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MOURNING DAWN - Interview avec Pok... hum... Laurent

par Yog Sothoth › lundi 27 août 2007

1/ Salut, ça roule ?

Laurent : Bah vu la gueule de ma clio, j’ai envie de te dire pas trop. Et toi ça farte ?

2/ Ouais, tranquille. Dans un premier temps, j’aimerais revenir sur la réédition de « The freezing hand of reason » via Ostra records. Etait-ce important pour toi de revenir sur cette démo avant de sortir le nouvel album ? Pourquoi avoir choisit d’intégrer une reprise de Katatonia ?

Laurent : Bah pas tellement, en général c’est pas trop les zicos qui décident ce genre de trucs. En fait, tout est tombé très vite en même temps : signature chez Totalrust, proposition par Ostra, structure qui venait alors de se monter et dont le boss aimait bcp la démo, de represser la démo… Bêtement, j’ai dit oui à tout le monde. Donc, non ce n’était pas particulièrement important. Plus sérieusement, j’ai pas contrôlé grand-chose, mais c’était plutôt intéressant. Ca a permis de diffuser un peu le nom de Mourning Dawn dans l’Ug avant de sortir l’album, histoire de le sortir dans les meilleures conditions quoi. Quant à Katatonia, comme pour beaucoup de musiciens, « Brave murder day » est un disque qui m’a beaucoup marqué. Le riffing de Blackheim était quelque chose de nouveau, et il est pour beaucoup dans ma façon de pratiquer la guitare. Le morceau « murder » me semble bien caractéristique de cette grande époque du groupe… On a vite arrêté de la jouer cependant, ne faisant plus l’unanimité, et le groupe devenant de plus en plus sombre.

3/ Avec le recul, que pense-tu de cette démo (et des précédentes…) ?

Laurent : Question piège ! Je l’aime beaucoup encore celle-là. Il y a un côté assez « fou » et oppressant. Le son super dégueu aide beaucoup je pense, c’était vraiment fait avec les moyens du bord. C’est aussi le premier enregistrement où je touche parfois vraiment l’atmosphère que je veux dégager (« Remember » en particulier). Les autres démos je préfère oublier, encore que « Straight to the past » possédait de bonnes harmonies, et j’y exerçais pour la première fois le chant vraiment hurlé. M’enfin ça reste assez moche quand même, faut bien commencer. La toute première démo, ça n’aurait jamais du sortir de mon graveur.

4/ Encore plus loin, sur la chronique de Straight to the past (2003), le chroniqueur expliquait que « Le type est meilleur que ses poignets, plus malin que ses doigts, plus subtil que son médiator… »… ça va mieux ??

Laurent : N’ayant pas eu les couilles de lancer le premier groupe de metal manchot, j’ai du me résoudre à dépasser mon intellect manuel. Donc oui, ça va mieux.

5/ Ton premier album est sorti il y a quelques mois déjà… quels sont les retours obtenus sur ce disque ?

Laurent : Ca fait un peu prétentieux, mais ils sont excellents. C’en est même assez surprenant, les critiques ont les éloges faciles parfois. Cela fait plaisir, mais on comprend vite ceux qui prennent la grosse tête. Il faut donc relativiser. Il y a eu très peu de mauvaises critiques, deux ou trois je crois, par des gens qui ont à mon sens vraiment tapé à côté du truc, mais bon, c’est pas grave, et puis ils ont fait leur taff. Je préfère cent fois une mauvaise critique bien argumentée, qu’une de ces horreurs descriptives et dithyrambiques comme il en fleurit tous les jours sur le net. Comme je suis interviewé ici, je tenais à dire être particulièrement fier de la chro de SK, c’est de loin la mieux écrite, et la plus proche de mon sentiment vis-à-vis de cet album. Les gens ont surtout apprécié l’atmosphère très sombre, et le chant, qui en a apparemment marqué plus d’un héhé Dans l’ensemble, l’album a été bien compris, malgré son style un peu « le cul entre deux chaises » et a bien trouvé son public auprès des amateurs de musiques dépressives de tous bords (doom, black, ambient)

6/ Le son de Mourning dawn est beaucoup plus massif et plus « pro » que sur les démos. Tu penses avoir franchi une étape en termes d’atmosphères avec ce disque ?

Laurent : Il était temps quand même que j’arrive à fournir une bonne prod’ ahah. Avec le temps on apprend. Tout n’est pas parfait, mais je suis parvenu à rendre un son clair, qui rendait honneur aux harmonies de guitares, tout en restant bien Ug… Je regrette cependant d’avoir laissé la boite à rythme, mais ce qui est fait est fait. De même en termes de connaissances des instruments j’ai beaucoup progressé, et ça m’a permis de m’approcher plus encore des atmosphères que je souhaitai créer pour Mourning Dawn.
% Le prochain album sera lui enregistré de façon professionnelle, avec des gens dont c’est le métier, et surtout en groupe, ce qui va changer beaucoup de choses…

7/ Même s’il n’est pas dénué de personnalité, ce disque évolue dans le style Black Doom assez populaire ces derniers temps. Est-ce que tu penses avoir quelque chose de neuf à proposer au sein de cette scène qui commence quand même un peu à se saturer ?

