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Curve › Cuckoo

cd | 10 titres | 45:52 min

  • 1 Missing Link [5:00]
  • 2 Crystal [4:02]
  • 3 Men Are From Mars, Women Are From Venus [4:37]
  • 4 All Of One [4:20]
  • 5 Unreadable Communication [5:51]
  • 6 Turkey Crossing [4:54]
  • 7 Super Blaster [4:01]
  • 8 Left Of Mother [4:11]
  • 9 Sweetest Pie [3:59]
  • 10 Cuckoo [4:57]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré aux Todal Studios par Alan Moulder - Mixed à the Church par Alan Moulder et Darren Allison - "Enregistré entre décembre 92 et Mars 93 dans le studio de notre cave à Kilburn, London" - Masterisé à Master Disc NY par Howie Weinberg - Produit par Curve, Flood (pistes 1 à 4 et 7 à 9), et Steve Osborne (pistes 5, 6, 10)

line up

Dean Garcia (Guitare, basse, programmation), Toni Halliday (chant)

Musiciens additionnels : Flood (électronique analogique et bleeps), Monti (batterie sur 2 et 7 à 9), Alan Moulder (guitare), Alex Mitchell (guitare), Debbie Smith (guitare), Steve Osborne (guitare), Sally Herbert (violon sur Left Of Mother & Superblaster)

remarques

Artwork : Flat Earth & Vaughan Matthews.

chronique

Styles
rock alternatif
shoegaze
trip hop
Styles personnels
dream pop électronisante

Le coucou est cet oiseau fourbasse qui pond son œuf dans le nid d’un autre, de sorte que d’innocents parents moineaux ou mésange s’échineront à nourrir un gros oisillon noir et hirsute, un genre de Tanguy à plumes à l’appétit bien plus vorace que le commun des bébés oiseaux. En appelant un album ainsi, Curve voulait-il signifier que son appartenance à la couvée Shoegaze n’était que transitoire ? En 93, le genre périclite doucement, laissant la place au trip-hop, vers lequel Curve semble vouloir se tourner, prenant son envol vers un genre ô combien plus porteur commercialement. Ironie, c’est ce son-là, mi-trip hop mi-rock, que pompera sans vergogne un groupe de ricains plus british que nature, les célèbres Garbage. Curve a perdu beaucoup de son charme dans ce virage (sans jeu de mots) ; le son est moins noisy mais pas plus aéré pour autant, ce qui aurait pourtant mis en valeur la voix suave de Toni Halliday, qui semble avoir bien plus de trucs à raconter que Beth Gibbons et Shirley Manson (en plus d’être plus jolie, mais c’est une autre exégèse). Unreadable Communication, par exemple… Mais le public préfère les pleureuses aux cow-girls amères ("I’m anything but your kind"). Dommage, vraiment, que cette voix reste étouffée façon baba au rhum dreampop, ce qui en 93 commençait à lasser. Surtout que si tout cela devait alors sonner futuriste, aujourd’hui ne reste que la surproduction et ces basses électroniques furieusement mid-90’s. La team de prod Flood/Moulder/Osborne aura eu le nez plus creux pour Violator ou Downward Spiral. Ici, c’est chou blanc.

