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Hannah Diamond › Attachment

  • 2014 • PC Music pc-s8 • 1 Téléchargement Web

téléchargement • 1 titre • 4:19 min

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Artwork : Diamond Wright

chronique

Styles
pop
electro
Styles personnels
bubblegum-bass mélancolique

De tous les avatars du label PC Music, dont certaines encore mystérieuses ne sont que les hétéronymes du fondateur A.G. Cook, Hannah Diamond a été très vite la plus identifiée. Sur-identifiée même, à travers ses autoportraits hyper-réalistes au point d’en devenir troublant de perfection lissée à l’extrême, en self-haute définition. Ce qui n’empêche pas les sentiments. Celui de son deuxième single « Attachment » laisse sourdre derrière les teintes rose bonbon et le pastel doucereux de la peau une mélancolie des plus ambivalentes. Quoi penser de ce visage et cette pose prêt-à-poster sur Instagram, représentation d’une féminité et d’une jeunesse au-delà de tout idéal, atteignant à la fausseté, dévitalisée à force de viser trop haut, trop beau, trop impeccablement vendeur ? Cette fille ne peut pas être réelle. Mais qu’importe. Ce qui compte sur les réseaux, c’est ce qu’on donne à voir et ce qu’on se donne à voir soi-même. Le morceau, bercé dans un écrin aux accords évoquant un extrême-orient virtuel (pas une première dans une certaine pop anglaise expérimentale), ne laisse lui aucune ambiguïté sur l’ultra-moderne solitude de l’ère post-internet. Une chanson d’amour aux mots simples de teenager, qui se lâche dans des montées d’aigus (qui laissent là aussi passer quelques réminiscences de grande figure tutélaire) en mode auto-conviction, histoire de ne pas se briser, pour mieux préparer le terrain à ce refrain pop buggé par une sorte de beat sous jacent qui patauge comme dans un cloaque alors que la voix d’Hannah prend son ton le plus enfantin pour mettre à nu son isolation : « Chaque fois que tu me vois, je suis toute seule. Vraiment je me sens mieux, je peux te voir clairement. Je t’ai mis en photo sur mon téléphone. » La voix de l’être aimé réduite au ding de la notification. La love song à un avatar, la pop song du sentiment porté sur une pure représentation numérique. On s’attache à ce qu’on peut. Une photo sur Whatsapp à serrer bien fort dans ses bras, dans son cerveau. Finalement c’est comme du Desnos, j’ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité etc… Et le morceau déroule ainsi son spleen sur smartphone en démultipliant les couches de beat un peu trap, les nappes synthétiques d’une douceur grave, la voix d’Hannah enroulée comme une barbapapa tristouille, de celles qu’on offre aux adolescentes pour leur faire oublier leurs premiers chagrins d’amour. Ambient-pop finalement peu dosée en bubblegum, le kawaii dissimulant à peine les bleus au coeur.

note       Publiée le samedi 7 mars 2020

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