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Curve › Come Clean

cd | 13 titres | 57:15 min

  • 1 Chinese Burn [04:50]
  • 2 Coming Up Roses [04:32]
  • 3 Something Familiar [04:07]
  • 4 Dog Bone [03:13]
  • 5 Alligators Getting Up [04:37]
  • 6 Dirty High [05:22]
  • 7 Killer Baby [03:55]
  • 8 Sweetback [04:31]
  • 9 Forgotten Sanity [04:32]
  • 10 Cotton Candy [05:32]
  • 11 Beyond Reach [04:55]
  • 12 Come Clean [02:16]
  • 13 Recovery [04:48]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré entre Juillet 96 et Septembre 97 à Total Studios. Produit par Curve, Steve Osbourne et Tim Simenon.

line up

Dean Garcia (basse, batterie, guitares, programmation, claviers), Tony Halliday (chant, guitares, effets)

Musiciens additionnels : Flood (alien beeps), Alan Moulder (guitares), Justin Welch (batterie), Sally Herbert (violon), Toshi Skylab (bleeps), Ben Hiller (programmation additionnelle 7), Oskar Paul (Moog)

chronique

Styles
rock alternatif
indus
techno
Styles personnels
rock-indus-technoïde sexy

Avoir raté le coche, c'est moche. Essayer de raccrocher les wagons alors que le train qu'on avait soit-même annoncé est déjà passé en gare et a fait le plein, c'est un peu triste. Quelle idée pour Curve de revenir en cette fin de décennie alors qu'ils n'ont plus aucune chance de sonner avant-gardiste ? Pire, leur triste sort est maintenant de ressembler aux autres, à ce qui a déjà été éprouvé. C'est alors que je me vois dans l'obligation d'user de prétérition en rappelant qu'il est inutile de préciser que Garbage a raflé la mise à la mort du grunge en reprenant grossièrement la formule magique de Curve, l'efficacité des single en plus, l'agressivité noisy en moins. Du coup, quand Dean Garcia et Tony Halliday remettent le couvert en 1998, quelques mois avant que Version 2.0 en remette en couche, leur son semble être celui d'un groupe de suiveurs, personne ne les ayant vraiment entendu malgré leurs assourdissantes déflagrations quelques années plus tôt. Triste ironie qui n'est pas que circonstancielle, car leur mélange de rock-indus-technoïde-bruitiste puise alors aussi à la source d'autres grands noms de la décennie qui se sont imposés entre temps, un soupçon de Nine Inch Nails par ici, un morceau "chouravé" à PJ Harvey par là, un léger relent de Beth Gibbons dans le chant ici. En bref, le son de Curve n'est plus unique du tout. Et sans sonner franchement réchauffé, il ne peut plus qu'assurer de par la qualité des compos et faire, bon an mal an, le bonheur des amateurs du genre sans plus jamais être de ce qu'il était jadis, un incroyable ovni, unique en son genre et d'une puissance sans commune mesure. Satanées nineties qui après l'écroulement du grunge auront vampirisé au fil du rock alternatif toutes les tendances underground de la décennie précédente, l'électro, l'industriel, le gothique, tous ces éléments qui se retrouvent mixés dans la tambouille de Curve, toujours éclatante par moment mais seulement par intermittence, la faute à l'accoutumance, la faute à une certaine habitude d'avoir déjà entendu tout ça. Sur la forme, le duo ne lâche rien de son abrasivité coutumière, les textures sont toujours aussi travaillées, bien qu'ayant malgré tout lâché pour de bon les extraordinaires guitares shoegaze des débuts pour se concentrer sur un rendu beaucoup plus électronique. Tony Halliday reste une des chanteuses les plus sexy qui soit et ses paroles souvent bien trempées d'acide n'ont pas perdu leur tranchant. Le cocktail se savoure en fait avec un plaisir retrouvé, surtout sur les meilleurs morceaux comme ce "Something Familiar" qui rappelle les grandes heures du groupe. Le proto trip-hop de Cuckoo n'a pas cédé sa place à une immersion dans ce qui est devenu la mode du moment, même si les beats des morceaux plus downtempo (toutes proportions gardées, ça reste du Curve donc toujours à température de bouillon) laisse émerger une lascivité bien d'époque, la voix de Halliday laissant loin derrière le gros du troupeau des femelles qui inondent alors une scène déjà commercialement viable. Curve n'a jamais cherché à faire de la pop, enfin si mais ils n'ont jamais été foutu de l'assumer. Du coup ça fait toujours un peu trop mal aux oreilles alors qu'on serait tellement mieux dans un bar lounge, hein, les enfants du post-grunge ? Mais non, Curve rugit et braille encore, ses guitares dérapent sévère sur "Dirty High", la voix de Tony coasse comme une chatte en chaleur, vraiment sale. Le très cinématique "Alligators Getting Up" à l'air de racoler une bande-originale à la James Bond. Inutile une nouvelle fois de préciser quel groupe assurera le boulot en question quelques années après. Dur. "Killer Baby" s'enroule à partir d'une base électro-cosmique, Curve reniflant les effluves d'improbables dancefloor futuristes. Le duo court un peu après un techno-rock bruitiste qui infuse la migraine sur la durée, faute de soigner des singles susceptibles de les mettre enfin sur le devant de la scène. Pourquoi pas, c'est anti-commercial, ça ne risque pas de vendre trois cacahouètes et ça sent aussi un peu la résignation. Faire beaucoup de bruit pour plus grand chose, à l'image de ces quelques morceaux qui tirent en longueur ou qui transpirent trop leurs influences. Alors au sein de ce champ de grésillements et de beats agressifs qui résonnent irrésolument dans le vide surgit parfois un petit bonheur comme ce "Beyond Reach", clairement orienté électro et une de leurs plus belles réussites en terme de morceau lent, pas totalement leur fort pourtant. Là on y est les deux pieds dedans, dans la boite, c'est assumé comme tel, c'est pour faire rêver les raveurs, une pause cajoleuse en forme de cadeau soyeux de la part d'un groupe de rock que le rock n'a pas voulu aimer. Et eux en retour, lui feront payer. Pas concis, trop long, sans vrai point d'orgue, trop complaisant dans ses arrangements, tu parles d'un come-back suicidaire. Un acte manqué certainement. Et un rendez-vous manqué, logiquement.