note       Publiée le vendredi 6 juillet 2012

chronique

Styles
rock alternatif
indus
shoegaze
pop
Styles personnels
noise-pop allumeuse

C'est toujours bien de frapper fort d'entrée, de faire impression. Un morceau comme "Missing Link" placé en tête d'album, ce serait comme pratiquer la politique de la terre brulée. Après une telle boucherie ne reste qu'un champ de ruine, et ce sera impossible de poursuivre sur cette même lancée. C'est une bombe à neutron qui te rase le paysage, c'est un maillot jaune de Tour de France, donc boosté aux hormones, forcément personne ne peut suivre derrière. Mais Garcia et Halliday sont des petits malins, ils ont plus d'un tour dans leur sac, ça date de leur premiers EP, ils savent qu'ils peuvent aisément ralentir le tempo sans perdre la densité de leur mur du son, sans faire de compromis dans leur esthétique. Comme ça émerge doucement sans dire son nom pas loin de Bristol au même moment, certains titres au beats envoutants évoquent de loin un trip-hop encore naissant, d'autant que Toni Hallyday se fait plus suave que jamais. Mais Curve est en fait plus naturellement porté vers une tendance industrialo-popesque qui fera les grandes heures d'Alternative Nation sur MTV en cette décennie où l'underground finit par affleurer partout à force de secousses sismiques. Curve aussi aurait pu se payer une part du gros gâteau, sauf que manifestement ça ne les intéresse que moyennement. Ils sont trop tordus sans doute, trop intraitables dans leur amour des guitares shoegazing qui percent les tympans, qu'ils empilent encore impitoyablement. Et paradoxalement, ils sont aussi trop pop pour cette génération X qui se plait dans la lourdeur dépressive du grunge, trop sexy malgré l'amoncellement de cumulus noirauds soulevés par ces textures abrasives, dissonantes, par ces frappes graves de beats mécanisés. De la lourdeur, il y en a pourtant chez Curve. Non, pas de la lourdeur. De la densité, c'est bien le mot. C'est chargé comme un orage sur le point de faire péter sa tension, et comme lui saturé d'humidité, sexuelle. Halliday, à la voix mise plus en avant que sur les premiers opus, dégage une sensualité sans égale, ondulant au dessus de ces lignes de basses allumeuses à souhait. Là encore, Curve a trouvé ce qui ferait trembler le public quelques années plus tard, des beats lourds, des voix féminines suintantes, des ambiances nocturnes et downtempo, "Men Are From Mars, Woman Are From Venus" est à foutre l'incendie à n'importe quelle libido en berne trainassant sa fin de nuit dans un club enfumé. Faut juste savoir encaisser la charge sonore, point sur lequel le duo n'accepte aucune concession, c'est même encore plus concentré qu'avant, les touches d'électronique prenant une ampleur importante dans le tableau, le colorant de nouveaux tons synthétiques, froids et hypnotiques. Curve procède par empilage de strates contradictoires, déverse des limons antagonistes dans leur embouchure sonore toujours plus vaste, allant même jusqu'à faire un coude acoustique (guitare et violon) bien traître, juste histoire de dérouter mais sans y laisser des plumes, on nage toujours en eaux profondes et irisées de milles couleurs. Et toujours des mélodies, partout, qui restent en tête malgré le déferlement de décibels. A l'écoute de "Superblaster" deux choses viennent à l'esprit : d'abord comment ce morceau n'est-il pas devenu un classique qu'on entendrait encore aujourd'hui sur toutes les radios nostalgiques des 90's, et surtout, Curve n'aurait-il pas fait la connerie d'envoyer un exemplaire du single dédicacé à Butch Vig ? Je sais, c'est lourd d'y revenir dans chaque chro mais enfin bon, c'est ici tellement flagrant. L'album se clôt sur un "Cuckoo" tout en redescente délicate de trip, ou de frisson post-orgasmique avec voix échantillonée en boucle, ça aurait du marcher. Ca ne marchera pas. Mauvais moment, mauvais endroit, tout le monde connaît ça. Split momentané, avant de revenir y voir quelques années plus tard ce qui aura été récolté, de ce qu'ils ont semé.

note       Publiée le jeudi 6 juin 2013

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Seijitsu › samedi 28 septembre 2013 - 15:53  message privé !

Et la suite elle arrive quand ? Il y a encore du boulot pour la réhabilitation.

Note donnée au disque :       
Seijitsu › jeudi 6 juin 2013 - 14:30  message privé !

Clap clap clap

Note donnée au disque :       
saïmone › vendredi 7 septembre 2012 - 18:19  message privé !
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J'hésite entre "vous êtes trop vieux" ou "trop jeunes".

Seijitsu › vendredi 7 septembre 2012 - 16:57  message privé !

Je vois de quoi tu parles pour le Medicine même si c'est un peu exagéré (ça concerne un morceau quoi, le dernier). Quant à Curve, je ne vois pas du tout en quoi ça a vieilli, ils étaient même en avance sur le reste du troupeau. Quand à MBV, ils ont beau être parmi les meilleurs du genre, Loveless a les deux pieds bien ancrés dans cette période (entre la fin du baggy et le début de la britpop). Ça l'empêche pas d'être un chef d’œuvre évidemment, mais rien qu'au son, tu sens que ce truc date du début des 90s. Curve, ils ont l'avantage d'avoir fait côtoyer des éléments qu'on ne retrouvait pas à cette période (et par la suite aussi tiens, ou alors donne des noms parce que je n'en vois pas) et c'est pour cette raison que ça en fait un groupe passionnant. Mais il faut croire que la perception en musique n'est pas toujours la même selon les personnes.

Note donnée au disque :       
dariev stands › vendredi 7 septembre 2012 - 16:47  message privé !
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Ben justement, Downward Spiral et Violator ont moins vieilli, je trouve. Je pourrai citer tellement de groupes du meme genre qui ont mieux vieilli... Tout le shoegazing en fait. MBV en tête. Voire Medicine pour "her highness", qui intègre un peu des influences "trip-hop", ou du moins plus syncopées...