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Redshift › Life to Come

cd | 7 titres | 63:52 min

  • 1 Soft Summer Rain [ 10:16]
  • 2 Vampyre [ 11:38]
  • 3 Mission Creep [ 8:47]
  • 4 Bloom [ 5:31]
  • 5 Slam [ 12:58]
  • 6 Circling Above [ 8:25]
  • 7 Life to Come [ 6:12]

line up

Mark Shreeve (Minimoog, Moog, séquenceur et électroniques)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien suivant: https://redshift2.bandcamp.com/album/life-to-come

chronique

Styles
musique électronique
musique électronique berlin school
Styles personnels
england school et e-rock

Dès les premières secondes de "Soft Summer Rain" les ambiances Redshift nous bouffent le cerveau. Le rythme et la vie prennent forme à travers des brises qui sont perdues dans de sombres ambiances industrielles. Des explosions feutrées, des cognements de sabots, des pulsations et des séquences abstraites, qui répondent à leurs échos, structurent un rythme ambiant qui tente de prendre racine avec ses tentacules dispersées. Des murmures d'une ligne de basse respirent au-dessus de cette anarchie ambiante, libérant des gros ronflements qui mastiquent une ligne de rythme divisée par son chaos. Le mouvement reste magnétisant avec une nuée de séquences qui sautillent comme des diablotins et leurs sabots dans une figure de rodéo pour nains capucins. "Soft Summer Rain" devient lourd et noir, comme une ballade gothique, où les séquences perdues dans les ronflements finissent par tisser une étrange mélodie alors qu'une autre tempête de séquences s'abat pour défoncer nos haut-parleurs et écraser cette portion de mélodie pourtant plus diabolique que séraphique. Certains diront que ce n'est pas de la musique. Moi je dirais que c'est la pure magie de l'analogue; construire une vie à partir du néant! Ce dernier opus de Redshift était plus qu'attendu. Il était follement désiré depuis des années! En fait, on pensait tous que l'aventure était bel et bien terminée. Arc prenait le relais avec deux superbes albums qui sont marqués du sceau Redshift. Et même s'il y a eu Colder en 2011, il faut remonter à 2008 avec le bouillant et incisif Turning Towards Us pour se farcir les oreilles d'une musique originale produite par la mythique entité Anglaise. Et c'est Ian Boddy, le compère de Mark Shreeve dans Arc, qui a vendu la mèche avec un Tweet sur Twitter qui annonçait un retour pour Redshift. C'était comme mettre du feu à une trainée de poudre! La combustion semait une forme de joie collective et tous les fans de MÉ attendaient avec impatience ce “Come to Life”. Moi le premier! Et quel festin mes amis... Lourd, puissant, ténébreux et machiavéliquement mélodieux, ce dernier opus de Redshift hérite du passé de Mark Shreeve qui encore une fois place la barre bien haute pour tous ceux qui prétendent au trône de Redshift. Le gros Moog Modular crache le feu et les effets de ses réverbérations trouvent écho dans un tumulte de séquences qui peinent à contenir les structures proposées. Les ambiances sont chtoniennes et restent imbibées d'un sombre voile industriel unique à Redshift. Je l'ai écouté plusieurs fois, afin de dissiper tous les doutes de mon fanatisme envers Redshift et Mark Shreeve. Ma première idée s'est changée en une certitude; “Come to Life” est un pur chef d'œuvre! C'est une tonne de briques et j'ai dégusté avec délice cette superbe fusion des deux entités où Mark Shreeve de sa période Assassin et Legion abreuve un Redshift lourd et toujours aussi noir d'une eau littéralement plus harmonieuse. Ce faisant nous avons le meilleur des deux univers de la England School entre nos oreilles. Et si la structure ambiante, mais toujours rugissante, de "Soft Summer Rain" ne vous convainc pas, ce qui va suivre va vous achever! "Vampyre" étend son nuage d'intrigues soniques avec des brises venues des enfers. Un piano électrique débute le forage d'une mélodie fantôme qui disperses ses accords dans des brouillards gorgés de grésillements. Un cliquetis titille nos oreilles en arrière scène. L'approche irradie de ces mélodies évasives de Rick Wright, alors que les ululements des spectres infiltrent insidieusement nos oreilles. Les voix sont si belles et le piano si sombre. Alors que ce contraste enivre nos sens, un mouvement de séquences bouscule ses ions qui galopent à bonne vitesse. Les cliquetis deviennent des roulements de percussions industrielles qui poussent dans le dos des ions galopeurs. Et Mark Shreeve installe ses ambiances. Une savoureuse guitare fait contrepoids à cette structure de rythme qui apparaît