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Lee "scratch" Perry › Trojan Upsetter Box Set

  • 2002 • Trojan TJETD021 • 3 CD

3cd • 3:26:23 min

cd1 : early shots at randy’s dynamic sounds (1968 – 1972) • 23 titres • 65:55 min

  • 1The Bleechers : Check Him Out2:24
  • 2Lee Perry & The Upsetters : Eight For Eight3:04
  • 3The Mellotones : Uncle Charly2:59
  • 4The Upsetters : Man From MI53:13
  • 5Dave Barker : Prisoner Of Love2:26
  • 6The Upsetters : The Vampire3:06
  • 7Busty Brown : King Of The Trombone2:31
  • 8The Upsetters : One Punch2:41
  • 9The Upsetter Pilgrims : A Testimony3:07
  • 10The Upsetters : Medical Operation3:07
  • 11Lee Perry : Yakti Yak2:39
  • 12The Upsetters : Clint Eastwood2:19
  • 13Lee Perry : Sipreano2:57
  • 14Dave Barker & The Upsetters : Tight Spot2:40
  • 15Bob Marley & The Wailers : Put It On3:33
  • 16The Upsetters : Put It On (Instrumental)3:32
  • 17U.Roy : Earthquake (Version)3:05
  • 18The Upsetters : Popcorn2:08
  • 19The Stingers : Give Me Power3:15
  • 20Addis Ababa Children : Well Dread Version 32:30
  • 21Junior Byles : Coming Again2:31
  • 22Prince Django : Hot Tip3:20
  • 23The Upsetters : Knock Three Times3:26

cd2 : collaborations with king tubby & classics from the black ark (1973 - 1978) • 17 titres • 66:59 min

  • 1Lee Perry & The Upsetters : Jungle Lion3:24
  • 2Charlie Ace & Lee Perry : Cow Thief Skank3:23
  • 3Jerry Lewis : Burning Wire3:12
  • 4Lee Perry : Bathroom Skank4:18
  • 5Lee Perry : Kentucky Skank3:29
  • 6The Upsetters : Operation7:20
  • 7Leo Graham : Want A Wine2 :54
  • 8Susan Cadogan : Fever2:26
  • 9The Silvertones : Rejoice Jah Jah Children3:10
  • 10Bunny Clarke : Move Out Of My Way3:42
  • 11Carlton Jackson : History8:03
  • 12Peter & Paul Lewis : Ethiopian Land3:42
  • 13Eric Donaldson : Freedom Street3:47
  • 14Junior Ainsworth : Thanks & Praise3:19
  • 15Jah Lloyd : White Belly Rat3:30
  • 16Danny Hensworth : Mr Money Man3:50
  • 17The Upsetters : Dub Money3:50

cd3 : late black ark mega-mixes & excessive post-ark mayhem (1977 - 2001) • 10 titres • 73:29 min

  • 1Lee Perry : City Too Hot8:38
  • 2Twin Roots : Know Love9:20
  • 3Sangie Davis & Lee Perry : Words8:45
  • 4The Congos : Neckodeemus7:36
  • 5Lee Perry : Introducing Myself4:16
  • 6Lee Perry : I Am A Madman5:57
  • 7Lee Perry : Time Marches On4 :18
  • 8Lee Perry : Exodus8:48
  • 9Lee Perry : For Whom The Bell Tolls10:58
  • 10Lee Perry : Evil Brain Rejector4:27

extraits audio

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enregistrement

Titres enregistrés par Lee Perry entre 1968 et 2001.

line up

(Voir liste des titres).

