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Erik Wøllo › Silver Beach

  • 2013 - Projekt, ARC 00099 (1 téléchargement internet)

cd | 15 titres | 72:37 min

  • 1 Four [ 5:40]
  • 2 Panorama [ 5:02]
  • 3 The Open Room [ 2:16]
  • 4 Journey [ 6:32]
  • 5 The Emeralds [ 5:16]
  • 6 Crystal- Ice [ 4:42]
  • 7 Dark Eyed Drums [ 6:39]
  • 8 Silver Beach [ 3:36]
  • 9 Little Big Tune [ 3:38]
  • 10 Mountain Train [ 5:14]
  • 11 Recitation [ 4:09]
  • 12 Chime [ 3:33]
  • 13 Wintergarden Ethereal [ 4:16]
  • 14 Lakeside [ 3:10]
  • 15 Sequenza [ 7:08]

enregistrement

Composé, enregistré et mixé entre 1984 et 1993 au studio Wintergarden à Oslo, Norvège. Masterisé entre 2004 et 2005 dans le Wintergarden Studio.

line up

Erik Wollo (Roland MSQ700)

remarques

Pour en savoir plus sur la musique d’Erik Wollo et y entendre des MP3, visitez son site web: http://www.wollo.com/home.htm et on peut entendre des extraits sonores de Silver Beach en consultant le site web suivant:http://www.projekt.com/store/product/arc00099/

