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Celtic Frost › Into the pandemonium

15 titres - 59:15 min

  • 1/ Mexican radio
  • 2/ Mesmerized
  • 3/ Inner sanctum
  • 4/ Tristesses de la lune
  • 5/ Babylon fell (jade serpent I)
  • 6/ Caress into oblivion (jade serpent II)
  • - 7/ One in their pride (porthole mix)
  • 8/ I won't dance (the elder's orient)
  • 9/ Sorrows of the moon
  • 10/ Rex irae (requiem)
  • 11/ Oriental masquerade
  • Bonus réédition 1999 :
  • 12/ One in their pride (re-entry mix)
  • 13/ In the chapel, in the moonlight
  • 14/ The inevital factor
  • 15/ The inevitable factor
  • (alternate vox)

enregistrement

Produit par Celtic Frost. Jan "Mann" Nemec : ingénieur. Enregistré en Janvier à Avril 1987 à Horus Sound Studio, Hanovre, Allemagne.

line up

Martin Eric Ain (basse, chœurs), Claudia Maria Mokri (voix), Reed St Mark (batterie, chœurs), Thomas Gabriel Warrior (guitares, voix, effets, synthé), Thomas Berter (choeurs); Manü Moan (voix); Malgorzata Blaiejewska Woller (violon); Eva Cieslinski (violon); Wulf Erbet (violoncelle); Jürgen Paulmann (alto); Anton Schreiber (cor anglais); Lothar Krist (direction); Jan Nemec (sample editing); H.C. 1922 (choeurs); Andreas Dobler (guitares)

chronique

Styles
metal
gothique
Styles personnels
unique en son genre

Difficile... par où commencer... disons que quoi que l'on en pense aujourd'hui, à l'ombre des années ténébreuses et gothiques qui suivirent, "Into the pandemonium" de Celtic Frost est un des albums qui eût le plus d'influence dans l'histoire du metal. Ce n'est pas tellement pour les pièces de metal sombre et sobre, "Mexican radio", "Inner sanctum", "Babylon fell"..., qui dans la lignée de "Mega therion" sont plutôt essoufflées qu'autre chose. Mais avec ce disque tout bonnement extraterrestre, Celtic frost a inventé et mis en place toutes les pistes d'inspiration majeures qui feront l'avenir du metal dans les années 1990. Rien que ça. Après l'infusion d'un nouveau malaise extrême et "Mega therion", Celtic Frost court à l'ambiance et à la grandiloquence. Gothique, symphonique, onirique, décadent, le metal de Celtic Frost passe ici de l'expérience ambient, violonneuse et ésotérique, "Tristesse de la lune", à l'electro-metal de "One in their pride", à l'inclusion de choeurs aux couleurs Rock/R&B de "I won't dance" à l'apothéose gothico-symphonique de "Rex irae". Celtic Frost impose la voix féminine, séductrice et malsaine, le chant clair et plaintif, précieux et dérangeant de Warrior, les harmonies tristes et lunaires, les incursions de percussions ou de violons et les choeurs étranges de "Sorrow of the moon"; la première soprano à chanter du metal se trouve sur "Rex Irae", la première boucle de batterie électronique à rythmer du metal se trouve sur "One in their pride"... le premier croisement direct entre le metal et la grandeur classique, de ses violons mélodiques à ses percussions lourdes, se trouve sur "Into the pandemonium"... et bien d'autres pistes encore. L'outro, "Oriental masquerade", est tout de même un sacré truc, si l'on regarde aujourd'hui son incroyable descendance. Mais voilà justement le nerf de la guerre; entre ceux qui portent aujourd'hui encore un culte inaltérable à cette étrange galette, et ceux, on les comprend, qui la trouve grave ringarde. Car on ne peut pas dire que ces premières pièces de gothique, d'electro, de sympho et de decadent metal sont aussi les meilleures du genre. Mais tout en reconnaissant cela, et après avoir été un temps décontenancé en le redécouvrant (enfin!!) lors de sa réédition CD, je me sens plus proche des premiers. Car malgré son âge, la naïveté de la plupart de ses trouvailles, son manque inévitable de maturité dans un vocabulaire qu'il est en train d'inventer, "Into the pandemonium" reste un moment à l'ambiance hors du commun. "Mesmerized", l'épouvantable "Tristesse de la lune", "Caress into oblivion", "Sorrows of the moon", "Rex Irae"... entre le chant d'adolescent androgyne en pleine crise de désenchantement de Warrior, les mélodies sordides, les violons primitifs ou gothiques, les grosses guitares brutales,les baroqueries sonores et harmoniques et l'esprit particulièrement décadent qui parcourt cette musique, on a droit à une véritable plongée en Délireland. Aujourd'hui encore, certaines rencontres sont apocalyptiques, aujourd'hui encore le lunaire baigne les mutiples voix et chants qui habitent cet album, aujourd'hui encore "Rex Irae" est un chef-d'oeuvre du metal. Incontestablement le groupe est entré en Pandemonium. Il est allé jusqu'au bout d'une vision qu'il ne voyait qu'à peine, quelquechose d'énorme s'est ouvert sous ses pieds. Le groupe suisse avait la prévision qu'en prenant certaines routes, on irait au plus près d'une forme de folie... au plus près d'un malaise, d'un imaginaire sombre, torturé et puissant. Quelquechose d'énorme s'est ouvert sous ses pieds, et aujourd'hui encore, là où il se tenait reste une place d'exception d'où regarder l'abîme. Ce disque a révélé la démence ampoulée qui coulait du metal, sa prédisposition au baroque, au gothique, à l'excessif, au mystique et au cauchemard.

