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New York Dolls › New york dolls

  • 1973 • Mercury 6338 270 • 1 LP 33 tours

lp • 11 titres • 00:00 min

  • 1Personality Crisis
  • 2Looking For A Kiss
  • 3Vietnamese Baby
  • 4Lonely Planet Boy
  • 5Frankenstein
  • 6Trash
  • 7Bad Girl
  • 8Subway Train
  • 9Pills
  • 10Private World
  • 11Jet Boy

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Todd Rundgren - Arrangé par les New York Dolls - Enregistré aux Record Plant Studios, New York - Masterisé à Sterling Sound. - Ingés-son : Ed Sprigg, Jack Douglas

line up

Todd Rundgren (piano, moog, production), David JoHansen (chant, harmonica, gong), Sylvain Sylvain (guitare, voix, piano), Jerry Nolan (basse), Johnny Thunders (guitare, voix), Arthur Harold Kane (batterie), The Fantastic Buddy Bowser (saxophone)

remarques

chronique

Styles
punk
rock
Styles personnels
glam / rock’n’roll stonien / proto-punk

Je trouve cette pochette fascinante. Je ne suis pas le seul, me direz vous. Les New York Dolls, de l’avis de tous, à l’époque où cet album est sorti, faisaient peur. Personne ne voulait d’eux, sauf les français, totalement fasciné par cette bande de junkies, aux antipodes de tout ce que l’Amérique avait à offrir comme shock-rockers professionnels… Tout comme Iggy, et par opposition à un Alice Cooper, ces types vivaient leur art jusqu’au bout, habillés en drag-queens à la scène comme à la ville. New York Dolls, ce n’est même pas un joli nom inventé par un manager aux dents longues, c’était le magasin de réparation de poupées monté par Sylvain Sylvain, le bassiste, au début des 70’s. Pourtant, à ceux qui désireraient découvrir le punk new-yorkais "old school", on conseillera plutôt de commencer par Richard Hell ou Patti Smith, car ce premier album n’est pas vraiment un chef d’œuvre. Ça commence même assez mal, avec ce Personnality Crisis que j’ai toujours trouvé trop simpliste, avec son piano 50’s et son côté Little Richard mal peigné… (qui était la première folle du rock, bien avant les Dolls ou même les Stones le temps de la face B d'un single) Looking for a Kiss est déjà plus amusante : “when I say I’m in luv, you bes’ believe I’m in luv, L-U-V !” envoie JoHansen, tel un gigolo monté sur des talons de 22 cm, toisant le monde indifférent du haut de sa condescendance new-yorkaise. Tout ce qui ferait le punk était déjà là : le culte parmi les rock critics, mais l’indifférence du public, le son crado, la gouaille, les histoires de dope et de putes...
Avec en plus ce petit côté rétro qui fait tout le charme du mouvement glam rock, ici clairement axé sur les cabarets et sur l’androgynie d’un Mick Jagger sur lequel tout New York semblait fantasmer (cf Patti Smith, à la même époque), sans oublier les "girls groups" (groupes de pop féminin du début des années 60, aux paroles volontiers dures et osées), cette madeleine de proust que seuls les maniaques du passé apprécient, et auxquels les Dolls voulaient clairement ressembler. En fait, plus qu'un groupe de rock, les Dolls étaient un genre de troupe de spectacle cabaret, parodiant les idoles du rock en cette année ou on commence à contempler le passé (cf. le livre Rock Dreams). Il y a du Glitter Twins dans le tandem JoHansen/Thunders, mais aussi du Kim Fowley dans le look... Parachuté dans ce cirque, Todd Rundgren, jeune producteur alors en plein faste psychédélique et albums-concepts, semble en décalage absolu. Le choc sera rude : épuisé par le groupe qui refuse d’accorder ses guitares, il touche à peine au boutons et se contente d’enregistre la chose brute, avec tous ses défauts. Androgyne également, certes, dans un pays ou le glam rock n’a eu aucun impact commercial (lui aussi n’aura pas droit à la gloire), il était tout voué au futur et à la technologie, là où les Dolls semblaient nier toute idée de progrès dans le rock’n’roll. Régressif ? A fond. Bien plus que les Stooges ou même les Ramones, qui amenèrent quelque chose de nouveau (les Pistols, eux, étaient juste débiles). Les New York Dolls n’avaient vraiment aucun futur. Avec leurs lyrics argotiques 100% ruelle, ils étaient le mauvais goût suprême et nécessaire au rock pour se délester de son trop plein superflu accumulé après toutes ces années. Pas de scène punk new-yorkaise sans eux. Pas de punk anglais non plus. Pas de Bernard Menez (mais si, souvenez vous, "woh oh oh Jolies Poupées"). Trêve de blagues, il serait inutile de nier le statut de pionniers d’un tel groupe, aujourd’hui reformé pour récolter un peu du succès qu’il n’aura pas entrevu de son vivant, relégué au rang de phénomène de foire de série Z. Et c’est là qu’il faut faire la distinction, indispensable, entre l’importance historique et la qualité musicale… Car objectivement, sans atteindre les profondeurs des Sex Pistols, ce premier album est tout de même sacrément endimanché… De Looking for a Kiss à Trash, on oscille entre le maladroit forcément charmant et la nullité à la Shaggs (Lonely Planet Boy, morceau culte en dépit – ou à cause – du fait qu’il sonne désespérément faux.). Les titres semblent interminables, accouchés avec difficulté par le groupe… Et puis, de temps à autre, un tube vient nous sauter à la gueule, nous faisant mentir : comme ce Trash, justement, délicieusement nappé de crème chantilly et de chœurs 60’s, ou l’énorme Jet Boy qui clôt l’album, l’un des plus grands titres de rock’n’roll de tous les temps, rien que ça ! Sans oublier son texte aux sous-entendus grivois, aussi drôle que Bad Girl ou encore Pills, reprise de Bo Diddley complètement destroy, qui décrit une "rock’n’roll nurse" qu’on imagine pas venue seulement pour un doliprane…
JoHansen, la meneuse de revue longiligne, imite un Jagger qui aurait forcé sur la Bud, braillard, poussif, au registre clairement limité mais fier de l’être. S’il y a une chose, une seule, qui sauve le tout du naufrage absolu, c’est la classe. Les New York Dolls incarnaient les personnages dont parlait Lou Reed dans ses chansons, quelque chose de l’ordre du fantasme inaccessible pour beaucoup de gens, donc. Mais ils furent aussi les précurseurs d’une certaine idée du punk, comme le dit Johnny Ramone, à qui revient le mot de la fin : "en les voyant, on a réalisé que c’était un grand groupe, et qu’ils ne jouaient pas tellement bien. Donc, on pouvait envisager de se passer de travailler sa guitare 20 ans avant de jouer du bon rock’n’roll."

