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Acid Mothers Temple › Pink Lady Lemonade (You're from Outter Space)

cd • 4 titres • 63:50 min

  • 1Pink Lady Lemonade – You’re from Outter Space - Part 124:07
  • 2Message from Outter Space17:59
  • 3Take Me to the Universe10:48
  • 4Pink Lady Lemonade – You’re from Outter Space – Part 210:56

enregistrement

Enregistré et mixé par Makoto Kawabata à l’Acid Mothers Temple, du 14 au 17 février et du 4 au 12 juin 2008. Produit par Makoto Kawabata.

line up

Audrey Ginestet (voix ; Cosmos), Hiroshi Higashi (synthétiseur ; Dancin’ King), Makoto Kawabata (guitare, voix ; Speed Guru), Shimura Koji (batterie ; Latino Cool), Pika (Pikachu) (batterie, voix, Cosmic Shaman), Mitsuru Tabata (basse, voix ; Malatab)

remarques

Le nom complet choisi cette fois-ci par le groupe est : Acid Mothers Temple and the Cosmic Inferno.
Artwork : Pikachu.

chronique

Mère Acide et ses enfants… On ne sait jamais trop d’avance, quand cette famille-là nous convie, nous ouvre un pan de grand-yourte-cosmique, ce qu’on va trouver sous les tentures et leur piquetage d’étoiles, sur les tables ou les tapis du banquet. Enfin… On a une idée des fragrances que ça va dégager, des couleurs, des vêtures – du bariolé sûrement, de l’entêtant, du végétal, des fumées, des lacis de gélatines projetés sur les tombés des voiles, des pans. Psychédélique, évidemment – c’est dans le nom, c’est dans les touches qu’ils se trimballent, chevelure et barbes fleuries, florissantes, chiffons noués, sandales et santal etc. Mais… Folk, cette fois ? Space rock déchaîné, sarabande motorique entre les galaxies ? Drones étirés en aurores boréales ou en brumes vespérales, crépusculaires ? Et puis… Qui y sera, hormis Kawabata et quelques autres membres-noyaux. (Oui, les membres d’Acid Mothers Temple sont des noyaux – mobiles et innombrables, tombés-plantés-poussés dans le verger, multiples comme les billes pondues sous les feuilles par l’arachnide – et tout ça se greffe, ante, mélange sève et sucs animaux sécrétés… Hmm, pardon, c’est cette musique, là. Je – parce que ça – m’emporte).

Qui et là, cette fois ? Eh bien : Pika, la moitié percussive d’Afrirampo. Et bien à la batterie, cette fois – pas seulement aux voix-de-l’espace, comme quelques années avant sur Minstrel in the Galaxy. Ce qui nous en fait deux, de batteries, là – comme chez le Grateful Dead ou comme chez The Fall ? (Ou comme chez Bombori, plus tard dans le siècle…). Je vous laisse pronostiquer… Pika qui toutefois chante aussi, là. Comme Audrey Ginestet (d’Aquaserge). Désignées respectivement « Chamane Cosmique » et « Cosmos » – ce qui nous en fait une cohérente, de sororie, dans la smala, la tribu étendue, les branches entre planètes de la généalogie. Deux batteries, deux officiantes qui susurrent ou psalmodie… Autant vous dire qu’on comprend vite : l’idée de la station du jour, c’est que ça va tourner, orbiter des mélodies, des cellules, plutôt que de sourdre en presque-stases à l’infinie (jusqu’à coupure). Dans le mille : ici tout arpège – boucles des guitares, séquences des synthés ; tout ritournelle et tout ça, chaque tourne individuelle, se combine, s’articule en ces rotations multiples, font un grand mobile aux phases fascinantes, ascension rotative vers l’exultation. Le module se déploie, irise, vrombit, siffle, se propulse – messages aux non-terrestres. Mais rien d’une collection du « meilleur de nos cultures » pour simplement leur donner idée, aux autres, récipiendaires peut-être, de hasard ou qui auraient guetté. C’est une invitation, plutôt – à la fête, à célébrer l’entente, le contact. Festin de timbres plutôt que parade ordonnée. Convolution des deux espèces qui se trouvent – à travers les éons. Les batteries font des boucles croisées – façon signe de l’infinie. La répétition – des bouts de phrase mélodiques, des phrases chantées presque sur une note en phrasé pulsé – enveloppent sans repos leurs axes fixes, mais en faisant varier, monter, se relâcher la densité, s’enrichissent d’harmoniques, se dépouillent au tour qu’il faut pour qu’un autre motif s’insuffle et emplisse, attrape le sens. Bien sûr, les guitares et claviers, comme toujours, s’ébrouent, filent, rhapsodent sur cette trame en perpétuelle expansion/contraction, effondrements et émergences. Cette fois – ça ne sera pas, ça n’est pas toujours le cas, chez eux, tous éléments semblant pourtant par ailleurs semblables, selon les disques, les sessions ; parfois même quand lesdits (éléments) le seront on ne peut guère plus (semblables, comparables), j’y reviendrai peut-être, ailleurs… – ça se tient magnifiquement, cet échafaudage aux ancrages non-fixes. Les retours sur le « thème » (les deux parties du titre éponyme – avec ces arpèges décidément obsédants sur deux accords) ; les épisodes médians, qui maintiennent entre les strates, où ça porte, balayent autour les horizons du voyage, les contours des bolides et autres corps astraux ; le chœur masculin sur la deuxième occurrence de la Dame Rose, Pika space-whisperant encore de longues lignes glissées puis joignant l’unisson jusqu’à ce que tout s’envole, explosion de lumière lente, déferlante intense mais intensément bonne, aussi – au sens du plaisir qui là-dedans vibre.

