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Curve › The New Adventures of Curve

téléchargement | 9 titres | 53:37 min

  • 1 Answers [05:29]
  • 2 Till the Cows Come Home [06:56]
  • 3 Every Good Girl [07:39]
  • 4 Cold Comfort (Deepsky Remix) [06:26]
  • 5 Star [06:47]
  • 6 Nice and Easy [03:27]
  • 7 Signals and Alibis [07:13]
  • 8 Sinner [05:12]
  • 9 Joy [04:28]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré sur Mac Pro Tools entre Janvier et Mars 2002.

line up

Tony Halliday (chant), Dean Garcia (basses, guitares, batterie, programmations)

Musiciens additionnels : Alan Moulder (guitares, effets 2, 5, 7), Deepsky (remix 4)

remarques

http://curve.bandcamp.com/album/the-new-adventures-of-curve

chronique

Styles
rock alternatif
electro
techno
pop
Styles personnels
elctro-pop engourdie

Le titre a tout d'un oxymore. Chez Curve rien n'a été nouveau après que tout ait été posé d'emblée. Et ce n'est certainement pas alors qu'ils sont arrivés à bout de course qu'il vont modifier radicalement leur trajectoire. La pochette évoque d'ailleurs fortement celle "Doppelgänger", premier album qu'il n'auront finalement jamais égalé par la suite, à la différence près que l'amoncellement d'objets (poupées désossées et malsaines sur la pochette du premier) est ici constitué d'écouteurs en tout genre, l'air de dire "vous n'avez donc rien entendu" ? Peut-être un trait d'humour noir de la part du duo anglais qui aurait pu intituler ce dernier opus sorti par leur propres soins (d'abord sur un label maison puis directement sur leur site internet) "Y a un peu plus, je laisse ?". Toujours produit par Alan Moulder, M. Tony Halliday lui-même, ces "nouvelles aventures" ont les guitares en berne alors que le duo s'enfonce de plus en plus profondément sur son versant électronique gentiment indus, neurasthéniquement dancefloor. Des morceaux qui s'étirent, se trainent en morne dérives d'électro-trip-hop fatigué, la colère et la hargne des début semblent bien loin. Le fuzz de la dream-pop saturée fait à peine un petit salut sur "Nice n Easy", qui seul porte vraiment encore la trace du son originel du groupe. Pour le reste, la voix de Tony Halliday, qui se refuse à vieillir et garde la même sensualité grave et intimidante que par le passé, déroule des paroles désabusées, on le serait à moins, sur des ballades électroniques aux remous mélancoliques. Et répétitives, la faute à la durée parfois excessives des pistes, travers qui trahit quand même un certain manque d'inspiration qu'on pallierait par du délayage à tout va. L'album sent d'ailleurs un peu le remplissage, voire ce remix interminable de "Cold Comfort" (jamais compris pourquoi on colle un remix d'un morceau par ailleurs sorti nul part ailleurs sur un album studio) ou ce dernier morceau chanté par Dean Garcia qui ressemble à tout sauf du Curve (on dirait une démo pop un peu pétée de Sonic Youth circa 92 sans le caractère ni le son), ou encore ce premier morceau assez vite saoulant (les paroles, bordel, Curve, c'est pas digne de vous) qui donne dans une veine technoïde vaguement indus qui n'aurait même pas été retenue pour une face B du temps de "Come Clean". C'est triste à dire, mais quand Curve ne fait pas le boulot, leur son est susceptible de virer à la caricature, et c'est exactement ce qui se passe ici sur une partie de l'album, un sentiment de déjà entendu en mieux, en beaucoup mieux, en beaucoup plus percutant. Alors faut sélectionner sévère, garder ce "Till the Cow Come Home", pas transcendant mais assez chiadé atmosphériquement pour rappeler le bon temps, avec les guitares de Garcia qui reviennent à l'assaut, ce "Star" au refrain délicieusement tristos avec son goût prononcé de rock alternatif nineties déjà passé à l'as depuis un bout de temps (pour tout dire, on dirait du bon Garbage, désolé d'avoir à y revenir) et puis ce fameux "Nice n Easy" qui renoue un instant un peu plus avec le son de la noise-pop qui aurait pu faire la gloire du groupe. Ca se termine mieux que ça n'avait commencé avec deux ballades certe délayées mais avec un amour de la mélodie qui se marie avec le travail sur les textures à la fois hypnotiques et sensuelles, l'aérienne "Signals and Alibis" et la d'autant plus déprimée "Sinner" où on entend la voix de soie de Tony Halliday sussurer "it's the last goodbye", une dernière fois. Drôle de parcours que ce duo systématiquement passé à côté, parti trop fort et revenu trop tard, mis au ban du canon et qui méritait mieux que le statut du groupe culte et oublié auquel il semble remisé une bonne fois. "It's better to burn out than to fade away", comme disait l'autre.

note       Publiée le samedi 30 août 2014

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TribalCrow › jeudi 4 septembre 2014 - 15:06  message privé !

Bien châtié, bien aimé alors ! Je voulais dire le CURVE le plus faible donc juste un bon album mais non ! Ces Nouvelles Aventures ont leur côté Trip Hop Indus/Downtempo avec la voix toujours parfaite de Tony, pas nouveau pour le groupe, avec ces morceaux hypnotiques qui prennent leurs temps. La guitare intervient rarement mais toujours à bon escient. "Till the Cows.." résume bien cela avec ces couplets Electro et son gros riff au refrain avant une outro sensuelle et planante au vocoder magnifique. Seul le dernier titre, étrangement Sonic Youth en effet, est à part, mais c'est la façon dont nous dit au revoir l'homme de l'ombre de CURVE (et passe mieux que le délire similaire "Come Clean" sur l'album du même nom).

Note donnée au disque :       
(N°6) › samedi 30 août 2014 - 15:32  message privé !
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Qui aime bien châtie bien.

Seijitsu › samedi 30 août 2014 - 15:24  message privé !

Sévère le boulage. Il est excellent ce dernier Curve, comme les précédents. J'ai cru pendant longtemps que c'était facilement leur album le moins mais en fait non. Il n'y a rien de moins bon chez Curve (ou alors, c'est rare) et c'est ça qui est incroyable chez eux. Je suis pas d'accord avec la plupart des dires de Monsieur 6. Le remix de Cold Comfort est une boucherie et rend obsolète l'original (et ce n'est pas le genre de chose que je dis souvent tant les remix sont rarement à la hauteur du matériel de base) qui ne sera trouvable sur une compilation bien plus tard. Idem pour le premier morceau dont on n'a que faire des paroles (mais c'est vrai que chez Curve c'est en général très chiadé de ce côté là donc je peux comprendre la déception), parce qu'on est captivé par son groove hypnotique. Hypnotique, c'est le mot. Un album grower qui prend son temps et serpente sans ennuyer avec ses ambiances et ses mélodies prenantes (un peu comme la seconde partie du Disintegration de The Cure, les amateurs doivent se retrouver sur ce dernier Curve pour des plaisirs similaires). Seul défaut, un dernier morceau qui fait effectivement sous Sonic Youth/Strokes quoique pas désagréable. Il faut croire que Dean Garcia voulait se faire plaisir au chant. Il a profité de la fin de la carrière de son groupe pour tenter un truc.

Note donnée au disque :