note       Publiée le dimanche 16 mai 2004

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bubble › lundi 18 mars 2019 - 22:19  message privé !

Je viens juste de tiquer sur un détail du tryptique Le jardin des délices ...et venu là juste vérifier...c’est bien ça ...tableau de droite en haut à droite ...

fallon › dimanche 3 décembre 2017 - 18:52  message privé !

album inclassable et totalement avant-gardiste. fallait avoir de sacrés corones pour oser sortir ce skeud à cette époque. Voix féminine, muezzin , électro, opéra (le kitch et cultissime tristesses de la lune), les suisses se sont lâchés. Si le résultat est au final un peu bancal et bordélique, cet opus est d'une originalité et d'une inventivité incroyables. Et quelle noirceur...ce disque a un côté crasseux et luxurieux franchement plaisant.

Note donnée au disque :       
bubble › lundi 18 septembre 2017 - 13:12  message privé !

j'ai adoré cet album à ça sortie j'étais en plein dans ma période goth. De nos jours je trouve ça complètement inécoutable mis à part 2 ou 3 titres contrairement aux christian death de rozz par exemple ( même deathwish par exemple qui à ce coté forcé dans la voix etc .. ). Alors bon peut être que je pourrais m'y ré-habituer ? pas très envie à vrai dire . Peut être une question d'ambiance ? Mes écoutes plus récentes ont été une vrai catastrophe.

Dead26 › samedi 16 septembre 2017 - 20:54  message privé !

C’est marrant car la dernière fois que j’ai écouté cet album j’ai détesté ayant en mémoire de ce qui fut autrefois. Mais curieusement là ça passe un peu mieux, sans être transcendantal non plus. On reconnaît la patte à la CF mais musicalement y’a un truc qui me fait chier quand même. Affaire à suivre...

zugal21 › samedi 16 septembre 2017 - 20:06  message privé !

Acheté à sa sortie. Les cinq boules, c'est à voir du côté de mon ressenti de l'époque.... Ce côté avant-garde continue à fonctionner sur certains titres, pas sur d'autres. En clair : ça a (beaucoup ) davantage vieilli que To Mega Therion

Note donnée au disque :