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Nusrat Fateh Ali Khan › Mustt mustt

11 titres - 50:25 min

  • 1/ Mustt mustt (lost in his work) 5.15
  • 2/ Nothing without you (tery bina) 5.04
  • 3/ Tracery 4.48
  • 4/ The game 4.59
  • 5/ Taa deem 4.47
  • 6/ Sea of vapours 3.55
  • 7/ Fault lines 4.13
  • 8/ Tana dery na 4.23
  • 9/ Shadow 3.04
  • 10/ Avenue 4.51
  • 11/ Mustt mustt (massive attack remix) 4.24

enregistrement

Enregistré et mixé au studio Real World, Angleterre. Produit par Michael Brook, ingénieur : David Bottrill.

line up

Michael Brook (guitares, basse, djembe, surdu, synthétiseurs, percussion), Nusrat Fateh Ali Khan (voix) ; Robert Ahwai (guitares); David Bottrill (djembe, synthétiseur, surdu); Darryl Johnson (basse, synthétiseurs, piano, moog bass pedal, djembe, clay drums); Farrukh Fateh Ali Khan (harmonium, voix); James Pinker (djembe, gong bass, bongos, percussions); Dildar Hussain (tablas)

chronique

Peut-on juger Nusrat Fateh Ali Khan? Qui sommes-nous pour le faire, comment parler de ce qu'il véhicule, de ce qu'il donne, quels mots peut-on trouver pour évoquer ce territoire immense, religieux et surhumain où il emmène sa voix, une voix franche, éraillée, authentique, mais qu'un engagement spirituel halluciné et viscéral pousse à la plus incroyable virtuosité. Pour présenter rapidement le personnage à qui ne le connaîtrait pas, disons simplement que Nusrat Fateh Ali Khan est unanimement considéré comme le plus grand maître du "Qawwali", la musique dévôte des musulmans Sufis. Pour ses innombrables fidèles l'homme est un dieu vivant, dont l'excellence a suffit à franchir les frontières de sa culture et de son pays, pour le hisser au rang de maître parmi les maîtres de la musique internationale. "Mustt mustt" est un recueil à part, où Nusrat mêle les sons et les cultures, dans une démarche plus musicale que religieuse. Ce qui distingue le chant Qawwali, et le grand Nusrat, aux yeux d'un profane est la stupéfiante virtuosité rythmique de son phrasé, qui se jette comme à corps perdu dans des tourbillons de notes et d'attaques, de rafales chantées, dont la complexité et la vélocité n'ont rien à envier aux soli instrumentaux les plus démontratifs. De la gravité de velour de son timbre texturé aux envolés aigues les plus extatiques, Nusrat chante la complainte, la joie et la douleur, la vie, du marmonnement tribal et monastique à la transe éfrénée, Nusrat danse avec sa voix. Compositeur de la majorité des pièces présentées sur "Mustt mustt" Nusrat s'en remet sur ce disque au producteur Michael Brook, à la recherche d'une rencontre, d'une vision partagée entre l'orient spirituel et l'occident multicolore. L'anglais David Bottrill, Darryl Jonhson de New-Orléans, Robert Ahwai l'indien, James Pinker... jusqu'à Massive Attack, dont le premier album n'est pas encore sorti. Toutes les rythmiques du monde, de l'entêtant reggae à la pulsion indienne, harmonium et guitares tout droit venues du ciel, le génie de Nusrat compositeur et chanteur aidant, "Mustt mustt" est un disque extraordinaire. A l'image de "The Game", co-signée par Ahwai, Brook, Fateh Ali Khan, Johnson et Pinker, elle est le point de rencontre entre mélodies subtiles, percussions merveilleuses, rythmiques occidentales sur déhanchement arabe, piano gabriellien et harmonies. De l'hypnotisant "Taa deem", envoûtant, inquiétant, à la lenteur soutenue, dressée de voiles d'harmonium tournant et habitée par un Nusrat en pleine épilépsie aux nocturnes "Tracery", "Sea of vapours", "Fault lines" la nostalgique, ou la ténébreuse "Shadow", morne plainte, lente et sombre, la voix et l'harmonium dans une longue mélodie qui cherche sans aucun doute à s'extirper du mal, de "Tana dery na" à la fraîcheur aquatique à "Avenue" la frénétique et sa guitare d'argent, chaque étape de "Mustt mustt" est un cadeau béni. D'une cohérence intacte, d'une richesse évidente et d'un équilibre magistral, ce recueil est aussi un disque de Nusrat, forcément visité par le ciel, la grâce et la mystique... car Nusrat ne chante pas, il danse et il s'éléve.

note       Publiée le lundi 31 mai 2004

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Sheer-khan › mardi 30 août 2011 - 19:50  message privé !
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Painkiller › mardi 30 août 2011 - 12:41  message privé !

Snobisme à deux balles ? Attends on parle du maître du qawwalî et tout ce que tu nous ponds c'est des chroniques pop.

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Sheer-khan › samedi 13 août 2011 - 12:03  message privé !
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Putain mais arrêtez votre snobisme à deux balles... que vous le vouliez ou non, ce disque est un disque de Nusrat, qu'il a voulu, conçu, et qui correspond justement particulièrement à l'idée qu'il se faisait de son art : accessible, vivant, évolutif. Je comprends tout à fait que l'on préfère ses disques "classiques" (c'est un peu mon cas), mais... enfin bref...

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Jacques Capelovici › vendredi 12 août 2011 - 23:50  message privé !

Incroyable : il y a une vie après Kickback !

Painkiller › vendredi 12 août 2011 - 22:16  message privé !

À quand une vraie chronique de Nusrat ? À quand la chronique d'un album de quawwali ?

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