Oui : cet Acid Mothers Temple-ci (en dépit de la variante « enfers » évoquée par ne nom complet cette fois-ci donné au groupe…) est bon. Plaisir, j’insiste. Effervescent et chamarré – comme le titre, comme ce qu’il évoque. Fluide et pétillant – mais fort, chargé en effets secondaires (au vrai primairement énoncés par le collectif – « psychédélique », pour ceux-là, ça n’est pas une question de genre qu’on se donne, qu’on adopte en étiquette ; c’est le nom brut et vrai de la chose, de la substance travaillée et de l’action escomptée, moléculaire, sur le corps plongé dans ce liquide…). L’illumination – le céleste – est dans la jouissance. Et le « trip » est celle-là, inducteurs ou pas. Cette musique en est un, déclaré, ici encore, cette fois de plus pas déguisé en farce. (Ni l’inverse, d’ailleurs… Tant il arrive parfois que Kawabata et sa sainte cité nomade collent à leurs plus grosses farces les noms et prolégomènes les plus sérieux). Rendez-vous donc au stand de la Dame en Rose. Elle plonge sa louche et vous la verse limpide. Les bulles titille – leur son (fffsssssshhhhhhhhhhhhhhssss) prend soudain tout l’espace. Les verres sont consignés, à l’issue de la sauterie – dans la limite des dimensions où vous serez disponibles.

note       Publiée le jeudi 21 mai 2020

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Dioneo › vendredi 22 mai 2020 - 10:13  message privé !
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Ouip... un classique des fêtes foreuses - et si ce n'est, ce devrait, par la barbe (à poppa) de Makoto Ka !

Sinon j'insiste : la batterie et la voix de Pika, là-dessus, c'est pas rien, comme "en plus". Et pour avoir vu le groupe (dans un super cadre en plus) en concert avec à peu près ce line-up là (sans Audrey Ginestet qui à priori n'est là que sur un morceau, et avec l'ancien batteur de Ghost - les Jap psyché aussi, pas les masqués metal-pop norvégiens - m'avait-on dit à la place de Koji Shimura), je peux vous dire que ça prend encore une autre dimension comme ça ! (Bon, soleil couchant sur un décor néo-antique sur une des îles du Frioul, baignade avant pour se mettre bien, Pika qui fait des sauts de cabri par dessus les retours en agitant des gerbes d'herbes et en tapant sur des espèces de petits tambourins sans grelots... Oui, y'avait tout pour que ça prenne. Argh... Le temps où les concerts, ça allait de soi, quoi).

Note donnée au disque :       
Alfred le Pingouin › jeudi 21 mai 2020 - 19:54  message privé !

Ah mais celui-là, c'est une tuerie dans les usines à chamallow.

Note donnée au disque :