chronique

Styles
musique électronique
Styles personnels
mélodieux up-beat

On imagine souvent l'univers musical d'Erik Wøllo comme étant d'ambiances et de rêves. Et c'est un peu vrai. Le multi-instrumentaliste Norvégien a toujours su capter l'ouïe par de belles mélodies cousues dans les couloirs de sa sensibilité scandinave. Pourtant, des albums tels qu'Emotional Landscapes, quoique timide, Gateway et plus récemment Airborne étaient les témoins d'un univers sonique où les rythmes encerclaient ces mélodies toujours envoûtantes. C'est un peu beaucoup ce qui nous attend avec cette nouvelle édition de “Silver Beach”. Nouvelle édition car ce quarante-et-unième album solo d'Erik Wøllo fut initialement réalisé sur le label Norvégien Cicada Records en 1986 et comprenait 8 titres. Deux ans plus tard, “Silver Beach” voyait le jour en format CD, toujours sur Cicada Records, avec 2 titres en plus. Et finalement le label Espagnol Margen Records lui donna une nouvelle peau sonore en 2005 avec 5 autres titres en plus. Récemment, Wollo étale ses œuvres intimistes et inédites via la plate-forme de téléchargement du label américain Projekt Darkware. Et c'est dans cette foulée qu'il offre cet album longtemps discontinué, et à maintes fois réclamé par ses fans, dans une toute nouvelle peau sonique. À sa sortie, l'album marquait une nouvelle orientation dans la carrière d'Erik Wøllo. Le barde scandinave délaissait sa guitare pour des rythmes et mélodies purement électroniques conçus entièrement avec la technologie MIDI et sur l'utilisation du Roland MSQ700. Moins rêveur et plus direct, “Silver Beach” proposait un style nettement plus dynamique que les 3 premiers opus de Wøllo. En fait, Wollo qualifiait “Silver Beach” comme étant son album rock! Et ça débute avec le rythme sec de "Four". Le mouvement est circulaire et hypnotique avec des accords qui se frottent et s'entrechoquent avec des tonalités savamment mélangées, moulant une étrange course circulaire qui fait penser à un pingouin sur acide courant maladroitement sur les échelles de temps d'une horloge. L'approche me fait penser un peu à la danse des pingouins de Michael Stearns dans Plunge alors que l'enveloppe mélodieuse, qui marche dans l'ombre du rythme, me rappelle Forever the Optimist de Patrick O'Hearn. Cete référence à O’Hearn va nous coller aux oreilles tout au long du défilement des 15 titres de “Silver Beach”. Et ce peu importe les époques. Prenons "Panorama" et son tic-tac organique qui résonne dans de douces nappes d'un synthé mélancolique aux suaves harmonies éthérées. J'entends du O'Hearn plein les oreilles. Après le mélancolique "The Open Room" et sa lente mélodie qui traîne le monde sur ses épaules, "Journey" nous projette dans les rythmes secs et circulaires de "Four" mais avec plus de lascivité. Avec "The Emeralds", nous tombons dans le royaume des douces ballades morphiques égayées par de tendres accords harmonieux. Le rythme est lent, parfois lourd, appuyé sur de bonnes percussions et une bonne ligne de basse aux accords nerveux alors que les harmonies sont tissées dans les larmes d'un synthé aux intenses accords de verre qui chante. Les ballades abondent. Après le carrousel ambiant de "Crystal- Ice" qui tournoie dans de sombres nappes d'un synthé pensif, "Dark Eyed Drums" attire notre attention instantanément avec ses lourdes frappes de percussions qui percutent notre tympan gauche et droit en simultané. L'ambiance est aussi lourde qu'intrigante avec une approche noire où le synthé siffle une mélodie soporifique imprégnée d'une approche mélancolique. D'ailleurs tout l'ensemble de "Dark Eyed Drums" trempe dans une intense approche dramatique digne d'un film de suspense où la belle se meurt, et ce même si la mélodie s'éclaircit pour tinter avec plus d'optimisme dans nos oreilles. Nous sommes dans les années 80 à plein nez avec cette ballade du type MTV. C'est très beau. La pièce-titre clôturait “Silver Beach” en douceur avec des nappes de synthé qui chantent au-dessus d'une nappe d'eau scintillante. Les arrangements sont séduisants et traînent des larmes de violoncelles qui soupirent au-dessus de ce lit sonique aux eaux de prisme. "Little Big Tune" est le premier titre en prime sur l'édition de 1988. Et c'est un titre lourd avec un rythme qui résonne et pulse autant que la mélodie tinte dans nos oreilles avec ses accords aussi limpides que de l'eau cristallisée. "Mountain Train" est aussi un titre lourd avec son rythme qui bat de ses gros mais fluides tic-tacs hypnotiques et sa suave mélodie très candide mais accrochante cousue de souffles flûtés. Si ces deux titres donnent plus de punch et de rythme à “Silver Beach”, "Recitation" nous ramène dans les ambiances scandinaves d'Erik Wøllo avec une ambiante mélodie qui hante l'écoute où les lignes de synthé chantent comme des anges enrhumés sur un délicat rythme sphéroïdal. Après la noire ritournelle hypnotique de "Chime", "Wintergarden Ethereal" respire la poésie de son titre avec des souffles séraphiques qui flottent sur un délicat rythme ambiant. C'est de la belle musique ambiante tout comme "Lakeside" qui fut écrit 9 ans plus tard, ainsi que "Sequenza" qui est un long titre minimaliste, avec de subtiles variations, essentiellement basé sur l'art du séquençage rythmique. C'est très bon. Erik Wøllo tisse un canevas rythmique hypnotique où les ions sauteurs pilent dans leurs ombres afin de créer une synergie rythmique qui avoisine une forme de transe. Les ingrédients harmoniques, tel que les notes carillonnées, les gouttes de prisme et les airs de synthé sibyllins sont le cœur des harmonies que le musicien scandinave a toujours su exploiter avec finesse. Malgré son look plus rock, “Silver Beach” conserve toutes les nuances de pastel de l'univers d'Erik Wøllo. Et je comprends ceux qui voulaient une réédition, car c'est vraiment un bel album où le rocker éthéré est toujours bien enraciné dans sa soyeuse mosaïque brumeuse. C'est un bel album où les rythmes prennent toutes les formes et où les ambiances flottent dans toutes leurs couleurs sans jamais renier les tendres visions harmonieuses d'Erik Wøllo. Certes il y a des titres qui cognent assez fort, mais jamais assez pour nous dérouter car les enveloppes harmoniques qui les entourent respirent le Erik Wøllo que nous avons toujours connu. Oui “Silver Beach” mérite sa quarante-et-unième vie et oui Erik Wøllo est toujours aussi bon que je le dis.

note       Publiée le samedi 23 novembre 2013

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