tellement menaçante, dispersant ses boucles harmonieuses dans les chants douteux des spectres. La ligne de basse insuffle un deuxième souffle à cette structure qui gardera le cap d'un rythme soutenu où les séquences papillonnent ardemment dans les souffles lentement ondulatoires d'une ligne de basse. Entre un rythme lourd, parfois explosif, et un fluide, orné d'intrigues soniques, "Vampyre" tisse un beau pont entre les œuvres initiales de Mark Shreeve et les sombres tableaux de Redshift. La base “Come to Life” est bel et bien ancrée. Reste juste à y greffer ses ornements. "Mission Creep" porte judicieusement son titre. Son intro est forgé dans les tumultes des spectres qui décorent les enfers. Une fascinante figure de rythme en émerge un peu après la 2ième minute. Il sautille comme dans un genre de transe païenne avec des pulsations nerveuses qui sont nouées avec des claquements d'os et des cliquetis de chaines. L'effet est envahissant avec une lourde structure qui se nourrit de son écho et d'où s'extirpe une superbe mélodie d'épouvante qui laissera ses traces bien des heures plus tard. Oui, Mark Shreeve n'aura jamais si bien nourri Redshift! Court titre plein d'ambiances spectrales sur un rythme lourd et vindicatif où les séquences sont forgées dans du martèlement d'orfèvrerie, qui dompte l'assaut de ces ambiances, "Bloom" nous conduit au pinacle de “Come to Life”. Des séquences pulsatrices lourdes et vrombissantes dansent avec des cliquetis. Nos oreilles entendent bien ces mugissements des ténèbres, mais nos sens restent orientés vers cette fébrile danse des séquences qui frétillent comme des squelettes spasmodiques. Une ombre de mélodie se couche avec des accords rêveurs, sauf que l'on sent le souffle de la bête. Les crissements désorientent nos sens et l'on sent que "Slam" va déraper. Et il dérape! De sa longue structure évolutive, qui se nourrit de bien des parcelles laissées pour miettes jusqu'ici dans “Come to Life”, "Slam" voyage entre deux univers avec une structure toujours aux portes de l'horreur et de ces ambiances macabres. Le rythme va et vient, toujours cambré en arches rotatives sur des mouvements de séquences qui papillonnent comme des lucioles courant pour fuir la lumière dans un long tube oscillatoire. Évitant le tintamarre, comme la quiétude des harmonies chantées par des anges cornus, il opte pour une course effrénée vers la 6ième minute. Le rythme devient alors explosif avec une horde de séquences analogues qui fuient les morsures des percussions pour courir sous un épais nuage gorgé de violons chimériques. Le débit des séquences est aussi indescriptible qu'essoufflant pour les sens. Perdue, une ligne de séquences fait bondir et tinter ses ions affolés en saccades anarchiques 2 minutes plus loin, redonnant du gaz à "Slam" qui recourt encore à perdre haleine et toujours en appuyant sur l'accélérateur de l'indécision. C'est du grand Redshift mes amis. "Circling Above" tempère les ambiances avec une longue introduction ténébreuse qui flirte avec du gothisme. Des percussions dansent un peu avant la barre des 4 minutes. Des séquences viennent picorer ce rythme mou avec des effets d'attaques de mouches géantes. Et alors que nos oreilles sont centrées sur cet étonnant maillage d'ambiances, le rythme crache un étrange venin de bruits blancs. C'est lourd et vicieux. Les choeurs chtoniens ajoutent à l'intrigue alors que le titre va chercher refuge dans un mugissement très théâtral. La pièce-titre renaît de ces cendres, jetant une brume ocrée où s'égosillent des moineaux avec des ululements de spectres. Les nappes de synthé sont aussi noires que lourdes, enveloppant une intro dans un linceul d'épouvante où s'ébattra une superbe approche mélodieuse nouée dans le suspense. Ça fait très Mark Shreeve. Ça fait très Legion et ça fait du bien. Et ça clôture aussi un splendide album qui roule en boucle dans mon lecteur depuis déjà une semaine. “Come to Life” est un grand album mes amis. Du grand Mark Shreeve (il fait tout là-dedans), un incontournable et assurément le meilleur de 2015 qui en a pourtant vu de solides jusqu'ici! Oui, une grande année pour la MÉ! Il ne manquait plus qu'un Redshift et c'est maintenant fait. Chapeau Mark!

note       Publiée le mardi 3 novembre 2015

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tritium_v › vendredi 6 novembre 2015 - 10:52  message privé !

un petit peu déçu par colder (il faudrait que je le réécoute à l'occasion) je retrouve redshift en très très grande forme. une merveille.

Note donnée au disque :