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Passo Torto › Passo elétrico

lp vinyle • 12 titres • 35:08 min

  • 1Homem Só
  • 2Helena
  • 3Passarinho Esquisito
  • 4A Não Ser Que Me Ame
  • 5Símbolo Sexual
  • 6Adeus
  • 7Banquete
  • 8O Buraco
  • 9Isaurinha
  • 10A Cidade Cai
  • 11Tempestade
  • 12Rárárá

extraits vidéo

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enregistrement

Producteur exécutif : Alice Coutinho - Enregistré, Mixé et masterisé par Carlos "Cacá" Lima aux studios YB à São Paulo - Produit par Passo Torto

line up

Kiko Dinucci (guitare électrique, voix), Romulo Fróes (violão, voix), Marcelo Cabral (contrebasse, voix), Rodrigo Campos (guitare électrique, cavaquinho, voix). Sauf sur Rarara : Kiko Dinucci (violão), Marcelo Cabral (guitare électrique), Rodrigo Campos (cavaquinho)

remarques

Xylogravure de pochette par Kiko Dinucci - Le disque est en téléchargement gratuit sur le site officiel du groupe, comme le 1er album. http://www.passotorto.com.br/site/Downloads.html

chronique

Styles
ovni inclassable
no wave
post punk
Styles personnels
jockey full of cachaça

"Les immeubles aussi ont des escarres, les immeubles aussi ont la bronchite". Est-ce encore du rock, j’en sais rien, une chose est sûre, ce deuxième album de Passo Torto est une claque monumentale, un ovni qui semble sorti de nulle-part, même en connaissant un peu le son de guitare si reconnaissable de Kiko Dinucci (également responsable des artworks et affiches de concerts, crades et désabusés à l’image des textes)… Pas grand-chose ne peut préparer à ça, à moins peut-être d’avoir vécu cette déliquescence de São Paulo dont Passo Torto tout entier semble une émanation. J’aurai l’occasion de revenir sur les nombreux projets des membres, qui font de Passo Torto un genre de supergroupe (retenez surtout Meta Meta et MarginalS, aussi sombrex que ce disque voire plus), pour l’heure parlons de Passo Elétrico. Un disque incroyable ne serait-ce que par l’utilisation des instruments, à contre-courant de ce qu’est censé être le rock, à contre-courant du Brésil tout entier : Pas de percussions ni batterie, déjà. Le cavaquinho, instrument-roi du samba, est bien là mais électrifié et saturé, tandis que la contrebasse joue parfois dub sans apporter la moindre part de rondeur à ces chansons décharnées, coupantes… Il n’y a que le rire jaune et glaçé de Rárárá qui retrouve un peu des couleurs, mais c’est du pur détournement de chaleur, de l’air vicié et envenimé, de la fête qui a viré à la farce, plus Public Image que Seu Jorge, quoi. L’élément qui palpite encore dans ce cimetière des illusions, une guitare africanisante, typiquement aigre et saturée… Mais toute danse est macabre et vouée à la désarticulation, où à un écroulement soudain, comme ce break effrayant au milieu de Passarinho Esquisito. "O Buraco" ("Le Trou") est carrément flippante, même si le texte brise le cœur, complainte sur le sort des quartiers détruits par les bulldozers et les souvenirs emportés avec eux… Un tic-tac résonne, seule "percussion" du disque, comme pour marquer l’inexorable. Le gluant et grésillant Simbolo Sexual évoque le sujet trop rarement abordé de la pub omniprésente à l’assaut du cerveau du pauvre passant. Morceaux choisis : "Le symbole dévore, consume, punit / provoque la fatigue / chante dans mon oreille / envahit mon sommeil / Je me réveille en colère / Pleurant de faim". Soliloque de douleur dans la société de consommation. Aliénation sans rédemption au bout, tiens donc, ça rappelle un certain album marron de Chico Buarque, ça, non ? Pour autant, une telle noirceur frontale, évidée de tout pathos rédempteur, n’est pas forcément commune au Brésil. C’est ce genre d’album qui me fait penser que la période actuelle que vit la scène indépendante du Brésil (et de São Paulo en particulier) est comparable à la période 87-95 pour le rock indé/grunge/underground américain… Pas sur qu’un Nirvana vienne ne faire atteindre le succès pour tous ces groupes, mais peu importe : il y a des choses qui se CRÉENT en ce moment quelque part sur la planète pop. Et pas que des hybridations de bouts déjà existants. Imparable.

note       Publiée le dimanche 15 juin 2014

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notes

Note moyenne        8 votes

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Raudus › mardi 1 décembre 2015 - 17:47  message privé !
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Merci pour la découverte, effectivement très prenant. Curieux de savoir ce que ça peut donner sur scène.

Note donnée au disque :       
Thomas › mercredi 25 novembre 2015 - 14:12  message privé !

Court mais terriblement bon le dernier, j'adore ce groupe. Pour info on trouve leurs 3 albums (et celui de Juçara Marçal) pour presque rien sur Discogs maintenant.

Note donnée au disque :       
Sigur_Langföl › mardi 25 août 2015 - 02:18  message privé !

Très belle découverte, celui-là. J'y reviendrai.

Thomas › mardi 25 août 2015 - 00:30  message privé !

A signaler un nouvel album avec Na Ozzetti qui a l'air bien sympa aussi.

Note donnée au disque :       
Twilight › mardi 11 août 2015 - 10:58  message privé !
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L'absence de percussions me tarabiscote un peu mais je dois bien avouer que ça me prend, ce truc