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Compilations - Bandes originales de films › Natural Born Killers

cd | 27 titres | 75:23 min

  • 1 Waiting For The Miracle (Edited) [Leonard Cohen]
  • 2 Shitlist [L7]
  • 3 Moon Over Greene County (Edited) [Dan Zanes]
  • 4 Rock N Roll Nigger (Flood Remix) [Patti Smith]
  • 5 Sweet Jane (Edited) [Cowboy Junkies]
  • 6 You Belong To Me [Bob Dylan]
  • 7 The Trembler (Edited) [Duane Eddy]
  • 8 Burn [Nine Inch Nails]
  • 9 Route 666 [Robert Downey Jr.]
  • Totally Hot
  • 10 Kipenda Roho (Edit) [Remmy Ongala & Orchestre Super Matimila]
  • 11 Back In Baby's Arms [Patsy Cline]
  • 12 Taboo (Edited) [Peter Gabriel / Nusrat Fateh Ali Khan]
  • Sex Is Violent
  • 13 Ted Just Admit It / I Put A Spell On You [Jane's Addiction / Diamanda Galas]
  • 14 History (Repeats Itself) (Edited) [A.O.S.]
  • 15 Something I Can Never Have (Edited And Extended) [Nine Inch Nails]
  • 16 I Will Take You Home [Russel Means]
  • 17 Drums A Go-Go (Edited) [Hollywood Persuaders]
  • Hungry Ants
  • 18 Checkpoint Charlie/Violation Of Expectation [Barry Adamson]
  • 19 The Day The Niggaz Took Over [Dr. Dre]
  • 20 Born Bad [Juliette Lewis]
  • 21 Fall Of The Rebel Angels (Edited) [Sergio Cervetti]
  • 22 Forkboy [Lard]
  • Batonga In Batongaville
  • 23 A Night On Bare Mountain [Budapest Philharmonic Orchestra]
  • 24 A Warm Place [Nine Inch Nails]
  • Allah, Mohammed, Char, Yaar
  • 25 Allah, Mohammed, Char, Yaar / Judgement Day [Nusrat Fateh Ali Khan & Party / D. Galas]
  • 26 The Future (Edited) [Leonard Cohen]
  • 27 What Would U Do? [Tha Dogg Pound]

line up

Trent Reznor (production, mix, chant)Leonard Cohen, Nusrat Fateh Ali Khan, Peter Gabriel, Diamanda Galás, Jane's Addiction, L7, Lard, Nine Inch Nails, Patti Smith

Musiciens additionnels : Flood (remix de "Rock'n'roll Nigger")

