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Charli XCX › Vroom Vroom

téléchargement • 4 titres • 12:18 min

  • 1Vroom Vroom3:13
  • 2Paradise feat. Hannah Diamond3:01
  • 3Trophy2:39
  • 4Secret (Shh)3:25

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par SOPHIE.

line up

Charli Xcx, Sophie (production)

Musiciens additionnels : Hannah Diamond (chant 2), Jodie Harsh (production 4)

remarques

chronique

Styles
pop
electro
hip-hop
Styles personnels
bubblegum-bass hip-pop

Elle est où, l’expérimentale ? Pas nécessairement là où on voudrait la cantonner, en particulier dans ces rassurantes niches où de toute façon personne ne va se confronter aux effets sur un auditoire large desdites expériences, pour peu qu’elles soient autre chose qu’une façon d’académisme ou une série de postures éprouvées depuis longtemps. C’est toujours plus facile de se la raconter petit alchimiste quand on reste dans sa chambre. Dans cette deuxième décennie post-future, pour les générations nées avec la pop, l’expérimentale, elle est justement bien plus dans ce qui touche à celle-ci, au sens large. La pop qui aura traversé toutes les modes, toutes les révolutions, toutes les vagues successives, jazz, rock, hip-hop, électro. La pop qui n’en a cure, de la muséification. Elle a sauté d’un genre à l’autre sous le regard des fins de race, des tenants du bon goût sûr, celui éprouvé par une déjà vieille historiographie critique et esthétique. Et puis la pop a quelque chose de vulgaire dans son côté ouvertement commercial. En même temps, si on a commencé à enregistrer de la musique, c’était bien pour la vendre. Qui prétend encore le contraire est un rebelle en mousse expansive. Donc nous y voilà, elle est où l’expérimentale : elle est dans la pop la plus commerciale aussi, parfois. Entre en scène la nouvelle petite princesse de la pop londonienne Charli XCX qui s’acoquine avec la scène bubblegum bass, à savoir le truc le plus fou et avant-gardiste arrivé depuis longtemps. Créant pour l’occasion son propre label, elle sort le single le plus commerxpérimental de la décennie, suivi par cet EP. C’est à SOPHIE, qui d’autre, qu’elle confie la production de Vroom Vroom, titre alliant le minimalisme le plus sec et métallique (les fameux sons claquants hyper-réalistes de la productrice écossaise qui ne sont pas si loin quand on y pense, dans une optique diamétralement opposée, des expériences de Parmegiani), un refrain aux petites touches kawaii et ce passage tout bonnement dingue avec ce « vroom vroom » accompagné d’altérations sonores bubblegum bass criardes et agressives. Un refrain pop à double détente construit sur quasiment rien : la voix de Charli sur laquelle repose toute la mélodie et quelques claquements, quelques couinements, pas même un vrai beat pour donner le punch, c’est Charli qui fait le boulot par dessus la prod dé-réaliste de SOPHIE. Sans parler de l’absurde « bip bip » cartoonesque qui boucle la boucle. Et puis un pont qui n’en est pas un puisqu’il vient conclure le morceau, piège déroutant typique à la SOPHIE, une coda déguisée en pont en fait, cette fois scintillante et colorée, presque élégiaque, sortant les derniers mots du refrain de leur minimalisme pour les glisser dans le glossy. Ce que raconte Charli n’a pas beaucoup d’importance, c’est de la pop chromée, c’est le style qui compte et elle en a à revendre, genre bitchy glacée en plein égotrip. C’est à la fois contemporain et futuriste. Pas rétro-futuriste : futuriste. Voilà. Si il y avait un single, un seul, à retenir dans la pop music des années deux-mille dix, c’est celui-là. Impeccable. Parfait. Le reste de l’EP n’est pas franchement en reste avec une pure bubblegum-basserie plus sucrée qu’un milk-shake Starbuck instagrammé, en featuring la voix de chipmunk d’Hannah Diamond, la graphiste attitrée (responsable de cette esthétique si particulière et troublante) et égérie supra-pop du label PC Music dans un lessivage électro bien fouettée par SOPHIE à coup de textures caoutchouteuses fluo. « Trophy » mêle une approche plus r’n’b alternatif avec une Charli en mode totale aggro-bitch et un refrain épique qui monte façon club XCX Rated. Et que dire des basses sinistres et épaisses sur lesquelles vogue « Secret (Shh) », dont les oscillations hallucinatoires rappellent des souvenirs de production des Neptunes pour Kelis (à laquelle Charli fait ouvertement référence à sa façon d’être « bossy » sur le morceau titre) ? Mais ici, SOPHIE pousse le bouchon de la désorientation sonore encore plus loin, alors que Charli fait montre d’une classe royale avec un flow sombre et sensuel sans devoir en faire des caisses. Voilà ou elle est, l’expérimentale. Puiser dans l’avant-garde de la pop et l’instiller dans le commercial, insidieusement. Et faire avancer un peu ce vieux schmilblick.

note       Publiée le mardi 31 décembre 2019

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M-Atom › jeudi 2 janvier 2020 - 21:57  message privé !

complètement d'accord avec la chronique...le truc le plus frais et le plus ébouriffant que j'ai pu écouté durant la décennie écoulée !