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Elend › Les ténèbres du dehors

cd • 8 titres

  • 1Nocturne
  • 2Ethereal journey
  • 3The luciferian revolution
  • 4Eden (the angel in the garden)
  • 5The silence of light
  • 6Antiene
  • 7Dancing under the closed eyes of paradise
  • 8Les ténèbres du dehors

enregistrement

Synthés et claviers enregistrés de Juillet à Novembre 1995 par Eric Lecointre. Voix et violons enregistrés par Philippe Sassard au studio R.M.S. en Novembre et décembre 1995. Mixé par Philippe Sassard, Eric Lecointre et François Mahé Caradec. Produit par Eric Lecointre, Alexander Iskandar Hasnaoui et Ren aud Tschirner.

line up

Eve Gabrielle Siskind (Soprano) ; Nathalie Barbary (Soprano) ; Renaud Tschirner (Voix, violon électrique, piano, synthés et clavier orchestre) ; Alexandre Iskandar Hasnaoui (Cris et voix, violon, viole, sytnhés et clavier orchestre)

remarques

chronique

Styles
gothique
Styles personnels
gothique pur symphonique

Dès la première seconde de cet album on sent que Elend a passé un cap. Premières secondes en duo de sopranos, sans instruments ni rien d’autre que ces deux voix qui se croisent et se superposent, et c’est justement ça ce premier vrai grand progrès de Elend : le groupe a découvert les harmonies. Le dark gothique symphonique de la formation ne peut donc plus être cette esquisse linéaire et trop plate précédemment offerte. A cette nouvelle ampleur dans le traitement purement musical et de composition, le groupe a su faire correspondre celle de l’instrumentation. Non seulement les sons de cordes sont plus profonds, mieux utilisés, notamment pour créer une dynamique très tendue lors des passages les plus orchestraux, mais les synthés eux-mêmes sont bien plus intelligents. A l’instar de celui qui s’installe dès l’intro de «Ethereal journey», l’instrument électronique n’est plus là pour se cacher, pour tromper, pour faire semblant, mais bel et bien en tant que tel, avec l’étonnant contraste que cela arrive enfin à créer avec la base «classique» et acoustique à laquelle se raccroche toujours le groupe. Du gothique symphonique, oui, mais avec des voiles de sons jusqu’ici interdits aux musiques du genre qui puisent allègrement dans la musique dite «classique». Les sons sont à la fois cohérents et contrastés, assurant les différents niveaux de dynamiques et provoquant ainsi, par leurs écarts respectifs, une épaisseur musicale mouvante qui donne toute sa force à se disque. Une musique très aérienne, malgré sa grosse artillerie sonore de violons en dégringolades, chœurs féminins à tessitures impeccables, qui construisent à elles deux un voile harmonique et onirique presque permanent. Car Elend a aussi réussi à se libérer de la source baroque qu’il s’était imposée et n’hésite plus à multiplier les influences. Non seulement ce travail harmonique prépondérant est propre aux classicisme puis romantisme, mais les harmonies également expressionnistes si particulières de Debussy et Ravel imprègnent le chant, qui s’envole alors du côté des chœurs abstraits et magnifiques d’un «Daphnis et Chloé». En allant plus loin dans sa personnalité, en osant la grandiloquence, la richesse et l’épaisseur sonore et harmonique, en puisant un peu partout les techniques mélodiques et rythmiques, Elend se montre enfin dans la logique de ces fameuses leçons de ténèbres. Et voici leur deuxième. Ces leçons sont au départ des pièces religieuses, et qui ne pouvaient donc en aucun cas exprimer la pure noirceur, que fréquentait le premier album. La tristesse, incontestable, est désormais tournée vers le ciel, vers la lumière, comme ces pièces de jadis vers Dieu. «The luciferian revolution» et ses accès de rage, de désespoir, n’en reste pas moins toujours porté par l’envol de ces voix éthérées et lumineuses, les cris d’Alexandre transpercent ces tissus célestes, appuyés par des poussées orchestrales souvent réussies, sinon dignes. Quant aux accalmies, elles laissent entendre le violon qui attend comme prêt à bondir, les voix plaintives y trouvent le pendant sombre de leur texture si claire. La simple inquiétude est ainsi toujours là, entre deux furies. Entre ces nouvelles richesses dans la composition, mélodies plus inspirées, harmonies enfin travaillées, densité sonore à la hauteur du projet et les nouvelles clarté et puissance qui en résultent, «Les ténèbres du dehors» marque la première vraie rencontre d’Elend avec sa propre musique. Beaucoup plus puissant, grandiloquent même, assez largement, moins noir et sale, plus triste et beau. C’est un flot permanent de souffle orchestral, vocal, de désespoir hurlé, mais aussi de violence et donc d’énergie. Toujours aussi pompeux, plus encore même, mais cette fois, c’est une partie intégrante du vocabulaire, un pilier du principe mis en place, et c’est bien mieux comme ça.

note       Publiée le mercredi 22 mai 2002

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Note moyenne        29 votes

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Wotzenknecht › mardi 18 août 2020 - 08:56  message privé !
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Parce que c'est pas poussif, Arcana ?!

taliesin › mardi 18 août 2020 - 08:26  message privé !

Poussif... Pas mauvais hein, mais rzzz... Je retourne écouter Arcana !

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Tallis › vendredi 25 octobre 2019 - 11:12  message privé !

Il a mal vieilli, celui-ci. Les harmonies de voix féminines sauvent l'ensemble mais les claviers sonnent quand même très cheap, avec le recul...

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arckanum › mercredi 9 janvier 2008 - 20:46  message privé !
Fantastique !! A écouter la nuit, bougies allumées.....
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stickgrozeil › mardi 3 janvier 2006 - 10:02  message privé !
Là, j'accroche moins que le premier. Le travail fourni sur celui-ci paraît énorme, mais les voix hurlées gâchent tout pour moi, et puis les synthés sonnent... trop synthétiques. Mais ce disque vaut quand même le détour, ne serait-ce que pour le morceau "Antienne" 8-)
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