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Brujeria › Mextremist Hits

cd • 20 titres

  • 1Séis séis séis
  • 2Santa Lucia
  • 3Sacrificio
  • 4Machetazos
  • 5Padre Nuestro
  • 6Molestando niños muertos
  • 7Castigo del Brujo
  • 8Matando güeros '97
  • 9Narco-peda
  • 10Brujo cirujano
  • 11Asesino
  • 12Hechando chingasos (live '97)
  • 13Poscido
  • 14Cristo de la roca
  • 15Papa capado
  • 16Seran mios para siempre (Fantasma remix)
  • 17Mecosario (Pinche Peach Torsido remix)
  • 18Marijuana (Escobar remix) (DJ Juju)
  • 19Piste cachée : Marijuana version... macarena
  • 20Piste cachée : conversation téléphonique

line up

Juan Brujo, Asesino, Fantasma, Greñudo, Pinche Peach, Guero sin fé, Hongo.

Musiciens additionnels : Maldito-X (crédité sur Asesino), DJ Juju (Remix de Marijuana)

remarques

Plusieurs éditions disponibles chez Picoroco Records (Chili), Kool Arrow Records (Etats-Unis), Rock Express (Serbie). L'édition chroniquée est l'espagnole, sorti en 2001 aussi chez Beat Generation, qui a également sorti une édition vinyle. Pas de précision sur l'identité des membres du groupe, ni sur qui fait quoi dans le line-up écrit dans la compilation, qui ne mentionne pas non plus les lieux d'enregistrement. Bon, il suffit de chercher deux minutes, je vous laisse faire. :)

chronique

Styles
metal
neo metal
metal extrême
death metal
grindcore
techno
Styles personnels
machete metal