note       Publiée le mardi 10 juin 2014

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SEN › samedi 27 octobre 2018 - 14:30  message privé !

J'avais pas été plus loin que "Doppelgänger" mais il est vraiment sympa cet album ! il va tourner un moment je pense !

Note donnée au disque :       
TribalCrow › dimanche 15 juin 2014 - 21:51  message privé !

CURVE continue son style unique, orienté grande dose Électronique plus dur et "minéral". Ici, ça frappe un peu de façon autiste dans leur trip, ce qui rend parfois l'écoute assez dur à aborder. L'album est varié tout en suivant sa ligne de conduite et excepté le morceau titre (affreux !), aucune réelle mauvaise chanson. "Killer Baby" et ses riffs tranchant qui surgissent derrière les samples, le feeling 007 de "Alligators Getting Up" et le groove technoïde planant de "Cotton Candy" sont de très bonnes choses.

Note donnée au disque :       
Seijitsu › mardi 10 juin 2014 - 18:10  message privé !

Comme l'album précédent, c'est un grower. J'aurais sûrement dit que c'était un retour en demi-teinte aussi à la découverte... Sauf que non. Les compos et la production déchirent comme avant et si ça sonne un peu moins unique, cela reste tout de même difficilement catégorisable (le name dropping serait de la taille d'un dico... Mais étonnamment, aucun groupe cité serait une comparaison pertinente tant Come Clean a su creuser sa niche avec sa kyrielle d'influences comme les bons groupes alternatif 90s). Seul défaut: un morceau titre aux couplet hideux (l'unique faute de goût de leur carrière en réalité). Du coup, l'album est seulement excellent au lieu d'être formidable. C'est l'avantage quand on est des génies.

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