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Hannah Diamond › Reflections

  • 2019 • PC Music PC036 • 1 Téléchargement Web

téléchargement • 10 titres • 38:56 min

  • 1Réflections3:54
  • 2Invisible3:19
  • 3Love Goes On4:35
  • 4Never Again3:45
  • 5True3:31
  • 6Concrete Angel4:58 [reprise de Gareth Emery]
  • 7The Ending3:51
  • 8Shy2:53
  • 9Fade Away4:15
  • 10Make Believe3:55

line up

A. G. Cook (production), Hannah Diamond (chant), EASYFUN (production)

remarques

Artwork : Hannah Diamond https://hannahdiamond.bandcamp.com/album/reflections

chronique

Styles
electro
pop
Styles personnels
art pop (saveur bubblegum bass)

Pour en finir avec cette décennie, quoi de mieux et de plus symbolique que le premier album de Hannah Diamond ? Longtemps attendu, alors que Hannah distillait depuis la création de PC Music au début de ladite décennie des singles frappants en premier lieu par leurs artwork en HD hyper-réaliste, sa sortie vient comme saluer la fin d’une période proprement hallucinante (en vraie terminée déjà depuis quelques années) pendant laquelle le mystérieux netlabel aura fait office de laboratoire expérimental d’une pop électronique qui va tout simplement changer la donne (et la façon de penser de celui qui écrit ces lignes). PC Music, mystérieuse entité d’où sortent pendant quelques années multitudes de créatures toutes plus étranges les unes que les autres, dont l’existence n’est même pas toujours avérée. À commencer par Hannah Diamond, personne n’était sûr qu’elle existait pour de vrai, qu’elle n’était pas qu’une création numérique, que son visage retouché jusqu’à atteindre une perfection malaisante n’était pas qu’un simple avatar. Mais non, Hannah existe, en chair et en os, et Hannah a des états-d’âme. L’image dans le miroir, l’image projetée dans le monde numérique des réseaux, l’image qui occulte la vraie personne, l’image comme identité, laissant le coeur et le corps solitaire dans sa chambre, de l’autre côté de l’écran. Les titres des morceaux ne trompent pas sur la mélancolie qui transperce l’univers en apparence si kawaii et brillant de Hannah Diamond. D’abord « Fade Away » et « Make Believe » qui sortent en single en 2016, produits par Easyfun, un des fleurons du label, dans une lignée électro aux sonorités glaciales et floconneuses, les mélodies irrésistiblement poppy portant des paroles où il n’est question que de virtualité, d’identité qui s’évapore et de relation forcément imaginaire, la douce voix de Hannah transférée dans des tessitures absolument irréelles, impossibles, à la limite parfois entre grotesque et sublime, comme tout fantasme. L’année suivant sortait un EP au titre tout aussi significatif, « Bientôt je ne te verrai plus du tout », dont les morceaux sont répartis dans l’album, avec cette fois la production plus éthérée de A.G. Cook. C’est d’abord « Never Again », ballade douce-amère entre comptine-ringtone et glitch-pop fourmillant de détails sonores enveloppants, puis la toute aussi mimi-tristounette « The Ending » sur un chaloupement dancehall en quasi 8-bits. Entre les deux, une chose non-identifiable, reprise complètement flinguée d’un tube de vocal-trance (si, ça existe), oscillant entre bubblegum-bass stellaire et basse dark-ambient, avec montées vocales pitchées élégiaques et bombardement de beats happy-hardcore aux moments les plus inattendus. Si vous n’avez rien compris à cette dernière phrase, c’est parfaitement normal, même à l’écoute il semble illogique qu’une chose pareille non seulement puisse exister sous cette forme, mais qu’en plus cette forme accède à la beauté ! Une sorte de mind-fuck total. Et voilà donc que la moitié de l’album était déjà connue aux fidèles de Hannah Diamond, mais rien ne préparait vraiment pour l’expérience aussi sincère et fragile que constituent les nouveaux morceaux qui viennent s’y accoler. La bubblegum-bass y parait déjà comme un souvenir, il n’en reste plus que des traces à la surfaces des textures. Dès le morceau titre, encore une comptine déchirante où une sorte d’orgue enfantin semble petit à petit s’élever dans un firmament étoilé, avec ces effets de voix qui la transforme en filet de lumière lunaire tremblotante, c’est le saisissement. La pop-méta de « Pink & Blue » elle aussi semble bien loin derrière. Que dire de « Invisible », encore une merveille de production de Easyfun, petite perle électro-baroque où une nouvelle fois se déploie l’immense solitude des âmes dissimulées derrière leurs avatars, condamnées à danser seules chez elles ? Étrange tour de force encore que ce leitmotiv robotique dont le thème est emprunté à la bande-originale d’un très fameux mélo (indice, c’est le film préféré de GFOTY parce qu’elle aime les bateau, même qu’il coule à la fin), alors qu’ailleurs Hannah Diamond se fait aussi timide qu’adorable sur une imparable ritournelle pop sucrée, un « Shy » aussi pétillant qu’un bonbon au gloss. Voilà. Celle dont on doutait de l’existence même livre enfin, au bout de longues années d’attente, depuis celles où ses singles tombaient de nul part sur Soundcloud (déjà nostalgique des années 2010 à peine terminées ?), un album profondément mélancolique, aux mille détails de production témoignant de la créativité singulièrement géniale de PC Music, LE label de cette décennie écoulée. Voilà Hannah, c’était beau. C’était excitant aussi, très excitant même. Il faut maintenant dire adieu aux années deux-mille dix, définitivement, des années *intéressantes*.

note       Publiée le lundi 14 décembre 2020

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(N°6) › samedi 19 décembre 2020 - 20:05 Envoyez un message privé à(N°6)
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Ah ah merci de confirmer que je ne dis pas *n'importe quoi* non plus ! Ce morceau est fou.

Note donnée au disque :       
M-Atom › samedi 19 décembre 2020 - 09:31 Envoyez un message privé àM-Atom

moi j'ai tout compris a la dernière phrase. et effectivement Concrete Angel, puisque c'est le titre évoqué, quel morceau de bravoure dans le genre !