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Amorphis › Magic & Mayhem - Tales from the Early Years

cd • 12 titres • 57:37 min

  • 1Magic and Mayhem05:22
  • 2Vulgar Necrolatry04:43 [Reprise d'Abhorrence]
  • 3Into Hiding03:52
  • 4Black Winter Day03:54
  • 5On Rich and Poor05:23
  • 6The Exile of the Sons of Uisliu03:56
  • 7The Castaway05:55
  • 8Song of the Troubled One04:13
  • 9The Sign from the North Side05:03
  • 10Drowned Maid04:10
  • 11Against Widows04:18
  • 12My Kantele06:48

enregistrement

Enregistré par Sami Koivisto au Sonic Pump Studio, mars 2010. Mixé par Mikko Karmila au Finnvox Studio, avril 2010. Masterisé par Mika Jussila au Finnvox Studio, mai 2010.

line up

Tomi Joutsen (voix), Esa Holopainen (guitare), Tomi Koivusaari (guitare), Santeri Kallio (claviers), Niclas Etelävuori (basse), Jan Rechberger (batterie).

remarques

Sorti en cd et vinyle. Certaines éditions comportent en bonus la reprise "Light My Fire" de The Doors. Illustration par Kristian Wahlin.

chronique

Aujourd’hui, c’est un jour comme les autres, ce n'est même pas le premier avril, et les jours comme les autres, c’est chronique de réédition. Enfin, plutôt chronique de compilation de morceaux ré-enregistrés fourrés dans le même filet. "Qui ça ?" me demanderez-vous. Ben oui, Amorphis, au début d’années 2010 lui souriant en coin comme Blaise Pascal sur un billet de 500 francs va ré-enregistrer des titres de ses premiers albums, « The Karelian Isthmus », « Tales from the Thousand Lakes » et « Elegy » plus un titre de leur ancien groupe Abhorrence, faisant un petit clin d’œil sur la pêche au gros en eau douce et froide sur la pochette histoire qu’on ne se plante pas, même si ce "léger" détail peut plus titiller l’amateur de la revue du « Chasseur Français » imprégné de mystique ougro-finnoise que le métalleux qui a commencé à découvrir le death romantique du chouchou de Nuclear Blast au temps où on avait de l'argent. Hmm, à l’aise ? Blaise ? De toute façon, si on n’a pas le nez fin comme un aigle, ce poisson bleu sur fond bleu risque de laisser quelques arêtes en travers de la gorge, et plusieurs grands gousiers ont dû vite ranger leur Barbour quand ils entendirent ce son tout droit sorti du rayon « mer » de Grand Frais. Fini le "son organique". Bienvenue dans le XXIe siècle. Ce sont donc bien les mêmes chansons, et elles butent toujours autant (ou plus ou moins autant), sauf que… ceci n’est pas une remasterisation, c’est *rejoué*, centimètre par centimètre de poil de barbes, des cesterces fourrées dans les cornes de bouc, résultat : son mammouth, avec le nouveau préposé tout dreadlocké au chant et Tomi Koivusaari qui reprend un peu du service au micro pour ce tribute à eux-mêmes, faisant sienne une doctrine "jamais mieux servi que par son public et ses desideratas" sauce Nantua. Adiposité des guitares, batterie savoureuse comme un gros lapin en praline, voix posant délicatement ses mouchoirs sur le truc, claviers rustiques, petit pignon dans le grand pignon, bref, ce disque est travaillé comme une Volvo en cuivre. Alors, que dire ? Déjà que se dire de leur motivation à ré-enregistrer des morceaux tenant déjà bien aux tripes de leurs adeptes ? Je ne sais pas, je n’ai pas trop d’images en tête pour comparer… Mais si on s’imagine par exemple Mick Jagger ré-enregistrer Their Satanic Majesties Request "parce que hein Brian Jones il trippe quand même des fois un peu trop sur la musique indienne", il y aurait une épidémie mondiale de conjonctivite, et si on se dit qu’AC/DC va ré-enregistrer "Back in Black" avec AXL Rose "parce que quand même, cette voix de fouine quoi"… c’est la fin des temps, rien de moins. J’en fais un peu trop, je grossis le trait, mais le principal borborygme qu’on peut émettre à l’écoute de ce genre d’objet est sans doute : "bouarf ?". Donc certes c’est beau, c’est bon, et c’est bien, mais il y a forcément une puce qui démange dans la ré-interprétation de sa propre musique : au bout de vingt ans de boulot, on se prend pour Ludwig von Beethoven et on interprète ses classiques non pas dans des versions