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Bardo Pond › Rise Above It All

cd • 2 titres • 36:36 min

  • 1Maggot Brain21:36 [reprise de Funkadelic#4820]
  • 2The Creator Has a Master Plan15:00 [reprise de Pharoah Sanders#6122]

enregistrement

Enregistré à la Lemur House. Produit par Michael Gibbons.

line up

John Gibbons (guitare), Michael Gibbons (guitare), Jason Kourkounis (batterie), Isobel Sollenberger (voix, flûte), Clint Takeda (basse)

Musiciens additionnels : Aaron Igler (synthétiseur sur The Creator Has a Master Plan)

remarques

L’édition CD créditée (de 2015) constitue en fait le disque 1 du coffret Record Day Trilogy de 2015, qui regroupe les trois volumes de reprises (deux titres par disque) sortis par le groupe à l’occasion du « Disquaire Day » entre 2013 et 2015.

chronique

Bardo Pond/ « Disquaire Day » (… ce franglicisme moche tout de même..)/Première. La bande attaque l’affaire par le versant pas forcément le plus attendu de leurs… Influences ? Substances musicales ingérée depuis des années et décennies ? … Bref : voilà que nos foncedés de Philadelphie s’immergent en pleine Great Black Music – dans une acception étendue, surtout pas dogmatique. La soul/rock/souk pas plus sobre qu’eux de Funkadelic, sur une face du vinyle. Le jazz cosmique, mondialiste, univers explosé, intense/serein de Pharoah Sanders, sur l’autre. A bien les écouter, c’était une évidence, en fait : qu’ils avaient dû s’en bouffer aussi – des agitations débordantes, foisonnantes, pléthoriques mais toujours incroyablement maîtrisés de ces autres Anciens. De leurs foudroyantes générosités. Alors… Voilà la longue plage de Clinton/Hazel – rendue là dans une intégrité/altérité bien à leur manière. Faussement semblable d’ailleurs, à la piste originelle, proche de certaines versions live entendues entre temps, par ceux qui l’avaient d’abord enregistrée. Ici recombinée – remontée comme des bribes hallucinées du morceau, ses échos repris dans leurs esprits, joués comme ils l’entendaient puis remis en couches superposées, bouclées, le thème-improvisé premier pris comme une base encore tournée autrement. Les deux guitares et la flûte qui jamment jusqu’à l’intoxication. Ce qui est fort : un feeling très proche, finalement – lysergique, OK ; mais toujours foutrement émotionnel, poignant – qui verse d’une version (celle de Funkadelic) à l’autre (la leur), alors que les densités comparées des deux prises seraient finalement presque opposées (épurée à ses lignes les plus élémentaires, le solo d’Hazel filant et tricotant sur un presque-vide chez Funkadelic : arpège d’une autre guitare claire et trace de la batterie enfouie au fond du mix ; empilement de textures de plus en plus impénétrables chez Bardo Pond, guitares qui bouillonnent d’abord couvées puis jaillissantes de saturation, de fuzz, batterie fracassée, mixée presque au même niveau que le reste, aussi en avant que les grattes des frères Gibbons… et la flûte, donc, qui chatouille les sens, en long introït puis en une sorte coda)… Voici, après, Pharoah Sanders passé à l’électrique – la flûte toujours là par ailleurs, élément près de la voix qu’elle remplace sur une bonne moitié de la piste (le yodle galactique de Leon Thomas sur l’originale…). Là aussi, étonnamment proche dans l’émotion, les… phéromones (?) dégagées, de la piste reprise, alors que la structure en est retravaillée, en profondeur. Le bruit précédent ici le groove puis le thème – là où ceux-ci étaient d’abord longuement exposés avant que survienne le break de boucan puis le retour à la boucle infinie, chez Sanders. La rythmique, là, bien plus scandée – carrée, la mesure comme raccourcie – que roulée. Une élasticité autre – encore une fois d’une autre densité (celle-là plus serrée, les bords ramenés plus près du centre – inversion centripète/centrifuge du mouvement ?). La gravitation pas moins perturbée/débrayée que sur la version originale, toujours. Et la voix d’Isobel, vers le milieu de la chose – liquide plutôt que noyée, à proprement parler, comme souvent flottant entre deux eaux (pas capable sans doute de l’imiter, le fameux yodle sus cité ; préférant à la place une espèce de scat tremblé qui déphase encore l’ensemble). Et les toms qui glissent – la fameuse scansion de la rythmique qui finalement se désaxe. Retour au chaos, à la jam où tout se dissout – lignes sous tension, volutes soufflées, cymbales tenues en bruit blanc continu. Et ça stoppe – comme du Bardo Pond (cette fois en fade-out). Nous laissant face-pyramide, plein désert dans une espèce de siroco. Le soleil voilé, en face, nous perçant un peu les yeux – sans qu’on sache plus (mais il faudrait s’en soucier, non ?) si c’est l’aube qui point ou le crépuscule qui s’apprête à tout avaler.

note       Publiée le jeudi 12 mars 2020

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Aladdin_Sane › vendredi 13 mars 2020 - 14:35  message privé !

Bon sang, cette reprise géniale de Maggot Brain... Bien content d'avoir choppé le coffret CD réunissant les 3 EP à l'époque.

Note donnée au disque :       
saïmone › vendredi 13 mars 2020 - 11:15  message privé !
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J'étais complètement passé à côté de cette série, c'est du très bon !