note       Publiée le jeudi 18 février 2010

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notes

Note moyenne        8 votes

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(N°6) › jeudi 2 avril 2020 - 14:22  message privé !
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Les Rolling Stones pour les Nuls. Magnifiquement idiot. Bienvenu les punks.

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AlXX › jeudi 12 juin 2014 - 19:56  message privé !

Assez médiocre et ce malgré quelques morceaux plutôt bons (notamment l'excellent Vietnamese Baby).

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DOCPSYCHE › lundi 25 février 2013 - 11:31  message privé !

l'album proto punk parfait des seventies (avec "fun house"), glam , décadent, trash, la bande son du new york camé de l'époque...bizarrement très pompé par l'affreux "hair metal" des eighties

Canicheslayer › dimanche 25 avril 2010 - 13:26  message privé !

Alors oui clairement certains morceaux sont un peu...fastidieux. Mais pourtant je reste fasciné par leur énergie, leur attitude, leur inconscience... ; et bien sûr par la puissance de certains morceaux ("Personality Crisis", "Looking for A Kiss" ou "Frankenstein"). En écoutant ça, je vois le Punk frapper rageusement à la porte de la musique (oui j'aime beaucoup les pionniers de ce genre) .

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dariev stands › mardi 23 février 2010 - 15:05  message privé !
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bon je mets 3 au disque mais cela dit, je mets 6 à l'aspect visuel hein, check les extraits vidéos, qui sont juste ultimes. Pour info, ces mecs avaient la réputation de se taper absolument toutes les nanas qui passaient... (la chro aurait été incomplete sans ça, objectivement)