alternatives, mais comme des versions "avec plus de beurre dans la sauce nantaise". Parce que ce qui plait dans les versions acoustiques, ou instrumentales, ou encore dans les albums de remixes ce sont bien les visions autres de morceaux déjà bien bandants, relus, redits, c’est ce travail de restauration ou de canardage qu’on savoure, enfin, quand c’est bien ficelé. Ici, c’est toujours la même eau qui coule, avec injection de vinasse dans les guitares, la batterie, pour la foule, comme l’impression que le groupe s’est reformé avec des Magellan du doom accostant Liverpool tels des rugbymen quinquagénaires sensibles couverts de peaux de bêtes, se coiffant de masques à la gloire de Sam « Caveman » Losco. Ben alors ? Mais aloooors quoi : pourquoi ? J’ouvre le livret, je veux qu’on m’éclaire. Et je vois « on a fait ça pour notre anniversaire, pour les vingt ans d’Amorphis. On s’est dit : ouais, on peut sortir une compilation toute bête, mais non, on sait que vous les aimez ces disques donc vous pouvez penser tout ce que vous voulez, nous on sait qu’on a fait tout ça pour VOUS les fans parce qu’on vous AIME. On a rejoué ces chansons parce que les premières versions, vous les adorez. Donc on les a enregistrées à nouveau avec not’ nouveau chanteur, on les a un peu réarrangées avec l’aide du bassiste et du claviériste de maint’nant, juste pour vous faire plaisir. Cadeau (les sous c’est dans la boite en bois, au fond à droite, merci). Enjoy our brothers and sisters.». OK. Euh... OK, roh la la, j’ai rien dit, pfff, je ne savais pas que vous étiez aussi sympas les Amorphis. C’est un disque qui est donc agréable à écouter, mais ayant en tête tout ce que je viens de pondre, je peux difficilement me la raconter en clamant que cette réédition est un coup de put… de pub marketing, que le groupe a voulu faire plier le fan pour qu’il leur achète un disque de death de plus dans leur discographie. Je précise quand même : je ne suis pas un aficionado groupie d’Amorphis. J’aime bien quand Amorphis tabasse, quand il balance des synthés seventies et qu’il est groovy, style in a gadda da vida vida du Grand Nord. J’aime beaucoup moins quand le chanteur part dans des vocalises gnangnan et que les guitaristes derrière nous balancent de l’orientalisme au rabais. Ceci étant dit eh bien je suis prêt, en tant que non-fan transi à lui décoller son plâtre… euh à gifler son pâtre, non, à lui foutre son QUATRE. Voilà. Bon. Et bien ! A noter en bene pour les plus critiques d’entre-vous qu’en bonus de certaines éditions vous subirez la réinterprétation de leur déjà très bizarre reprise du Light my Fire de The Doors… que ceci ne vous détourne quand même pas trop, enfin, essayez de ne pas trop vous poiler comme une baleine après cette heure censée être un peu tragique et mystérieuse. Je sais, c'est compliqué... Mais cette compilation / tribute / album commémoratif me parait quand même bien sincère, et finalement assez intéressante, le groupe ayant quand même bien muté depuis leurs jeunes années pleines de « magie et de destruction » et c'est toujours curieux de voir se tamponner les époques comme ça, juste pour le plaisir des fans.

note       Publiée le mercredi 30 mars 2016

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taliesin › mercredi 8 février 2017 - 15:10  message privé !

Moi je trouve ça sympa, surtout après la chiée d'albums poussifs qui précèdent ! Et sur mon bonus, il y a la reprise de 'Light my fire', qui pour moi est franchement réussie :-)

Note donnée au disque :       
dimegoat › jeudi 31 mars 2016 - 10:59  message privé !

Le procédé de ré-interprétation est certes douteux et, si l'on excepte les exemples extrêmes que tu donnes, au-delà des considérations commerciales, ça peut faire flop (Suicidal Tendencies) mais aussi top (Hypocrisy).

Potters field › mercredi 30 mars 2016 - 17:36  message privé !

l'idée de réenregistrer les vieux morceaux avec le nouveau chanteur plutôt porté sur le chant clair pouvait faire douter. et finalement, bonne surprise, même si plutôt réservée à ceux qui méconnaissent le première époque du groupe.