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Elend › Winds devouring men

cd | 11 titres

  • 1 The poisonous eye
  • 2 Worn out with dreams
  • 3 Charis
  • 4 Under war-broken trees
  • 5 Away from barren stars
  • 6 Winds devouring men
  • 7 Vision is all that matters
  • 8 The newborn sailor
  • 9 The plain masks of daylight
  • 10 A staggering moon
  • 11 Silent slumber : a god that breeds pestilence (bonus track)

enregistrement

Enregistré et produit par Hasnawi, Roland et Tschirner à The Fall

line up

Klaus Amann (trompette, cor, trombone) ; Nathalie Barbary (soprano) ; Shinji Chihara (violon et alto) ; David Kempf (violon, violon soliste) ; Esteri Rémond (soprano) ; tout autre instrument et voix, sound-design et programmation par Isakandar Hasnawi, Sébastien Roland et Renaud Tschirner. «Industrail landscapes and noises captured by Simon Eberl and renaud Tschirner ».

chronique

Styles
gothique
Styles personnels
gothique pur

Ce printemps 2003 sera décidément riche en bourgeons de toutes sortes, et floraisons funèbres. Opeth, Cradle of Filth, Blut Aus Nord, Darkthrone, Windir, 1349 et tant d’autres… jusqu’à ces vents dévorants et inattendus qui se lèvent enfin, et dans les murmures desquels nous revient donc Elend. «We’ve waited so long… »… et le jour disparaît. C’est perdu, isolé, emporté par la lente et incoercible progression des strates noires et rouge sang qui tissent cet univers que nous nous retrouvons. Violons ténèbres, étirés tel l’horizon sans espoir, des voix sérieuses aux yeux fermés, moines zombifiés directement sortis des tombeaux où les morts peuvent danser ; ils appellent, ils implorent ; des cloches, des anges aux chants de femmes et des clavecins d’or pur, dont les couleurs subtiles, les lueurs esquissées et les échos d’angoisse viennent souligner les galbes, emplir les gouffres sombres et parfaire les complaintes, les harmonies soyeuses et mélodies d’orfèvres de ce voyage de marbre aux senteurs post-mortem. Oui… perdu… isolé… car si le monde d’Elend ne résonne plus de cris, de rage et de fureur, il est maintenant dressé de murailles de charbon ; il s’étend sous un ciel noircie par la fumée ; on y entend la masse d’explosions soufrières, des rumeurs d’aciéries laissées là aux ténèbres... «industrial landscapes and noises captured by… »… la présence fantôme d’usines abandonnées. Sur cette planète obscure où sous la lune d’argent se reflètent des points d’eau aux rives tristes et tranquilles, où les voix lancinantes et lourdes de désespoir hantent les chemins sans but, crânes inclinés et visages clos lors de noires processions, se dressent aussi les pics, les hauts fourneaux et sous-sols infinis du monde industriel. C’est dans ce désespoir d’une promesse non tenue, d’un monde rêvé moderne, mais sitôt archaïque, qu’Elend reprends sa chaire de Cardinal des ombres et du chaos. Ténèbres… le mot tant employé a maintenant disparu de leur vocabulaire mais l’essence la plus noire coule encore dans ces veines. L'excès exorcisé, le duo est enfin maître de ses effets. Qu’elles qu’en soient l’origine, la nature, les sons et les couleurs se mêlent et se confondent, se soulignent et l’espace qui s’étend alentour est immense… tout autant qu’étouffant. C’est une planète vestige, dont l’homme a disparu. Nous ne sommes pas ici face à des arrangements, mais au centre d’un tout, cœur d’un nécrosystème, aux détails essentiels, à l’équilibre complet. On ne sent pas d’artifice, on ne voit pas le travail, les moyens nous échappent pour mieux nous confiner dans cette seule soumission à la beauté finie. En faisant fusionner le passé acoustique, le moderne bruyant et l’éternelle tristesse, Elend se montre enfin libre des lourdes références qui plombaient jusqu’ici sa marche vers l’absolu, sa marche vers lui-même. L’ayant trois fois retenu face au duo français, je ne saurais, désormais, bouder une fois encore ce vénéneux plaisir. Elend en a fini de remercier Purcell, Jésus-Christ et Mozart, car ce ne sont que les ans et la persévérance qui les ont mis si haut ; cinq années de silence et de remise à plat que l’on entend hurler dans ses vents dévorants qui soufflent sur cette terre… accomplie et superbe.

note       Publiée le mardi 15 avril 2003

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caténaire › vendredi 4 mars 2016 - 18:53  message privé !

Un disque ambitieux qui tient ses promesses. Je suis aux anges.

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caténaire › vendredi 26 février 2016 - 22:33  message privé !

L'aspect franchement Dead Can Dance ne m'a pas sauté aux oreilles tant que ça, je l'avoue, par contre, de belles harmonies oui, c'est différent, exigeant, ambiance cinématographique (due surtout à la voix de la nana très BO de film 60s), et c'est sans me poser de questions que je l'ai commandé, seulement après avoir écouté 4 morceaux qui m'ont fait voyager. Je me ferai à cette voix masculine, qui m'a paru sans grand relief au premier abord mais qui ne se fout pas de la gueule du monde, la musique portera le tout sans difficulté.
C'est globalement très beau.

Note donnée au disque :       
Melas_Khole › vendredi 5 décembre 2014 - 14:56  message privé !

Il est très fort cet album. Il sait jouer avec toi et te piéger. A l'écoute de titres comme "Charis" ou "Under War - Broken Trees", il y a du pathos, un pathos incroyable qui te prends aux tripes, sous une apparente simplicité viscérale. Mais derrière ça, il y a ces arrangements, ces notes industrielles où rien n'est laissé au hasard.

Note donnée au disque :       
born to gulo › vendredi 4 mars 2011 - 20:47  message privé !

... et je suis pas forcément convaincu par celui-ci en particulier, de mon côté ; ils marchent un peu comme michel serrault dans la cage aux folles 2, sur la ligne qui sépare le bon kitsch du mauvais kitsch

Dioneo › vendredi 4 mars 2011 - 20:45  message privé !
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J'avais pas accroché à mon uniques écoute, perso...

Par contre, c'est vrai que pour moi, "kitsch", c'est pas forcément rédhibitoire ! Je précise, au cas. Disons que ça se nuance (galinette cendrée style, un peu, mais tout de même).