Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesFFront Line Assembly › Implode

Front Line Assembly › Implode

cd | 10 titres | 60:59 min

  • 1 Retribution
  • 2 Fatalist
  • 3 Prophecy
  • 4 Synthetic Forms
  • 5 Falling
  • 6 Don't Trust Anyone
  • 7 Unknown Dreams
  • 8 Torched
  • 9 Machine Slave
  • 10 Silent Ceremony / Stalker *

enregistrement

Hippo-sonic Studios

line up

Bill Leeb, Chris Peterson

Musiciens additionnels : Jed Simon (guitare)

remarques

* titre fantôme.

chronique

Il a une ambiance très space-opera, ce FLA. Classieux, même. Avec des morceaux qui jettent l'ancre et prennent leur temps pour t'investir, qui s'étalent comme des rêves biomécaniques. Assez sublime je dois l'avouer. Bien moins grossier et basiquement crossover que le FLA de la première moitié des 90's ; avec du Delerium en filigrane peut-être, mais passé au filtre pour en élinimer la débilité new age et ne garder que les matériaux graciles. Un FLA sensuel, même, plus encore que le rotulesque Flavour Of The Weak qui précède. Moi là où je préfère FLA c'est quand il font "Threshold" et "Lifeline" hein, donc ça vous situe d'où je les vois : pour moi, FLA c'est une grosse machine pas bien fine mais capable de grâce. Un gros robot conçu pour les tâches de démolition et d'extraction minière, mais quand on apprend à la connaître un peu mieux, cette bécane rustre peut aussi recoudre les chairs avec du fil invisible à l'oeil nu, et raser un homme sans l'entailler. C'est comme dans Terminator 2 si tu veux, quand tu découvres (avec presque une larme au coin de l'oeil) que le T-800 peut s'auto-réguler pour faire dans le tir sélectif avec destruction matérielle en random sans perte humaine collatérale. C'est de la poésie qui parle au nerd et aux testicules en même temps. Sur Implode on est toujours dans de la série B comme sur tout album de FLA, évidemment : mais grâce à Bill Leeb et à ses rêveries on traverse des couloirs ténébreux, dans des vaisseaux spaciaux abandonnés, des plates-bandes à la Starcraft premier du nom... c'est aussi un genre d'ambiance Alien, le huitième passager. Plus que l'autre film de Ridley Scott avec Rutger Hauer, plus que du Georges Lucas, même si y a aussi de ça (mais dieu merci pas de Luc Besson)... Un FLA à l'ADN cinématographique donc, assurément. Presque symphonique, aussi, sous ses trames de beats toujours rigoureusement dark-EBM. Beau, sans nul doute. On est un peu dans la succursale militaire de Skinny Puppy, là où le danger des drogues et de la folie laisse place à des exercices de tirs au fusil-laser et des gymnastiques en apesanteur. Il y a un sens du détail, c'est évident : on entend même le souffle des tuyaux d'oxygénation du vaisseau sur un titre, on entend le poul de son moteur, croyez pas que dans l'espace on entend rien : on entend des choses. "Synthetic Forms", voilà, si ça c'est pas du Alien je veux bien renier mon lourd passif d'ado cinéphile qui bloquait sur les esthétiques gigeriennes. J'avais pas encore internet, dieu merci, et c'est aussi à ça que me fait penser la beauté de ce FLA : l'ère cybernétique d'avant internet, les dernière années, juste pendant l'explosion Matrix. Les années Strange Days, les années de juste-avant-le-millenium - qu'est-ce que je donnerais pas pour y retourner, des fois... vous c'est ptetre les années 60, 70 ou 80, eh bien moi c'est 99, l'année de sortie de ce FLA... et comme c'est raccord : je me fais cette réflexion au moment où "Unknown Dreams" fait ronronner ce qui semble être un sample piqué du Mezzanine de Massive Attack (ne surtout pas vérifier, ne surtout pas vérifier...) Des références toutes archi-usées en effet, toutes coincées entre 'ère analogique' et 'ère numérique', comme cette Playstation n°1 abandonnée, mais dont la magie fraîche et trouble, le caractère hybride "entre le rudimentaire et le sophistiqué" fonctionne toujours. Ajoutez à cela - pour revenir à des choses moins métaphysiques que la nostalgie - un artwork magnifique toujours signé Dave McKean, et vous avez entre les mains ce qui reste peut-être bien le meilleur Front Line Assembly. Au minimum le plus envoûtant. Un genre de miel d'androïdes, récolté en des temps dont la saveur mutante-transitionnelle ne pourra plus jamais être reconstituée (sinon artificiellement).

note       Publiée le samedi 31 mai 2014

partagez 'Implode' sur les rseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "Implode"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Implode".

ajoutez une note sur : "Implode"

Note moyenne :        5 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Implode".

ajoutez un commentaire sur : "Implode"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Implode".

Dun23 › jeudi 9 octobre 2014 - 08:44  message privé !

Il n'y a pas qu'Unknown dreams pour le sample Massiveattackien, le début de Torched est plus que référencé également. Mais on s'en fout, pas vrai?

Note donnée au disque :       
necromoonutopia666 › dimanche 1 juin 2014 - 09:49  message privé !

Pareil, la métaphore ps1 tape ultra juste,quelques polygones mal branlés mais putain quel pied c'était. C'était le futur aujourd'hui.

Note donnée au disque :       
Seijitsu › samedi 31 mai 2014 - 19:39  message privé !

Même réaction que Saïmone et la métaphore sur la PS1 fait très mal tellement elle est juste (mais c'est le genre de détail qui ne parlera qu'aux amoureux des 90s).

saïmone › samedi 31 mai 2014 - 19:19  message privé !
avatar

97-98-99-bug

Note donnée au disque :       
necromoonutopia666 › samedi 31 mai 2014 - 19:05  message privé !

Mon premier et mon chouchou...

Note donnée au disque :