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Curve › Gift

cd | 10 titres | 46:30 min

  • 1 Hell Above Water [04:04]
  • 2 Gift [04:26]
  • 3 Want More Need Less [04:35]
  • 4 Perish [05:16]
  • 5 Hung Up [05:55]
  • 6 Chainmail [05:11]
  • 7 Fly with the High [03:33]
  • 8 My Tiled White Floor [05:16]
  • 9 Polaroid [04:00]
  • 10 Bleeding Heart [04:10]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré, mixé et produit à Todal Studios par Curve & Ben Gross.

line up

Dean Garcia (basse, guitare, programmation, bruit), Tony Halliday (chant, bruits de guitare)

Musiciens additionnels : Flood (bleeps 2, 6, 8, 9), Kevin Shields (guitare 3, 4), Alan Wilder (cordes et ambience 9), Geno Lenardo (guitare 1, 5), Monti (batterie 3, 4, 6, 9, 10), Alan Moulder (guitare, 2, 10), Ben Gross (claviers)

chronique

Styles
rock alternatif
shoegaze
electro
pop
Styles personnels
électro-dream pop

"Rester ensemble juste pour les souvenirs". Amère constat. Jamais les paroles de Tony Halliday n'auront résonné autant avec le propre destin de Curve, qu'elle forme avec Dean Garcia depuis plus de dix ans alors. Eternellement à côté de la vague, d'abord précurseurs puis condamnés à rester dans l'ombre de leurs propres suiveurs, Curve n'a plus rien à espérer en cette début de nouvelle décennie. Plus rien à prouver non plus. Et du coup, peut-être débarrassés de la pression qu'ils s'étaient mis sur un album de retour sur-produit, alors qu'ils ont déjà du sortir par eux même une compilation de morceaux dont leur label ne voulait pas, Curve semble se retrouver. L'enchainement des trois premiers titres laisse espérer le meilleurs. Même plus qu'espérer, au vu de ce triumvirat de bombinettes en bonne et due forme comme à la grande époque, avec beats qui bastonnent et guitares stridentes et noisy bien dans la tradition shoegaze maintenant inscrite dans une histoire lointaine. Une différence cependant, qui se fera de plus en plus sensible au fur et à mesure que l'album défile, la production s'est bien éclaircie, on a élagué les textures surchargées, pas pour appauvrir le son intrinsèquement multi-couche de Curve mais bien pour l'aérer, le rendre plus lisible, plus digestible, le dernier essai ayant laissé une sensation de lourdeur inutile dans l'estomac. Et ce n'est pas le défilé d'invités prestigieux qui va contredire cette démarche qui tend vers le "moins mais mieux", si il y a toujours autant de bonheur à se repaître de ces vrilles guitaristiques (dont certaines concoctées par Kevin Shield de MBV, excusez du peu), de ces nappes électroniques atmosphériques (dont certaines concoctées par Alan Wilder de DM, excusez du peu), de ces beats lourds et prenants glissant de l'indus au downtempo, c'est parce que cette fois le duo anglais ne s'est pas laissé aller, à choisi scrupuleusement ses effets, et comme savoir choisir c'est renoncer, le son de Curve respire comme jamais. Comme, cerise sur le gâteau, ils se sont aussi cassés à réécrire des bons morceaux dignes de leur première période, ça se déroule tranquillement jusqu'au deux tiers, avec un ralentissement suave et plus langoureux que jamais sur "Perish" et "Hung Up", dream-pop électronique aux relents de trip-hop (celui de Cuckoo, celui qu'ils avaient façonné eux-même) plus mélancolique que jamais, dont les atmosphères planantes et vibrantes de multiples vagues synthétiques sont autant d'écrins à la voix de Toni Halliday, inchangée malgré les années, c'est à dire d'un sex-appeal assuré de vrai femme, sans jamais avoir à en rajouter dans le racolage pour dégager un trouble aussi suave qu'un grand parfum. La classe quoi. Bon, signe des temps et usure du couple oblige, la fin de l'album comporte quelque Garbageries un peu plus dispensables, surtout que dans le genre rien ne peu dépasser la science du single des américains sans vergogne, qui à la même époque s'était complètement réinventés, chose que Curve ne semble pas disposé à faire. Du coup l'enthousiasme provoqué par le retour en force impressionnant du début s'émousse légèrement même si au final, Gift porte bien son nom, son écoute étant plus agréable que celle de l'interminable précédent opus. Et il aura au passage apporté quelques pierres à l'édifice de l'oeuvre de Curve, groupe à tueries noisy-multi-couches : le génial "Want More Need Less" qui s'aligne avec n'importe lequel extrait des premiers EP et aux paroles introspectives dont la prod enfin lumineuse permet de goûter la profondeur; l'inquiétant et rampant downtempo "Chainmail" et ses guitare stridulantes. Et de s'achever sur un "Bleeding Heart" à la ligne de basse évoquant une cold-wave vaguement orientale et dont le refrain apporte une dernière touche sombre à cette ambiance de fin de règne, "You can't ever go back (…) it's not the same anymore.". Et comme une dernière saillie pour la gloire, le morceau s'achève dans une explosion inopinée et anticlimatique de guitares noisy, remisées au placard depuis quelque temps déjà, Toni Halliday ressassant un "Should have seen it coming !" qui donne un air de tragédie à ce qui fut, officiellement en tout cas, le dernier album d'un grand groupe malchanceux. Un duo de beautiful losers. Mais vraiment beautiful.

note       Publiée le samedi 14 juin 2014

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SEN › samedi 27 octobre 2018 - 15:25  message privé !

Quel intro ! Je valide aussi ! Gros Kiff aussi cet album

!
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TribalCrow › lundi 16 juin 2014 - 19:11  message privé !

"...officiellement en tout cas, le dernier album...", leur vrai dernier album est quand même "The New Adventures of CURVE" sorti sur un petit label et disponible en téléchargement légale sur leur site.

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TribalCrow › lundi 16 juin 2014 - 18:54  message privé !

Plus limpide et guitare plus shoegaze que le précédent, CURVE pourtant ne fait aucune concession et ça s'entend dès la terrible ouverture "Hell Above Water", suivie de "Gift" et du tubesque "Want More Need Less", qui s'écoulent de façon très fluide mais nous submergent. La suite n'est pas en reste avec des morceaux plus mélancoliques ("Perish", Bleeding Heart" ), qui virent parfois plus Trip Hop/Downtempo ("Hung Up", "Chain Mail" et ses guitares sifflantes). Et ce refrain piégeux de "Fly With The High" aérien après ces couplets technoïdes ! Les arrangements électroniques sont comme toujours bien ficelés. Un autre excellent coup du duo, bien accompagné ici.

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Seijitsu › samedi 14 juin 2014 - 15:27  message privé !

Oui, ils n'avaient pas écrit une telle usine à tubes depuis Doppelgänger (même si j'ai une légère préférence pour le précédent avec le temps, car plus riche). Si la comparaison avec le Garbage de la même époque est encore d'actualité, le résultat n'est pas du tout le même. Curve ayant réussi a sortir son disque le plus limpide sans se trahir et sans perdre en qualité, alors que Buch Vig et co ont plongé à corps perdu dans le FM des années 2000 pour le pire et pour le meilleur. Et même sur leurs albums les plus aboutis (donc des 90s), je n'ai jamais trouvé Garbage aussi excitant que Curve malgré la qualité des singles.

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