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Mourning Dawn › Les sacrifiés

cd • 7 titres • 74:24 min

  • 1The watchers3:28
  • 2About pride15:02
  • 3A stone that bleeds8:23
  • 4Les sacrifiés15:07
  • 5A childish thought9:28
  • 6Echoes of loss15:05
  • 7False hopes7:07

enregistrement

Enregistré aux Hybreed Studios entre juin et octobre 2012 par Andrew Guillotin et Mourning Dawn

line up

Laurent (Vocaux, guitares); Fabien (guitares, vocaux); Nicolas (batterie); Vincent (basse)

Musiciens additionnels : Daniel Droste (vocaux : About pride, Echoes of lost); Kostas Panagiotou (vocaux : les sacrifiés, fasle hopes); Jonathan Thery (vocaux : About pride, les sacrifiés); Amduscias (vocaux : About pride)

remarques

La version "physique" de Total Rust offre un CD bonus intitulé "Ten years of mourning" et regroupant 74 minutes de réenregistrements et autres inédits/reprises du groupe : Scorned Silence, Rotting misery, This lost smile in the dark sky, Remember, As the ocean, For the fallen.

chronique

Si tu n'es pas dans l'optique "je m'abandonne complètement à ce disque", alors ne le mets pas. Car Mourning Dawn s'impose une fois de plus comme une formation sans compromis, sans complaisance, qui te balance 75 minutes de hurlements écorchés vifs et d'harmonies épaisses, denses et savamment épouvantables, sans jamais te donner l'occasion de te défouler... enfin, si, y a un petit "blast" à la fin du morceau titre qui t'aide un peu à expectorer les mètres cubes de boue que ce troisième album te déverse dans la gueule. Parce qu'on le sait maintenant, depuis le mur de cendre "For the Fallen", le black metal, la vitesse, la patate, tout ça c'est terminé : Mourning Dawn fait dans le lent, le lourd, l'écrasant; un album de Mourning dawn c'est comme le dieu des larmes qui vient s'asseoir sur ta tronche jusqu'à ce que tu puisses plus respirer. Et si "les sacrifiés" retrouve le chemin des mélodies et des variations harmoniques auxquelles son prédécesseur tournait radicalement le dos, il ne s'agit que de notes de désolation, d'atmosphères funéraires et sordides, les magnifiques lueurs saillantes que la lead entretient tout au long de ce périple atroce ne faisant qu'ajouter à la tristesse profonde qui émane de cette musique. Dense, trop dense, long, trop long, brutal et farouchement désespéré, voici du dark/doom metal qui ne révolutionne pas le genre pour une raison très simple : il est là, précisément, pour lui faire honneur. Cette succession de riffs, de rythmes et de breaks au ralenti qui te maintiennent au sol pendant que Laurent te lacère la peau avec ses vocaux anthologiques (oui, rien de moins), ça n'est pas sensé te filer la banane, te surprendre, alimenter tes velléités de découvertes ou renouveler ton stock de sensations inédites... non... c'est juste ta surdose de dépression, ta piqûre de rappel pour quand tu commences à trouver que la vie, finalement, c'est pas si mal. Ben si, justement, c'est mal. La linéarité, la morosité de "For the fallen" est désormais empirée par un travail d'ambiances violentes et mortuaires, par une aura mélodique sinistre, par un son puissant et suffisamment sourd pour que tu manques d'air, par une construction de riffs plus complexes et difficiles, vicieuse. La basse rejoint le rang des protagonistes, mixage à l'avenant dans ce socle sonore grondant et roulant qui laboure tout sur son passage; des solos souples et classieux, des reflets harmoniques plus occultes qu'auparavant : Mourning Dawn retrouve la splendeur glauque de son premier album tout en s'enfonçant irrémédiablement dans le pénible. Ce ne sont pas les quelques headbangs provoqués par le mid tempo d'un "stone that bleeds" ou l'étonnante réussite du phrasé accrocheur des textes français sur le morceau titre qui vont rendre l'ensemble plus digeste... je vous le répète : il faut se soumettre à ce disque, il faut s'y plier, sinon c'est l'overdose, et vous risquez l'ennui. Oui, je vous rassure, je n'en oublie pas mon boulot de chroniqueur: vous voulez des défauts? Y en a... au pays des morceaux à rallonge, "About pride" pêche par sa construction type "plans collés les uns à la suite des autres", et il faut reconnaître que le recours un peu systématique à la technique du "riff tout seul qui va bientôt voir revenir la batterie" en guise de break/interlude/respiration/annonce de l'apocalypse finit par nuire à l'immersion. On peut aussi se poser la question de ce qu'aurait pu être ce disque si l'inspiration avait pris le risque d'un poil plus de variété. En attendant la réponse, il faut vivre l'écoute de ce nouvel album comme un voyage, évidemment éprouvant. Laissez vous emporter par la mélancolie poisseuse de "Childish thought", vriller la tête par l'interminable intro de "False hopes" dont les aigus vrombissants agressent l'oreille au delà du raisonnable avant que les plaintes en chant clair ne vous ramènent dans le domaine de la tristesse brute et belle... car oui, cette musique finalement bien plus personnelle qu'elle ne veut le faire croire, sorte de thrash coup de poing passé au ralenti, à la puissance épaisse comme du goudron, aux ténèbres charbonneuses surlignées des éclats lumineux d'une lead tragique est chargée de beauté tout autant que d'épouvante, et de brutalité. Un disque difficile... et donc, une fois de plus, une mission accomplie.

note       Publiée le samedi 28 juin 2014

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