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Heldon › Un rêve sans conséquence spéciale

cd • 6 titres • 56:46 min

  • 1Marie Virginie C.11:39
  • 2Elephanta8:27
  • 3Perspective IV ter muco5:24
  • 4MVC II6:13
  • 5Toward the Red Line15:15
  • 6Marie et Virginie Comp (live)9:36

enregistrement

Studios Davout et Heldon, Paris, France, entre mars et juin 1976 ; sauf "Perspective IV ter muco" et "Marie et Virginie Comp (live)" enregistrées live au Palace, Paris, France, en 1978.

line up

François Auger (batterie, percussions, percussions électroniques), Didier Batard (basse sur "MVC II"), Patrick Gauthier (minimoog, moog basse), Richard Pinhas (guitare, moog B, moog III, synthétiseurs EMS, bandes, électronique), Jannick Top (basse sur "Toward the Red Line")

remarques

chronique

Styles
electro
progressif
Styles personnels
free-rock/fusion/avant-garde

"... Créer, c'est faire violence à ce qui existe... toute création d'un type nouveau devant provoquer un état d'insécurité..." Telles sont quelques-uns des propos de Pierre Klossowski servant de fronton à ce disque. Et force est de constater qu'ils s'appliquent particulièrement bien au cinquième album d'Heldon, plus qu'à n'importe quel autre. En effet, le groupe de Richard Pinhas, qui trouve d'ailleurs ici son line-up définitif (avec notamment le nouveau venu François Auger à la batterie, recrue essentielle), réussit enfin à donner une forme aboutie et pleinement convaincante à ses expérimentations de fusion entre un rock progressif lorgnant du côté du Mahavisnhu Orchestra et de Magma, et une musique électronique complexe et élaborée qui met des techniques de pointe (pour l'époque) au service d'une forme lorgnant vers le minimalisme américain. Richard Pinhas citait aussi Jimi Hendrix comme une autre de ses influences, et on comprend à présent mieux pourquoi. Cet "état d'insécurité", cette "violence" avec laquelle débute ce "rêve sans conséquence spéciale", en sont presque dignes. Le chaos d'où émergent les hurlements de la guitare est proprement inouï sur "Marie Virginie C." : c'est une énorme machine à broyer qui se met en place, engloutissant tout sur son passage. Impossible de démêler qui fait quoi, le pourquoi du comment... Un gong, une guitare en flamme, un générateur de fréquences, et c'est parti pour un voyage sans retour. Ce n'est pas un rêve, c'est un cauchemar urbain, industriel. Les trois interprètes s'y engagent totalement et leur jeu est d'une intensité peu commune. François Auger à la batterie s'y met particulièrement en valeur, de même que sur le titre suivant, "Elephanta", un ahurissant tour de force exclusivement dédié aux percussions, aussi bien acoustiques qu'électroniques, qui plonge l'auditeur en état de transe pendant plus de huit minutes. "Perspective IV Ter Muco" reprend une boucle rythmique d'"Agneta Nilsson" mais là encore, les distorsions de la Les Paul de Pinhas alliées à la furie démentielle de François Auger, changent la donne - et il y a véritablement fusion (et incandescence) avec les boucles au séquenceur. Alors que "MVC II", transposition sous forme de marche funèbre du thème du dantesque morceau initial, offre quelques minutes de "repos", les choses s'emballent à nouveau avec "Toward the red line", un morceau à la fois progressif, psychédélique, techno avant la lettre, furieusement rock, où les trois musiciens s'engagent sous la direction des beats electro fluctuants et ultra-rapides engendrés par Pinhas, dans une brèche spatio-temporelle encore inexplorée. Si le bonus track, une version live légèrement modifiée de "Marie Virginie C." n'apporte rien de nouveau, il prouve en tout cas que le trio Pinhas / Gautier / Auger est capable d'une force d'impact aussi grande sur scène qu'en studio, ce dont on ne doutait pas.

note       Publiée le vendredi 12 août 2005

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Aladdin_Sane Envoyez un message privé àAladdin_Sane

C'est clair, je viens d'enchainer sur le troisième (tout simplement appelé "Lard Free"), il est également excellent dans son genre ("ambient" je dirais)

dariev stands Envoyez un message privé àdariev stands
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ça devait être un nouveau chroniqueur qui s'en chargeait, il avait commencé à écrire les chros, mais n'est jamais venu sur le site... C'est fort possible que j'en touche un mot, le plus dur sera de départager les 4 !

Message édité le 20-11-2022 à 20:56 par dariev stands

Aladdin_Sane Envoyez un message privé àAladdin_Sane

Bon, en fait, je n'écoute pas ce disque mais celui de Lard Free "I'm around about midnight" sur lequel on retrouve à la même époque Richard Pinhas. Très bon album qui me fait penser que la discographie de Lard Free manque cruellement sur ce site...

LANARPHABETE Envoyez un message privé àLANARPHABETE

comment ais-je pu ne pas lire cette superbe chronique sur un des albums cultissimes de ces ...40 dernières années. 78 ! ce disque a aujourd'hui...ben ouais j'ai fait les comptes et peu, très peu, ont passé ce cap sans se dénaturer. Rock Bottom, chef d'oeuvre absolu, plusieurs de Peter Hammill sans oublier Magma. Heldon, et ce rêve m'ont emporté loin, très très loin et il revient cet opus très très souvent sur le mange cd. 6 boules jaunes ? C'est tout ? j'en mettrais volontiers 4 de +, minimum pour cette beauté, dérangeante, écorchée,chaotique belle en un seul mot.

snooky Envoyez un message privé àsnooky

Oui , Iannis Xenakis était un génie bien qu'il fut, en son temps, pas mal critiqué. J'ai écouté son oeuvre orchestrale et c'est géant.Je le considère aujourd'hui comme l'un des plus grands.En tout cas, nettement supérieur à certains...

Note donnée au disque :