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Nusrat Fateh Ali Khan › Shahen-Shah

cd • 6 titres • 73:44 min

  • 1Shamus-Ud-Doha Bader-Ud-Doja
  • 2Allah, Mohammed, Char, Yaar
  • 3Kali Kali Zulfon Ke Phande Nah Dalo
  • 4Meri Ankhon Ko Bakhshe Hain Aansoo
  • 5Nit Khair Mansan Sohnia MainTeri
  • 6Kehna Ghalat Ghalat to Chhupana Sahi Sahi

line up

Atta Fareed (Choir, Chorus), Ghulam Fareed (Choir, Chorus), Asad Ali Khan (Choir, Chorus), Farrukh Fateh Ali Khan (Director, Harmonium, Vocals), Nusrat Fateh Ali Khan (Arranger, Vocals), Iqbal Naqbi (Choir, Chorus)

remarques

chronique

Styles
world music
Styles personnels
qawwali

Enorme. Immense. Bœuf. Colossal. Démesuré. Eléphantesque. Excessif. Imposant. Titanesque. Nusrat épuise les dictionnaires. Difficile de choisir un disque en particulier pour vous en parler, puisqu’on n’est pas ici dans l’idée d’un disque – ça n’a jamais été le cas – mais d’une "saisie" ; un instant, enregistré, fugace ou pas, des chants qawwali, dévotion toute entière du corps et de l’âme à l’Islam, de cette tradition qu’on appelle Sufi, une sorte de quête mystique sur la poésie de l’existence. Pour l’occidental, on peut vaguement rapprocher ça des moines muets, ascétiques et contemplatifs. Sauf qu’au Pakistan (et en Inde du Sud), le silence n’est point ; c’est même carrément l’inverse ! Une version Gospel des Chants Grégoriens ; une transe orchestrée par une bande de type assis sur des tapis à taper dans leurs mains et accompagné d’harmonium, de tablas, de dholak ; puisque le qawwali, sa base, son essence, son squelette, c’est le rythme. Un rythme qui n’a pas de durée variable (ça peut durer un quart d’heure, en général, ou une heure, ou deux, ou trois, selon les improvisations), et qui parle directement au corps ; je sais pas si c’est parce qu’ils tapent dans leurs mains comme des sourds, mais c’est incroyablement communicatif. Et tandis que les tablas tissent des motifs ondulant sur lequel se greffe de l’harmonium en mode râga (si vous avez suivi mes chroniques, l’équivalent du radif iranien en Inde), et c’est parti on les arrête plus. A ce stade, Nusrat Fateh Ali Khan et les deux autres chanteurs ne sont pas encore intervenus que t’es déjà dans un mauvais état ; enfin non, pas mauvais, mais différent, inhabituel, bousculant : ça a l’air tellement festif ! et puis le chant s’y joint, et t’es carrément propulsé dans les cimes de l’Univers : comment on peut chanter comme ça ? c’est plus de la possession, c’est du viol. On vante parfois les exploits des chanteurs de rock quels qu’ils soient ; ici c’est une autre approche de la voix, nouvelle pour nous, et pourtant très ancienne : le type il chante pas, il gueule, il crie, il s’agite, il fredonne avec une énergie tellement dévastatrice qu’il en balaye le chemin de Dieu. La drogue, à coté de la prière, ça fait glousser. Encore une fois, c’est communicatif, voir contaminant : vous vous retrouverez en train d’essayer de gueuler de tout votre soûl en tapant des mains et en secouant la tête comme Gilbert Montagné, avant de saisir, d’entrevoir, l’énorme travail technique que ça nécessite, l’hallucinante couverture harmonique de ces chants qui embrassent littéralement tout les contours de votre âme. Vous allez alors vous contenter de vous allonger, pris de soubresaut (et c’est même pas la came), assister au dépassement systématique des choses précédentes, en vous demandant si vous ne vous seriez pas planté de Monde. La réponse vous la connaissez.

note       Publiée le lundi 5 mars 2012

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Abdul al-Hazred › mercredi 7 mars 2012 - 18:19  message privé !

kya bat hai ustadji kya bat!

saïmone › mardi 6 mars 2012 - 13:34  message privé !
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Au début c'était juste la flemme (mauvaise manip' pc du boulot ...) et puis finalement j'ai laissé comme ça, avec juste quelque modifications, par flemme également, et puis aussi parce que ces deux disques sont les mêmes (enregistrements studio avec Peter ; line up à 6 sans dholak ou autres, ...) et qu'ils se ressemblent énormément et que la chro allait bien pour les deux (qui sont pour moi comme des frères) surtout pour une "intro" à Nusrat ; vous avez déjà deux albums à télécharger, ensuite on passera aux choses sérieuses (c'est à dire aux 7/6).

Note donnée au disque :       
dariev stands › mardi 6 mars 2012 - 10:28  message privé !
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j'ai du pas comprendre un truc (les deux skeuds se ressemblent, c'est trop indescriptible, les mots peuvent pas l'exprimer etc??) mais pourquoi y'a deux fois la même chro ?

Everlasting › lundi 5 mars 2012 - 23:27  message privé !

A noter que sur youtube y'a pas mal de vidéos des gus avec les lyrics en sous-titre, et mine de rien ça ajoute pas mal, parce que c'est particulier comme vision religieuse. Exemple avec Tavern of Love qui est super life-affirming et rejette le moralisme taciturne: http://www.youtube.com/watch?v=hSgBNynIu_M

Note donnée au disque :       
Dioneo › lundi 5 mars 2012 - 20:20  message privé !
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Ah tiens, un Nusrat Realworld sans traficotages ni Attack Massive...

Belle initiative, ouais, de le continuer par cette face là.

(Et puis même rien à dire sur les tags ; ni sur le fait qu'il faudrait que je l'ouvre un peu plus un de ces quatre moi-même, sur le Soufi Monumental... Nope).