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Yellow Magic Orchestra › Tighten Up

  • 1980 • A&M SP-12036 • 1 LP 33 tours
  • 1980 • A&M AMSP 8104 • 1 LP 33 tours
  • 1980 • Alfa ALR-725 • 1 LP 33 tours

lp vinyle • 2 titres • 00:00 min

  • 1Tighten Up - Japanese Gentlemen Stand Up Please
  • 2Nice Age / Rydeen / Citizens of Science (selon les versions)

enregistrement

(voir X Multiplies)

line up

Haruomi Hosono, Ryuichi Sakamoto, Yukihiro Takahashi

Musiciens additionnels : Hideki Matsutake (programmation)

remarques

- Il semblerait qu'un des intérêt de la version avec Rydeen en face b de ce single soit de jouer ce titre en 33 tours au lieu de 45, avec pour effet de la funk-yser daft punk-style... pas encore essayé.
- Il existe plusieurs versions de ce single, en 7 et 12 pouces, certaines avec des remix. La version jap Alfa possède une troisième pochette, encore différente de ces deux-là. -

chronique

Styles
funk
electro
new wave
pop
black music
Styles personnels
yellow laughter orchestra > bbq texan

Attention, attention, ceci est la dernière vanne avant mutation, je répète : ceci est la dernière vanne avant mutation. Tighten Up, en plus d’être un tube disco-electro-funk de plus, est surtout l’un des moments d’autodérision les plus corrosifs venant groupe à la base "sérieux" (donc non-parodique, mais surtout professionnel dans son approche, car N°1 des ventes export de son pays). Ce vocoder, cette voix de faux niakoué imitant l’aérobic matinal des salarymen japonais (ceux qui ont dormi sous le bureau et qui ont les cervicales qui jouent les castagnettes)… Les reprises de Computer Love et Day Tripper, c’était déjà quelque chose, mais là, on est limite dans l’exotisme à la Bratisla Boys. Même si au vu de leurs carrières respectives, il n’y a que pour le sérieux Sakamoto que cela est inhabituel. En 80, le trio est invité dans l’émission musicale Soul Train, sorte de Taratata afroaméricain, et joue de manière très pince-sans-rire voir génée devant un public qui semble ne pas forcément voir tout le 15ème degré de cette reprise (le titre ayant toujours été un standard au sud des USA). Mais surtout, ils tombent sur des blacks qui dansent le smurf sur leur musique, symptome des mutations profondes de la musique urbaine en train de se créer aux USA. Si YMO sera finalement passé comme une blague de saison auprès du public blanc, les blacks, eux, vont les élever au rang de classique de l’electro-funk. Un genre intrisèquement lié à la révolution du son numérique. Car avec ce titre et Nice Age (autre tube irrésistible, en face B), les 3 nippons avaient commencé, tout doucement et sous couvert d’une blague de plus, à habituer leur public à l’idée que YMO pouvait intégrer chant pop et refrains dans sa musique, sans singer Kraftwerk ni Bowie… Ainsi le changement radical de l’album suivant, BGM, serait moins choquant. Car le public japonais, de tout temps et dans tous les domaines, a toujours eu peur des nouveautés brutales, des bouleversements esthétiques irréversibles. Pourtant, c’est bien les ingénieurs des entreprises japonaises comme Roland ou Yamaha qui vont lancer cette révolution technologique et musicale, dont YMO sera aux avant-postes. Il ne s’agit pas de synthés, que le grand public a retenu – étant un objet à peu près connu du paysage en 80, sous sa forme archaïque – mais des boîtes à rythmes programmables, voir des samplers numériques. Le fameux TR-808 de Roland, par exemple, fera ses débuts sur l’album BGM, pour les titres 1000 Knives et Music Plans (ce son de clap en provient). A n’en point douter, YMO a dû etre quasiment "sponsorisé" par ces marques, voyant en eux de parfaits représentants de commerce, participant à déclencher l’engouement de l’occident pour la technologie japonaise que l’on sait au début des années 80. Sauf qu’au fil du temps, on a fini par apprendre que Hosono n’aimait pas trop le son trop tranchant et froid du nouveau studio numérique 32 pistes installé par Alfa Records dans le studio du groupe… Déjà ce problème fondamental de manque de chaleur du numérique… Alors Hosono a décidé d’enregistrer toutes les parties rythmiques, ossature fondamentale de BGM, sur un enregistreur analogique. Il semble alors que pour la première fois, YMO cesse de regarder le futur avec cette multicolore candeur, qui ne pouvait durer sans sonner surjouée. Pour l’heure, la après la Chenille et la Que Leu Leu, c’est marrade on the dancefloor. “Everybody’s doin it : David Bowie doin it, Elton John doin it, Mick Jagger doin it... Even Elvis Presley doin it !! Do the tighten up !”

note       Publiée le lundi 23 mars 2015

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(N°6) › mardi 24 mars 2015 - 12:32  message privé !
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Probable que The Electrifying Mojo, le DJ légendaire de Detroit, devait passer ça au cours de ces mix, et que dans sa chambre, Juan Atkins a du prendre des notes.

A.Z.O.T › lundi 23 mars 2015 - 22:56  message privé !

La vidéo du live de soul train (je connaissais pas merci boku) est incroyable, avec le manager paumé parmi tous les danseurs avec sa petite pancarte, la claviériste (c'est mme sakamoto ?) trop à donf).

Note donnée au disque :