remarques

chronique

Voici le Timbré ! Et v’là la somme, ce coffret… Lee Perry, c’est entendu, s’est toujours tenu là, au milieu de ses pairs, comme le type dérangé, celui-de-l’espèce-de-ceux-qui-ont-grain. C’est indéniable, d’ailleurs, à l’écouter depuis ses débuts, à enchainer ses productions à travers les périodes. Certes. Dès le départ, le gars déraille plus qu’un peu. Et puis oui – c’est évident – ça fleurira, cette folie-là, un peu avant le milieu de la décennie soixante-dix. Ça donnera du sans-pareil à foison. On ne saurait pas trop où ça s’arrêterait, alors. Et à la fin, on ne niera pas non-plus : Scratchy a fini par se rendre compte du truc, de l’impact. Et le jeu de personnage par prendre le pas sur la création, le spectacle psycho sur les festins de déraison véritable... Ce qu’on oublie parfois, c’est que Perry – comme pas mal de ses semblables, producteurs, musiciens – fut un bosseur. Sans relâche. Bien obligé, d’ailleurs : la concurrence était rude, quand celui-là s’y est mis. C’est le début de l’histoire. C’est le premier disque du coffret. C’est encore rocksteady, parfois, voire ska. Ça bascule par moments dans le "conscient", le thème social. Parce que Scratch en est au moins sympathisant, de ces chevelus en paquets qui passent au studio Randy’s pour poster leurs prêches et leur version de l’Histoire. Même si lui, dans leurs mythes, s’en va fouiller du côté d’un louche chamanisme, d’une Afrique hantée au moins autant que terre sainte. Ailleurs c’est de la romance, pure soul adaptée à la lumière et aux palais du pays, de l’île. C’est à dire plus poignant dans la voix, encore, à force d’être expressif. Ça chante les héros locaux. Les tout-juste-tombés genre Don Drummond – vous vous rappelez, celui-là, qu’il avait refroidie sa chère et tendre avant de se rendre au comico ? Régulièrement, ça part dans le malsain délire, moitié pas propre et crapuleux. Drôle d’ambiance série B, Z, séquelles des films de la Hammer ou des Western ritals à la Leone. Ça cause volontiers fouet, injections, ça prononce empâté, embrumé, crasse, pesée de weed. Ça se signale en passant, tiens, d’ailleurs : dingue ou pas, Perry n’est pas le seul, alors et ensuite, à puiser dans le réservoir à fantasmes, images tordues, bandes populaires. C’est une part du canon, on dirait même, ces supposées déviances. Partout, là-dedans, le mec est sur le coup. Aux machines. Avec son groupe – The Upsetters – décliné en entités multiples, variantes infinies. Il cherche. Ils jouent. Les rythmes se multiplient : départs en pointes ou engluées. Scratch est derrière tout le monde : chanteurs, tchatcheurs, n’importe lequel qui tient son instrument. Toujours, il veut être en avant des autres. D’un détail trouvé, incongrus mis en avant, matière mal polie dont il prend le parti de faire sortir le relief – il faut dire que l’équipement est pauvre, encore, que la place manque sur la bande, qu’on se serre autours de peu de micros. Chaque fois ou presque, le gars trouve la curieuse couleur qui fait que ça se fiche là, qu’on ne peut pas résister. A force, il touche LE TRUC. Et on arrive au deuxième disque. L’âge où on ne le tient plus. Celui du dub libéré, déchaîné. Celui où le rythme s’enfonce et respire. Celui où du studio, Perry lâche les esprits alors que le sien part pour de bon en vrille. Tout prend de l’amplitude. Ça devient irrationnel. Ça se casse en plein milieu, souvent. On est aspiré dans le trou, la faille, on tombe dans cet inconscient du son qui – j’insiste un peu souvent là-dessus – est sa dimension véritable, justement, au dub. Et sa pleine mesure, au type dont on cause, aussi. C’est moins obsédé, peut-être, par les tortures et expériences, aussi par les galipettes. Mais pas moins possédé – on s’enfonce, on bascule, ça nous avale quelque soit le sujet. Que Suzanne chante La Fièvre ou Pierre et Paul une mythique Éthiopie. Ça devient un truc en suspension dans l’air, sa mystique, qu’on choppe comme une crève collante au printemps. Ça finit sur l’argent. C’est un paradoxe, ce gars, oui. Âpre au gain toujours, même en phase illuminée – tout ça en plein-simultané. Ça ne peut pas durer, on se dit, c’est trop plein à craquer de rien qui ne se puisse jeter. C’est là qu’on arrive au troisième, ultime disque. On sent bien que ça n’y est plus tout à fait. Qu’il reste des fonds de tiroir forcément pas dégueulasses vu le trésor fouillé. Qu’on nous cale un dernier classique : le Neckodeemus des Congos, version "discoplate" – c’est à dire que la version vocale et son dub s’y enchainent sans pause, indistinctes – déjà mieux entendue ailleurs (nommément sur le disque-bonus de l’album Heart Of The Congos, en édition Blood & Fire). C’est le moment, ce passage, où tout le monde fuit Perry. Plus personne ne le supporte. C’est l’épisode de la légende ou le Barge fout le feu à son studio et puis s’exile ailleurs – à New York puis en Suisse. Après ça commence la comédie. Chapeaux à miroirs, shows familiaux, camisole d’apparat. Et il faut bien avouer qu’elles sont bien molles, ces plages d’après qu’il ait cramé son Arche. (C’est en ’86, au fait, qu’il incendie ledit studio). "I am a Madman", dit-il. On voudrait bien y croire. Mais on s’ennuie, maintenant. Perry s’est posé. Il rentabilise. Il reste des éclats, parfois, des lueurs – l’intro de For Whom The Bell Tolls, tiens. Mais sinon ça recycle plutôt à vide – à quoi bon cette version d’Exodus, écrit vingt-trois ans plus tôt pour Marley, si c’est pour végéter au pied de l’ancien sommet ? … Lee "Scratch" Perry, en fait, est arrivé, à l’heure de ces plages. Depuis un moment, n’a plus rien à prouver. Sûrement, il s’amuse. Capitalise, disait-on au début, sur ces histoires répétées-déformées-amplifiés de capitons et d’incompréhensibles glossolalies. Grand bien lui fasse, et à ses fanatiques aussi, si marcher dans la combine leur procure le frisson. Au commencement, n’empêche, c’était sûrement autre chose. Retournons-y, tiens, à ce Check Him Out des dénommés Bleechers, en ’68 (examinez-le bien, oui… où est-ce que la mouche l’a piqué ?). On le retrouve non terni par la toute fin de toutes les suites. Il y en a quarante et plus, avant ça, qui font qu’on garde par devers soit la clé de l’asile (et puis de son atelier où ça ne se pique pas de chômer).

note       Publiée le jeudi 30 janvier 2014

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Dioneo › mardi 14 mars 2017 - 22:50  message privé !
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Je me réécoute ce gros triple-volume, là, le printemps approchant... Y'a vraiment un moment vers le milieu du CD1 - soit la charnière des années 60/70 ; pour ma part assez précisément avec Yaketi Yak et sa version dub/instru Clint Eastwood - où on sent qu'un truc commence à vriller sérieux dans la tronche du mec, et/ou que simplement ça ne lui dit plus rien de faire de la prod d'excellente qualité mais "normale"... Et décidément difficile de trouver de quoi jeter sur les deux premiers disques, ici, je l'entends toujours comme ça, vu d'ici.