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Virus › The Black Flux

9 titres - 50:50 min

  • 01/ Stalkers Of The Drift
  • 02/ As Virulent As You
  • 03/ Archives
  • 04/ The Black Flux
  • 05/ Intermission : Ocean Highway
  • 06/ Inward Bound
  • 07/ Lost Peacocks
  • 08/ Shame Eclipse
  • 09/ Strange Calm

enregistrement

Recorded and mixed at Amper Tone Studios, Oslo, June 2007-Juli 2008. Mastered at Strype Audio.

line up

Carl Michael Eide (Guitare & Chant), Einz (Batterie), Plenum (Basse)

remarques

chronique

Styles
avant garde
metal
post punk
noise rock
Styles personnels
nihilistic & painful metallic noise-rock

Il y a des disques que vous faites plus qu'attendre : vous les espérez. La vie n'est pas souvent belle, il n'y a pas et il n'y a jamais eu d'espoir ; nous ne sommes très sûrement que des erreurs cosmiques, mais la musique est une belle manière de supporter l'Absurde. L'âme créatrice de Carl-Michael Eide : parmi de rares autres choses, voici ma carotte principale pour avancer. L'Absurde a voulu qu'il survive à une chute de cinq étages, et qu'il soit toujours en mesure de créer pour nous après cela : la vie n'est pas souvent belle mais parfois bien faite. Voici donc le retour du Virus, ravivé par cette expérience mortelle et ainsi animé d'une flamme encore plus intense et sombre qu'avant. Presque trop intense ; de celles que l'on évite, car le Virus porte bien son nom et à ce jour, je ne connais pas de vaccin pour "The Black Flux" - pas plus que pour "Carheart". Ainsi, depuis des dizaines d'écoutes et pour des centaines à venir, je me fais aspirer dans cet humide trou noir auditif, puis j'en ressors, tel un miraculé masochiste, tétanisé et encore plus accro à cette petite mort. Carl-Michael Eide nous partage son Vide, nous fait vivre sa chute à chaque écoute - la fin s'approche inexorablement, et on aura beau survivre à toutes nos collisions avec son bitûme, on aura beau se remettre de presque tout et n'importe quoi, nous ne sommes sûrement que des erreurs sans âme et il n'y a toujours pas d'espoir. Juste la gravité comme adversaire, et le Vide quand le cerveau s'arrête de fonctionner. Musicalement, beaucoup placent (un peu trop facilement) ce disque comme la suite de "Written In Waters", ou un mix entre ce dernier et "Carheart" : personnellement, je pense que Carl-Michael Eide a accouché ici de quelque chose de totalement nouveau, reprenant certes toutes les fondations posées depuis la démo de Aura Noir en 1993 (dont l'on retrouve ici un des riffs de "Desert Of Sculptures" dans "Shame Eclipse"), mais en les recrachant sous une forme nouvelle, fluide et rampante à la fois, là où "Carheart" était désarticulé et extraverti - comme nappée d'un "strange calm" ambiant, d'une monotonie malsaine et hiémale, celle de l'Attente. Alors oui, extrêmement souvent je me prends à regretter la folie désormais presque douce de "Carheart", son funk désabusé, son immaturité nouvelle, ses routes gorgées de soleil et ses hybrides grotesques : "The Black Flux" est à l'image de sa pochette, à l'image de la Vie - froid, moche, perdu d'avance. Et c'est là que cet album est encore plus fourbe : dans sa laideur absurde, il regorge d'une beauté trompeuse car totalement illusoire. Je pourrais m'étendre indéfiniment sur ce paradoxe, tel un malade en phase terminale se gargarisant de souvenirs agréables pour supporter son ineffable chute vers l'oubli : les paroles sont sublimement écrites, graves et on ne peut plus acides (vous vous doutez de la teneur du sujet) ; "Inward Bound" est totalement traumatisante (mon dieu, cette voix...!), tout comme le dantesque final qu'est "Strange Calm" (titre inédit de Ved Buens Ende magnifiquement réorchestré pour l'occasion, voir le bootleg "Coiled In Obscurity") ; le travail (dis)harmonique est inoui de richesse et d'inventivité, le son est monstrueusement organique et parfait, la basse de Peter Berntsen est fidèle à toute la "tradition Ved Buens Ende" : sans répit, excessive, expressive et indispensable - tout comme le jeu de batterie de Einar Sjurso, inhabituellement sobre mais toujours aussi élégant et inspiré... Je pourrais vous en écrire une thèse, chaque morceau mériterait dix pages, "The Black Flux" étant aussi riche que ses prédécesseurs, voire plus - le malaise est ici millimétré comme jamais. Mais à quoi bon? La vérité, c'est que cet album est toxique, désâmé et douloureusement vrai ; Carl-Michael Eide a voulu faire sonner ce disque comme une fin du monde personnalisée pour chaque auditeur, et il a totalement réussi son coup. En nous petit-tuant à chaque écoute, Carl-Michael Eide nous fait vivre plus que jamais. Et ça fait mal. 5,5/6

note       Publiée le dimanche 14 décembre 2008

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Note moyenne        22 votes

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Jean Rhume › samedi 31 mars 2012 - 21:13  message privé !

Confirmation du pré-engouement de la chose.

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Fryer › jeudi 16 février 2012 - 19:22  message privé !

=)

J'aime un peu moins Carheart, je le trouve plus barré, moins sombre et surtout plus difficile d'accès. En fait, je crois que je ne l'ai pas encore bien assimilé même si je l'ai pas mal écouté.

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Jean Rhume › jeudi 16 février 2012 - 14:38  message privé !

Par ce simple commentaire Fryer, tu m'as donné envie d'aller écouter complètement au pif et putain, une bonne claque. Je ne connaissais pas du tout la clique Ved Buens Ende, même si j'avais vu le nom circuler de ci de là. Le phrasé étrange qui déboule à 2 mn du titre "The Black Flux" par exemple me fait un effet boeuf musqué. Légèrement dissonant, tendu sans être vraiment agressif, somptueux. Bref ça me cause, je vais creuser du côté de Carheart notamment. Merci.

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Fryer › mercredi 15 février 2012 - 21:41  message privé !

Plus ça va, plus c'est l'extase. Il a quelque chose de zarbi ce disque.

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Powaviolenza › lundi 12 octobre 2009 - 20:35  message privé !
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En fait je crois que je lui préfère définitivement Carheart. J'enlève une petite boule!

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