avec sa guitare acoustique qui étale ses accords mélancoliques sur un nuage de brume éthérée. C’est très beau et aussi solitaire que "The Longest Day". "Lost and Found" débute avec une intro atmosphérique suppliciée par des lamentations d’une guitare esseulée que des couches de synthé enveloppent d’un voile soporifique. Des fines percussions tambourinent au loin, amenant une structure rythmique fébrile qui palpite d’une aura clanique qui s’apparente au rythme nerveux de "Red Earth". "Time River" est une splendide ballade électronique qui vole sur de fines percussions tablas et de douces couches d’un synthé aux souffles d’éther. Discrète, la guitare trace de belles lignes morphiques et façonne de délicats solos qui valsent avec l’oubli sur une thématique mélodique que Wollo a développé sur des œuvres telles que Between Worlds et Gateway. Les intros moulées dans des atmosphères d’horizons perdues sont légion sur “Airborne”. Elles servent de prétexte à des rythmes fragiles qui encadrent de fines mélodies parfois innocentes, comme "North of the Mountains" qui s’appuie aussi sur un délicat rythme hybride à l’enchantement autant clanique que morphique, surtout avec ses notes de piano qui susurrent une douce nostalgie à nos oreilles endormies. "The Magic Spot" explore ces rythmes claniques dans une ambiance plus noire avec des strates de guitare qui déchirent l’obscurité, jetant des voiles tamisés sur des palpitations pondérées et des souffles glauques d’un Didge absent. L’ambiance est d’une noirceur étanche qui installe un climat d’inconfort avec cette nuée de palpitations aux différentes formes soniques qui dessinent les rythmes arides de “Airborne”. Une guitare aux larmes criantes et métalliques arrose "The Magic Spot" avec un voile d’amertume, un élément aussi sombre que mélodique qui ceinture les rythmes et ambiances du dernier effort d’Erik Wollo que "Airborne III" conclût de la même façon qu’il a débuté, sauf que les soupirs de violons chimériques remplacent les odes prosatrices d’une guitare que l’on voudrait encore tellement présente. “Airborne” est ce qu’on appelle un très bel album. Puisant dans les rythmes et ambiances qui ont fait les bouquets d’Arcadia Borealis, Frontiers et le superbe The Road Eternal, Erik Wollo offre une œuvre inspirée et inspirante où ses larmes de guitares déchirantes et flottantes embrassent une fine incursion dans un univers aussi clanique que Between Worlds et aussi désertique que Stream of Thought. Un mélange idéal qui enchante et démontre toute la propension d’Erik Wollo à œuvrer dans un mysticisme aux lueurs enchanteresses. C’est un bel album musical pour les âmes qui cherchent la quiétude dans un univers de contrastes où la beauté est souvent insidieuse.

note       Publiée le vendredi 31 août 2012

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