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Pere Ubu › Carnival of souls

cd • 9 titres

  • 1Golden surf II
  • 2Drag the river
  • 3Visions of the moon
  • 4Dr Faustus
  • 5Bus station
  • 6Road to Utah
  • 7Carnival
  • 8Irene
  • 9Brother Ray

enregistrement

The Village, Dublin, Irlande; Močvara , Zagreb, Croatie.

line up

David Thomas (chant, synthé), Keith Moliné (guitare), Michele Temple (basse), Steve Mehlman (batterie, percussions, choeurs, boîte à rythmes), Darryl Boon (clarinette), Robert Wheeler (synthé, theremin, ordinateur)

remarques

https://pereubumusic.bandcamp.com/album/carnival-of-souls

chronique

Le mec, là, qui possède à peine quatre disques (pour l'instant) de Pere Ubu et qui se permet de chroniquer un disque aussi ovniesque. Gonflé. En même temps, l’avantage de pénétrer dans l’antre du bizarre, c’est que quand on n’a plus aucun repère, on n’a plus rien à perdre. Autant foncer et observer comment ces macromolécules musicales interagissent entre elles et pour quels résultats… Quinzième album tout de même pour une formation qui a délibérément opté pour le statut culte à l’aube de la possibilité d’un début de gloire, qui voit le retour de l’électricité ‘rock’ après un ‘Lady from Shangaï’ plus orienté electro minimal. Rien de telle qu’une bonne douche des oreilles pas propres pour démarrer, on tire sur le lobe, on balance d’emblée rythmique agressive, guitares noise crissantes en lambeaux pour soutenir un David Thomas en pleine forme moins hennissant qu’en sa prime jeunesse mais à la voix toujours aussi bizarre. Ca récure au gant de crin pour faire circuler le sang mais pas écorcher la peau. Wow ! On est bien partis. ‘Drag the river’ ? Merveille de morceau, obsédant avec son thème mi-inquiétant mi-triste de basse renforcée par le hautbois, l’orgue, sexy comme une promenade la nuit dans une ville fantôme minière abandonnée au milieu des Rocheuses. Thomas y excelle en chaman metteur en scène, plaçant ses mots sur le sol caillouteux, avec une touche déchirante dans son timbre. Voilà qui préfigure l’émouvant ‘Visions of the moon’ porté par l’alliage orgue/hautbois sur lequel monte un roulement sec. Un conte pour adultes décalés qui part peu à peu en vrille, en dissonances, comme des vagues faussement free jazz, avant de finir en chaos sur fond de synthé-perceuse. Mais l’atmosphère inquiétante ne s’est pas diluée pour autant même si elle est exprimée de manière plus abstraite. Imaginez que le fantôme de Captain Beefheart s’empare de Nick Cave qui s’embarquerait dans un road movie oral expérimental. Eclats blues torves, basse lugubre, crissements, comme si les musiciens faisaient de la musique avec ce qu’il leur tombait sous la main. Ce qui n’empêche pas des compositions plus rythmées (le groovy ‘Bus station’, pas joyeux pour autant, ‘Road to Utah’ évoquant beaucoup les débuts des Bad Seeds en plus tordu). Hallucinant comme Pere Ubu parviennent à surfer sur la ligne médiane entre mélodies parfaites et cacophonie sans jamais y sombrer, ce qui rend les morceaux profonds, touchants, pas juste barrés. Comment résister au spleen lugubre de fête foraine hallucinogène de ‘Carnival’ ? Pourquoi le faire d’ailleurs ? Cette position de conteur sied finalement très bien à Thomas qui mène son auditoire de voix de maître. Un bon point de rupture avant un hommage à peine déguisé à Lou Reed et le Velvet avec la ballade ‘Irène’ et le final ‘Brother Ray’, moins grinçant que la Sister, mais le moyen parfait de laisser retomber la drôle d’adrénaline et tourner le dos à cette intrigante ghost town paumée dans nulle part en se jurant d’y revenir un soir sans lune…

note       Publiée le lundi 16 janvier 2023

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Mais c'est qu'il va encore m'avoir, ce diable d'Helvète !