chronique

Un coup d'œil rapide sur la liste de blases compilés par Trent Reznor pour la B.O. de Tueurs-Nés suffit à comprendre qu'avec celle-ci, on est pas sur de la compile lambda. Non : on est sur de la compile 90's de haute couture. Le mot "culte" n'est pas galvaudé : ça bande original, question invités de marque. Anecdotiquement, dites voir mais...on dirait pas un peu une compilation qui aurait été signée par l'équipe de Guts of Darkness - à quelques détails de tracklist près bien sûr, mh ? Oui, je vois déjà dans cette tracklist au moins Sheer-Khan, Twilight, Saïmone, Dariev et Dioneo se chamaillant comme des geeks en transe pour demander un morceau qu'ils kiffent au DJ Reznor. Pour tout dire - et m'adresser à notre vaste lectorat qui n'a que foutre de ces affaires de boutique - NBK ça va quand même un trentinet plus loin que les compilations des films de Lynch par exemple. On parle ici du possible caïd d'un format bâtard qui n'intéresse plus grand monde. Natural Born Killers, c'est un casting musical massif. Les compilations de musiques de films ont souvent un intérêt frivole il faut bien le dire, simples sélections de pistes mises bout à bout, mais pas celle-ci. Ici, tout est découpé et reconstitué façon Frankenstein, dans l'esprit d'une mixtape deluxe, par un taulier qui connaît bien son affaire puisque ses propres albums sont eux-mêmes le fruit d'influences entrechoquées qu'on ne croit pas faites pour se rencontrer (pose tes lunettes mon garçon). C'est un barnum de pur gourmet, expérimental clairement, sombre évidemment vu la corbakitude du DJ, mais surtout captivant de part en part, avec des extraits du film incorporés qui ont rarement été aussi non-parasitaires, participant pleinement comme chaque détail à l'ambiance envoûtante et étrange de cette B.O. Reznor a vraiment ciselé son mix, pensé sa tracklist comme un album très varié mais cohérent, et plaçé des transitions mortelles (exemple parmi d'autres : Jane's Addiction plus La Galas - featuring ou collage malin ? C'est ce doute induit par Trent qui est exquis), confirmant sa filiation hip-hop au passage. Bref il a suivi à la lettre l'esprit du montage bordélique du film de Stone, augmentant considérablement l'impact de certaines scènes, comme la halte hallucinée et nauséeuse vers l'Indien (un souvenir marquant si vous avez eu ou quand vous aurez l'occasion de découvrir ce film dans un état second). Cette bande originale contient des inédits perso du Trent, aussi, tel ce "Burn" monumental notamment, et puis elle a ce côté "B.O. de Pulp Fiction en dix fois plus original et varié" puisque Tarantino a écrit le scénar. Combien d'entre nous ont découvert Nusrat via ce recueil, sans forcément chercher d'emblée le nom derrière ce chant possédé à vous faire fondre en larmes en deux-deux ? Mais avant Sheer-Khan et Saïmone on avait Trent pour nous en refourguer. Et puis beaucoup d'ados ont juste découvert Leonard Cohen grâce à Trent, ainsi que Diamanda Galas, Jane's Addiction et Lard. C'est pas mal. Le film, maëlstrom nauséeux et drogué d'images en vacarme visuel, genre junk-food visuelle agglomérée où merde et sublime se confondent, reste un incomparable n'importe-quoi mais un vrai film générationnel, comme Fight Club, mais dans un esprit beaucoup plus cynique et psyché à la fois, Oliver Stone se lâchant complètement côté expérimentation (accolé à "stérile" et "tape à l'œil" pour les détracteurs). Une sorte de "cinéma alternatif" versant Hollywood, patchworkesque et tout-à-l'égout en chaos ordonné, plus ou moins équivalent visuel du deuxième et troisième album de Public Enemy si on veut pousser l'analyse jusqu'au sujet qui nous intéresse. L'intro avec le sublime "Waiting for the miracle" du vieux Leo, un de ses titres les plus magnétiques si pas Le, l'outro magique avec ce grandiose morceau de crooner maugréant la déchéance socio-politique à venir sur ce "Future" dont Oliver Stone semble avoir bien lu les paroles (je crois que l'outro est, avec la scène bad-trip, celle qui m'a le plus marqué de tout le film, je sais pas pourquoi, je me souviens des lapins j'ai bloqué dessus), et puis évidemment tout ce qu'il y a entre - speech de Robert Downey Jr. inclus (j'adore ce con, le petit malin ricain sur-aware de lui-même et de sa smartitude totale, dans toute sa splendeur, mais tellement charismatique que t'as envie de l'avoir comme meilleur pote, enfin pas son personnage insupportable du film pour le coup, qu'on aurait pu voir dans Groland joué par Francis Kuntz) - et, euh, ou j'en étais ? Oui : Nine Inch Nails, "a beat that I can never have" ou "a love that I can never have", au choix, puis "Shitlist" de L7 qui reste un de leurs tubes les plus carnivores, etc etc, de la batucada house à la Yello Tarantino, et du gangsta rap glauquasse plus loin avec un des titres les plus sinistres de Dr. Dre et le crew de Snoop dans un exercice de menace torve, et puis un tas d'autres trucs en patchwork salade de fruits magique, sans parler des extraits du film incrustés pour mieux troubler, je ne vais pas griller par exhaustivité tous les bons moments et les contrastes du DJ, j'en ai déjà trop dit, autant disserter sur l'érotisme de Juliette... Disons juste pour finir que cette B.O. est sans nul doute l'une des rares des 90's qui soit indispensable... Tout ça est excellentissime, ultra-varié mais magiquement cohérent, et gaulé pour de nombreuses réécoutes. Pas sûr que je pourrais revoir le film sans mal de crâne (ce montage inhumain...) mais cette saloperie de mixtape tient encore salement la route. Et petit mystère à la clé : quel est ce groupe du nom de A.O.S. ? C'est quoi ce projet référencé nulle part en dehors de ce titre ? Alias de ce malin de Trent qui a manifestement voulu brouiller les pistes dans cette B.O. et a embauché une groupie pour chantonner une petite ballade pastorale ? Toujours est-il que ce titre est magique, comme qui dirait d'une banale étrangeté, il me trouble toujours autant, lynchien et secret... Superbe compilation fractale, l'une des plus denses possibles dans ce style-bazar à curieux fainéants, chaque piste ou presque étant une passerelle vers des univers différents. Merci Trent.

note       Publiée le dimanche 13 décembre 2015

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Langouste-mayonnaise › lundi 14 décembre 2015 - 21:52  message privé !

The whole world's comin to an end Mal !

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nicola › dimanche 13 décembre 2015 - 14:14  message privé !

Diantre, L7 sur guts.

Dioneo › dimanche 13 décembre 2015 - 12:35  message privé !
avatar

(Geekentransepowa' !)

Sinon oui, super BO-montage, beau travail du Trentou', cette compile mixtape (en effet ouais, c'est une mixtape, comme tu dis, Raven). Toujours trouvé ce disque très chouette alors que j'avais carrément détesté le film - plus pour le côté enfumage/tu l'as vu mon gros message de cette pénible burne d'Olivier Pierre que pour l'aspect montage roller-puker du bidule... Enfin, quoique ça contribue pas mal à cette dimension "je vais les épater", c'est sûr... Bref, je me rechoperai peut-être bien ça un jour sous une quelconque forme, tiens. Pas mal de trucs dont on peut être bien avisé aussi d'aller chercher les versions non éditées/remixées, là-dedans, aussi, hein, en passant, même si encore une fois dans le contexte ils sont très bien comme ça (pour une fois).

Dead26 › dimanche 13 décembre 2015 - 09:53  message privé !

Magnifique, magistral, culte et intemporel... Et tout simplement la meilleur b.o compilée qui existe, d'ailleurs bien plus intéressante que celle d’un Tarantino par exemple. Ce cd je l’ai usé jusqu’à la corde tellement je l’ai écouté, tous les titres sont bons sans exceptions et il est vrai que le mixage entre les passages du film judicieusement choisis et la musique sont purement extraordinaires. Born bad interprété par Juliette Lewis moi ça me fout le bourdon ! Tout ça m’a donné envie de me remater le director’s cut tiens....

Note donnée au disque :       
born to gulo › dimanche 13 décembre 2015 - 09:27  message privé !

CULTE. C'est tout. Légèrement plus captivant que le film, qui a mieux vieilli qu'espéré.

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