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Compilations - Bandes originales de films › Gummo

  • 1997 - London, 422-828 927-2 (1 cd)

cd | 19 titres | 74:11 min

  • 1 Absu - The Gold Torques of Ulaid [03:51]
  • 2 Eyehategod - Serving Time in the Middle of Nowhere [03:34]
  • 3 The Electric Hellfire Club - D.W.S.O.B [04:10]
  • 4 Spazz - Gummo Love Theme [02:52]
  • 5 Bethlehem - Schuld Uns'res Knoch'rigen Faltpferd [04:35]
  • 6 Burzum - Rundgang um die transzendentale Säule der Singularität [06:25]
  • 7 Bathory - Equimanthorn [03:39]
  • 8 Dark Noerd - Smokin' Husks [04:59]
  • 9 Sleep - Dragonaut [05:42]
  • 10 Brujeria - Matando Gueros 97 [03:15]
  • 11 Namanax - The Medicined Man [05:27]
  • 12 Nifelheim - Hellish Blasphemy [03:26]
  • 13 Mortician - Skin Peeler [03:16]
  • 14 Mystifier - Give the Human Devil His Due [05:29]
  • 15 Destroy All Monsters - Mom's and Dad's Pussy [02:00]
  • 16 Bethlehem - Verschleierte Irreligiosität [05:36]
  • 17 Mischa Maisky - Suite No. 2 for Solo Cello in D Minor - Prelude [04:24]
  • 18 Sleep - Some Grass [00:50]
  • 19 Rose Shephard and Ellen M. Smith - Jesus Loves Me [00:41]

line up

Absu, Bathory, Bethlehem, Brujeria, Burzum, Eyehategod, Mortician, Sleep, The Electric Hellfire Club, Spazz, Dark Noerd, Namanax, Nifelheim, Mystifier, Destroy All Monsters, Mischa Maisky, Rose Shephard and Ellen M. Smith.