Brujeria... j'ai une histoire particulière avec ce groupe. Ma première approche fut la lecture d'une critique de leur premier disque "Matando Güeros", traduction approximative du titre : "Buter des gringos / américains / riches blancs blonds". Le magazine de l'époque, Hard Rock Magazine je crois, disait que le projet était grotesque, que le coup de la pochette censurée aussi, les paroles complètement à côté de la plaque, la musique, indigente, grind / death sans une once d'originalité que le faux anonymat des auteurs rendait encore plus risible. 10/15 ans passent. Au hasard de mes pérégrinations, deux personnes vont me mettre la puce à l'oreille à propos de la Brujeria. Ce fut tout d'abord une collègue mexicaine dont le visage fut carrément éclairé par une joie qui faisait plaisir à voir quand on commença à discuter música et lorsque j'osai sur la pointe des pieds parler avec elle de Brujeria (faut faire gaffe des fois avec les groupes de grind goret quand on est en situation d'entretien qui fait mouche, n'est-ce pas messieurs ?). Là, une autre mouche m'a piquée. Quoi ? Un groupe qui ne parle que de Satan, d'enfants morts violés, de mules se faisant choper par la douane, d'ode à Pablo Escobar est... cool ? Un groupe qui met au pinacle O.J. Simpson comme modèle d'aide à la décision touche les filles ? Je me disais : quoi ? C'est pas tabou toute cette réalité morbide chez eux ? Je mésestimais comme un jeune blanc bec franchouille le rapport particulier que les Mexicains ont à la mort, les meurtres, l’État / la religion catholique (interchangeables), la police / la mafia (idem)... Un rapport qu'on ne retrouvera pas en Norvège par exemple... entre parenthèses, par souci de comparaison, voici ce souvenir post-Breivik à Oslo : quelques jours suivant le massacre, un flash spécial passe sur l'âge des morts, un homme se lève dans le bar où je prend mon petit déjeuner, et qui sans un bruit baisse le son alors que tout le monde se perd dans son bol de céréales... Darkthrone nous a pas fait de chanson là-dessus exactement, non ? Ben Brujeria va mettre lui (enfin, elle) des photos de vrais cadavres, vraiment torturés, décapités, pour des raisons tout aussi connes, et va en faire des chansons, et même plus, va faire d'une de ces pauvres têtes coupées leur mascotte (!). Bref. La deuxième personne que j'invoquerai ici comme jalon de cette histoire fut un autre fanatique du groupe. Connaissant chaque parole par cœur. Je fis donc plusieurs fois l'expérience d'écoute de cette compilation chroniquée en compagnie d'un expert de la question, ce qui me confirma bien tard qu'en plus d'être un objet culte au Mexique très suivi par une jeunesse parfois contestataire, le groupe avait ses groupies jusqu'en Europe où ce chant grogné avec son quota d'argot mexicain, cette guitare toute bête, ce décorum plein de cadavres à moitié brûlés faisait mouche, aussi, dans les cœurs des gringos metalleux. Revenons à l'objet même : cette compilation a comme particularité, en plus de brosser une bonne partie de ce qui est bon dans leur discographie de nous offrir des interludes extrait d'un documentaire télé mexicain à propos de groupes satanistes qui entraîneraient les jeunes à tuer des gens, à devenir nécrophiles, un peu comme le procès qui fut fait au "satanismo rock y asesinato" de Judas Priest, Slayer, Death in June, Didier Super ou NTM (cherchez le point commun)... Particulièrement ironique cette attaque d'un pauvre groupe de death quand on voit le body count après ces dernières années de "lutte contre la drogue" de l’État mexicain contre les narcos, et les "pertes collatérales" du business plan des producteurs trafiquants de coke, meth, cannabis, etc. On aura droit en plus à des bouts de singles, un morceau live de 1997 où on se rend compte à la fois de leur capacité frustre à composer du metal et de la ferveur du public. Ayant eu l'occasion de voir ce groupe mexicain en concert, enfin ce groupe anglo-américain au bout du compte des anonymes, cette ferveur du public latino-américain fait vraiment chaud au cœur... sing alongs à base d'appels au meurtre, hommage à l'unisson au Patron Escobar, haine des nord-américains, haine, ultra haine des nord-américains (ironie, encore...). La compilation saura donc ravir tous les fans du groupe (et des anonymes le composant, hé hé), tous ceux qui veulent écouter leurs premiers morceaux ressemblant aux premiers Napalm Death ou Carcass ("Séis séis séis" ou "Sacrificio"), ceux qui préfèrent plutôt leur côté Fear Factory / Neo Metal ("Cristo de la roca", "Narco-Peda"), et bien sûr les aficionados des hits interplanétaires ("Matando Güeros", "Molestando niños muertos" dégueulasse de chez dégueu, "Asesino" ou "Machetazos"). Vous devrez vous fader en fin d'album des bonus bizaros, un rituel à Satan complètement cono pour avoir plus de weed de tune et de nique, un morceau fada de salsa drum and bass de la coke plein le nez, "cabronéééé" et "chingaaaa" tous les deux mots... pour finir sur un "Marijuana" inspiré de la macarena (sic), version big beat et ensuite version euh... "BRUJA DANCE HIT DE L’ÉTÉ" (?), qui saura agrémenter vos fins de soirée complètement bourré, au mariage de votre cousin par exemple, un dimanche, à Tchernobyl. Une conversation téléphonique clôt la compilation (la flemme de voir de quoi ça parle, de fortes chances que ce soit une connerie de plus). Ne vous laissez pas avoir par l'aspect hétérogène de l'objet : je pense qu'ils ont vraiment bien pensé leur autoportrait ici, grind, néo, nawak, pour bien montrer à l'auditeur qu'on a affaire ici à un spectacle de Guignol (version XIXe, la vraie quoi, pas le truc à touriste), avec des faux narcopedos qui foutent des coups de machettes à des gringos tout en hurlant avec force bave "Satanas te cuidaaaa !", les bras et la tête secoués par des spécialistes internationaux du hardcore, du grind et du death metal... en somme una bonne comp' pour les metalleux du monde entier qui ont besoin de rigoler de la mort et de la vie ! (4,7)

note       Publiée le samedi 13 décembre 2014

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Sergus666 › jeudi 18 décembre 2014 - 11:40 Envoyez un message privé àSergus666

Ouais une bonne compilation mais surtout un super groupe a prendre au second degré... si pas plus encore. Maintenant, pour ma part, si vous devez achetez une compil de Brujeria, tournez vous sur "The Mexucutioners" (Roadrunner) qui est bien supérieure (à mon gout).