Laurent : Si’il faut avoir quelque chose de nouveau à proposer pour exister, il n’y aurait plus beaucoup de groupes. Bref, je fais ce qu’il me plait, et je me branle du reste. J’ai jamais prétendu révolutionner le genre. Je préfère oublier les étiquettes, les genres prédéfinis, sinon tu t’en sors plus.

8/ Quelles sont tes principales influences ?

Laurent : Toute musique dépressive et introspective. Aux débuts j’étais très influencé par Katatonia, Deinonychus, Bethlehem, Shining, Abyssic Hate et consorts… J’écoute beaucoup plus de doom/death et de funeral ces derniers temps. Je suis cependant incapable de mesurer l’impact de ces groupes sur ma musique, surtout quand on sait que je suis principalement un grand fan de death et de thrash old school…

9/ Venons-en au « concept ». De quoi traitent les textes de Mourning dawn ? Pourquoi ne pas avoir donné de titre à cet album ?

Laurent : Le disque entier traite de la première guerre mondiale. Les textes sont issus de poètes soldats, notamment Wilfred Owen, poète aussi talentueux qu’un Appolinaire. On peut également retrouver dans l’album des samples d’époques tirés de 78 tours de 1896, 1912 etc… Les photos du livret sont également en rapport avec chacun des textes, et toutes d’époques. C’est une période qui me fascine, la première guerre « moderne ». Pas de titre car il n’en avait pas besoin.

10/ Alors que les précédents travaux constituaient une œuvre solo, tu as constitué un line up complet. Le prochain album sera t’il le fruit d’un travail de groupe ? Dans quelle mesure cela va-t-il influencer la composition et le son dans Mourning dawn » ?

Laurent: Je continue à tout composer. Les riffs, l’ossature des morceaux, tout. Je présente le truc aux autres et chacun y rajoute ses petits trucs et améliore à sa façon. Un peu à la manière de Candlemass héhé, la classe en moins. Concernant ce second album, il sera beaucoup, beaucoup plus sombre et lourd que le précédent. Le son sera beaucoup plus maîtrisé, les musiciens qui vont le jouer sont des fans du genre, il n’y aura pas de limitations d’effets ou d’arrangements du fait que ce sera enregistré chez quelqu’un qui maîtrise, bref l’évolution sera je l’espère, flagrante.

12/ Le groupe a donné son premier concert à la Cantada, quels souvenirs garde tu de cette première expérience scénique avec Mourning dawn ? Y’a-t-il d’autres dates de prévues ?

Laurent: C’était cool. Un peu stressant, les gens étaient descendus pendant les balances, ça la fout mal question atmosphère… Manifestement le concert a bien plus, vu le nombre de cds vendus. Concernant d’autres concerts, je préfère que MD fasse des concerts sporadiques, plutôt que de zoner encore et toujours comme bon nombre de groupes du coin. De fait, on a refusé pas mal de propositions, préférant se concentrer sur la compo de l’album. Une fois celui-ci fait, là on devrait jouer à nouveau, mais toujours de manière « one shot ». Je n’aime pas l’idée que des groupes « sick » ou « dépressifs » fassent des tournées, je ne trouve pas ça cohérent en fait.



13/ Tu es également chanteur dans le groupe de Doom Death Inborn suffering. Que t’apportes ce groupe que tu ne pouvais pas concrétiser au sein de Mourning dawn ? Quels sont les projets d’Inborn dans les mois à venir ?

Laurent : Correction, je suis guitariste/chanteur en fait. Il m’apporte principalement de connaître une vraie dynamique de groupes, le processus de compo est bien différent... J’ai toujours eu envie de jouer dans un groupe de doom et jouer dans quelque chose de plus, comment dire, « joli ». De plus Inborn est un groupe de scène, ce qui n’est pas vraiment le cas de MD. Actuellement, on compose le second album, on a déjà 3 morceaux finalisés, mais on n’est pas pressé…

14/ On sait tous que tu es un gros fan de Thrash Death à l’ancienne, t’as jamais eu envie de monter un projet dans ce style ?

Laurent : Si bien sûr, on en a discuté avec quelques amis en vacances là… Je pense que je m’attellerai à ça, en pur loisir, une fois que les albums de MD et Inborn seront faits. Un petit truc Autopsy-ien, ça serait pas classe ?

15/ Le mot de la fin…

Laurent : Castor

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Dernière mise à jour du document : lundi 27 août 2007

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