chronique

Il y a des films, on en entend parler, on voit la tronche de l’acteur sur l’affiche, on se dit « bon dieu ça m’a l’air pas mal », et puis, évidemment, la procastination attaque la tête et tout part en quenouille. Il m’a fallu donc bien du temps pour visionner "Gummo". Alors, je ne suis pas un cinéphile acharné, et je ne me coltine pas les revues spécialisées, je discute pas le bout de gras, et j’ai même une certaine phobie des salles obscures. Donc je fais ça dans mon coin, comme un adolescent. Hé ! J’ai enfin trouvé mon amorce : l’adolescence ! A l’instar du Kids de Larry Clark dont la BO, dans un autre genre, cultive une belle mélancolie mortifère, Gummo partage le même scénariste, et un peu la même histoire : des gamins trainent, sans vraiment de but, et ramassent les saloperies de leurs ainés avec plus ou moins d’entrain. Ils sniffent de la colle, se tapent des prostituées pas chères, découvrent des maladies, roulent et restent scotchés sur des bancs ou des lits, et Chloé Sevigny. Ici, c’est pas New York, c’est l’Ohio, la cambrousse, mais ce sont les mêmes gamins - on pourrait ajouter toutes les autres villes du front de l'occident dans la liste. D’ailleurs, je rigole toujours en cape quand j’entends des « adultes » prendre comme bouc émissaire les « jeunes » dès qu’un comportement s’échappe, avec des « c’était mieux avant », des « aujourd’hui », et une certaine diabolisation de toute une tranche d’âge : je peux vous assurer que les gamins restent les mêmes minots, en 96, 97, 2007, 2016, même si le réalisateur s'amuse à coller une croix à l'envers au générique pour nous faire peur. Jeune, tu fais peur. C’est confirmé par ce film, mais il ne se résume pas à cela seulement : c’est aussi une succession de pièces très sensitives, très belles, très portées sur les excrétions, sur le corps toujours à moité à poil et sale du gamin qui traine, les yeux mi-clos devant un monde qui apparait dans toute sa crudité, cette espèce d’omniscience fatiguée de l’adolescent qui plie comme il peut devant les injonctions du monde. Et ce qui pourrait attirer d’autres chalands, c’est la bande son de ce film. Alors, comme toutes les BO, il y a des morceaux qui passent complètement à travers (ou alors même pas exploités?) dans le film, cf. Eyehategod par exemple ou le morceau de drum and basse glauque de Dark Noerd (complètement zappés dans le film, ou alors j’ai une mémoire trop pourrie). Mais ceux qui sont mis en valeur feront taire à jamais les grognons qui disent que le metal c’est pas ciné-génique. Bon, vous voyez la tracklist, ça reste dans l’extrême, putain c’est pas tous les jours qu’on trouve du Bethlehem, du Nifelheim, du Burzum ou du Spazz dans un BO de film bordel ! Mais exactement trois morceaux sortiront du lot, par leur justesse, par la délicatesse avec laquelle ceux-ci sont introduits dans le film - après l'avoir visionné, Dragonaut de Sleep rimera avec ballade en vélo ; journal intime avec Burzum ; Mystifier avec chat. Cette BO est donc patchwork mais je crois que c’est peut-être la seule qui tape autant dans le doom, le black, le grind, le sludge, le death, et pas les groupes les plus fédérateurs pour le grand public. Et cette BO est bonne, plus qu’une compilation, car elle révèle bien le jus du film, celui-ci étant une variation sur la bave séchée, le sang, les croutes, les tendances suicidaires, le regard fou des grands, l’hébétude des petits - deux scènes, une à base de bain sale et de spaghetti, l’autre sous forme de colle dans un sac, de confidences, les mêmes que tout le monde a fait entre potes, défoncé ou non : histoires d’environnement étranges, questions sur les personnes et leur bizarrerie, sur le pourquoi du développement de la vie, de son refus, en fond sonore du black metal, la conscience du vide, embrassée ou vomie… voilà ce qui joint ce film aux scènes dites « extrêmes » : enfin, extrêmes, c’est vite dit - c’est la vie tout ça, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise… le développement de l’humain n’est pas centriste. Ça bout la vie, ça éclate, le nez dans le curieux, les yeux dans le banal jusqu'à épuisement, on lève les bras, on essaye de grandir, et on s'écoute du Mortician, on porte des t-shirts de hard rock. L’aventure à chaque coin de rue, le désespoir à chaque carrefour, chaque battement de cœur étant sponsorisé par la déception. C’est un peu cela que vous revivrez dans cette BO - celle-ci ne marche pas quand on n’a pas regardé le film, contrairement aux objets qui tiennent tous seuls type « Trainspotting » ou « Pulp Fiction » : ici, après l'avoir vu vous pourrez vous le refaire par synesthésie, vous reverrez la tronche de ces mômes qui reniflent, ces travelling paresseux, vous revivrez cette chaleur moite, l’ennui, la bataille pour se lever le matin et pour oublier la responsabilité envers quoi que ce soit. Dans tous les cas, cette BO couplée à ce film relève du domaine de l’étrange, et pose de manière inédite pour l’époque les liens entre images animées et corpsepaints. Rare. Et c’est bien comme ça.

note       Publiée le lundi 27 juin 2016

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Rastignac › mardi 28 juin 2016 - 00:00  message privé !
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oh, je trouve que ça passe tout seul, faut juste pas s'endormir sur le Burzum.

Note donnée au disque :       
Klarinetthor › lundi 27 juin 2016 - 23:52  message privé !

C'te playlist aussi improbable que ce film. Comment s'enfiler tout ca d'un coup

Rikkit › lundi 27 juin 2016 - 16:09  message privé !

Larry Clark est un porc. Ce qui est dommage étant donné qu'en tant que réal, il est pas mauvais.

Grooink grooink

saïmone › lundi 27 juin 2016 - 13:12  message privé !
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dat movie, dat bo

Dead26 › lundi 27 juin 2016 - 10:57  message privé !

La fin de cette chanson elle rend fou... (sa voix)

Note donnée au disque :