Vous êtes ici › Les groupes / artistesPPere Ubu › Lady from Shangai

Pere Ubu › Lady from Shangai

cd • 11 titres

  • 1Thanks
  • 2Free white
  • 3Feuksley Ma'am, the hearing
  • 4Mandy
  • 5And then nothing happened
  • 6Musicians are scum
  • 7Another one (Oh Maybellene)
  • 8Road trip of Bipasha Ahmed
  • 9Lampshade man
  • 10414 seconds
  • 11The carpenter sun

enregistrement

Suma Studios, Painesville, Ohio; Urban Iguana; Nuke India Now, USA.

line up

David Thomas (chant, piano, orgue, synthés), Robert Wheeler (synthés), Michele Temple (basse, guitare, clochettes), Darryl Boon (clarinette), Keith Moliné (basse, guitare), Steve Mehlman (batterie, orgue, choeurs), Gagarin (piano, orgue, électronique)

remarques

https://pereubumusic.bandcamp.com/

chronique

Pourquoi ai-je souvent des images de fête foraine en tête, du genre plutôt freak show, quand j’écoute un disque de Pere Ubu ? Peut-être parce que tel une commode ancienne, il se divise en multiples tiroirs remplis de tas de choses inattendues, à moins qu’il ne s’agisse d’une comédie d’horreur série B avec moments de frisson, une louche d’humour noir, des éléments bizarres dont on ne sait s’ils sont conçus au scénario ou le résultat du manque de fonds… David Thomas assure que ‘Lady from Shangai’ est ‘dance music fixed’ mais apparemment la définition ne s’épèle pas pareil dans tous les dictionnaires et pour les fans, je casse le suspense d’emblée, on ne s’éloigne pas de la zone d’inconfort Pere Ubu. Utiliser un synthétiseur n’est nullement un moyen de produire de la mélodie, juste un variateur météorologique pour s’amuser à torturer les teintes du ciel. L’intro, déjà, une voltige de funambule entre une musique synthétique à la John Carpenter, menée thématiquement par la basse tandis que David Thomas reprend ‘Ring my Bell’au chant… On frise sans cesse la cacophonie pour obtenir au final un morceau assez fantastique. Un petit miracle ? Non, la patte de fabrique des Américains. Le post-punk de ‘Free white’, ‘Mandy’, pourrait même sonner très groovy, limite ‘accessible’, s’il n’y avait ces textures malsaines de synthé derrière comme des spectres tuberculeux en quête désespérée d’air. Il y a aussi ces morceaux plus électriques comme ‘And then nothing happened’, ‘Musicians are scum’, louches comme c’est pas permis mais dont les mélodies torves démontrent à quel point ces mecs sont talentueux… Faux rythmes, couinements de clavier, petits accords noise sur une rythmique pas au tempo… Et ce chant ! Par moment, Thomas a tout d’une version humaine du Cheshire Cat, version amère, psychopathe mais touchante (si, si, ‘Musicians are scum’, ‘The road trip of Bipasha Ahmed’, ‘414 seconds’ sont bouleversants). Même quand le groupe décide de faire un bon blues burné, il faut qu’il y ajoute des ingrédients cultivés dans un jardin dont aucun musicologue/botaniste n’a jamais entendu parler. La visite ne serait pas complète sans quelques expérimentations pures et totales (‘Feuksley Ma’am, the hearing’, faux breakbeats dub hypnotiques ad Nauseam, pas l’essai le plus intéressant d’ailleurs, ‘The Carpenter’s sun, recueil des dernières volontés d’une lame de scie qui agonise sous les gratouilles d’une aiguille à tricoter enveloppée de papier crépon). Drôle de trip. Oui, voilà bien ce dont il s’agit au-delà des atmosphères freak show, un road trip sous acide enfermé dans une caisse sur une remorque mais pas toujours, une b.o pour ‘Las Vegas Parano’, un bol d’air frais qui obstrue les bronches en faisant sourire. ‘What part of the dream is true ? What part of the truth is a dream ?’, chante Thomas. A chacun de le découvrir.

note       Publiée le jeudi 19 janvier 2023

Dans le même esprit, Shelleyan vous recommande...

réseaux sociaux

dernières écoutes

  • Connectez-vous pour signaler que vous écoutez "Lady from Shangai" en ce moment.

tags

Connectez-vous pour ajouter un tag sur "Lady from Shangai".

notes

Note moyenne        2 votes

Connectez-vous ajouter une note sur "Lady from Shangai".

commentaires

Connectez-vous pour ajouter un commentaire sur "Lady from Shangai".