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Slowdive › Just for a Day

cd • 9 titres • 43:46 min

  • 1Spanish Air
  • 2Celia's Dream
  • 3Catch The Breeze
  • 4Ballad Of Sister Sue
  • 5Erik's Song
  • 6Waves
  • 7Brighter
  • 8The Sadman
  • 9Primal

line up

Neil Halstead (voix, guitare, claviers), Rachel Goswell (voix, guitare), Christian Savill (guitare), Nick Chaplin (basse), Simon Scott (batterie)

remarques

chronique

Styles
shoegaze
heavenly
Styles personnels
pop clinophile

"Spanish Air" est un morceau d'introduction sublime. "Primal" est un morceau de conclusion sublime. Entre ces deux instants de grâce s'étale un monde de brumes électriques, de mélopées peuplées d'ânonnements angélicons, de soupirs lascivement las, de moues ectoplasmes... Nous invitant à plonger - lentement - sous les voiles de taffetas, longer les récifs en fleurs, parler aux poissons d'argent (comme avant...) Just for a Day est l'album des après-midis laiteux sans fin, des sessions canapé à contempler un ciel plus magnétique que la neige du tube cathodique, à fumer du haschich de nénuphar en rêvant qu'on caresse les fées... L'album des chroniques qui empilent les clichés autant que Slowdive abuse de la réverb, aussi, oui : mais Slowdive est encore plus cliché que Mazzy Star, dans la catégorie "musique féminine des années 90". Et mène encore plus sûrement à la béatitude. "Spanish Air", alors, nous noie illico dans un spleen d'une rare profondeur, très cold, voire "disintegration-esque", évoquant quelque peu l'"Epitaph" du Roi Cramoisi ou les plus déprimantes mélodies de Badalamenti... Ce morceau précieux nous fait plonger dans une sérénité d'une tristesse absolue, encore plus mélancollante que Cocteau Twins. À sa suite, les alcôves de brouillards s'empilent, sans qu'on discerne avec certitude le contour des pièces de ce manoir, sans qu'on perçoive la frontière entre le dessous de couette et le rêve, ni n'éprouve le besoin de décrire cette musique qui échappe farouchement à l'analyse. Les cloisons sont en murmures, les portes sont des bouches ouvertes aux langues de lumière blafarde... Just for a Day est un monde langoureux, aux contrées informes, aux surfaces si érodées qu'elles en sont douces. On se perd dans ses méandres comme dans un pensionnat de filles disparues... On s'éloigne de soi dans un monde sonore à la fois transparent et extrêmement dense, dont on traverse la matière telle une âme en lévitation. Si on la fixe un peu trop, cette matière fige et se fixe aux dents des neurones, devenant gros nougat métaphysique. Alors ne pas se prendre le shoe... Flotter, en âme docile. Il suffit de se laisser bercer... dériver... au fond de l'écho où tout se brouille... jusqu'à "Primal", à travers laquelle on croit furtivement entendre Lisa Gerrard. Peut-être était-ce bien elle ? Peut-être n'était-ce qu'un fantôme qui lui ressemble... Just for a Day, le disque qui rend flou.

note       Publiée le mardi 13 août 2019

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notes

Note moyenne        7 votes

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dariev stands › samedi 24 août 2019 - 14:32 Envoyez un message privé àdariev stands
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"Spanish Air" m'évoquait "night in white satin", aux dernières écoutes (qui est un morceau qui me saoule assez vite)... faut que je rééssaye. étrangement, mon moins préféré d'eux.

Consultant en informatique › mercredi 21 août 2019 - 14:53 Envoyez un message privé àConsultant en informatique
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Celui que je préfère. Beaucoup plus dense et brouillon que Souvlaki, avec cette pochette érotisante en flou gaussien, qui lui rend parfaitement hommage. En plus elle est rouge.

(N°6) › mercredi 14 août 2019 - 12:12 Envoyez un message privé à(N°6)
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Ectoplasmique, c'est le mou, c'est le mot (pardon, vrai lapsus non corrigé), mais trop mélodie-molasse aussi pour que j'accroche vraiment (ce que je n'ai jamais réussi à faire). Ouais, les premiers morceaux sont beaux (surtout le deuxième et le troisième), mais après c'est quand même le ventre mou, voir l'estomac flagada. On arguera que les mélodies sont chiadées, mais ça flotasse mollement, ça reste propre, joli et inoffensif (le dernier morceau, très Cocteau soft en effet, redonne un peu d'atmosphère un peu empoisonnée à tout ça). Ca donne moins envie de se pendre que de prendre une verveine, même si objectivement, le côté vraiment dépressif de toute la scène a sans doute précipité pour pas mal la vague britpop qui lui succèdera, avec sa fierté de prolo gilet-Union-Jack. Parce qu'en écoutant Slowdive, on se dit quand même que l'Angleterre, c'est chiant, gris-pluie et déprimant.

Note donnée au disque :       
A.Z.O.T › mercredi 14 août 2019 - 11:10 Envoyez un message privé àA.Z.O.T

Il s'écoute toujours avec un plaisir non feint (même si j'avoue zapper spanish air 3 fois sur 4, entrer dans cet album par la deuxième c'est comme faire une bombe dans une piscine de coton)

Rastignac › mercredi 14 août 2019 - 09:45 Envoyez un message privé àRastignac
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Même si ça peut paraitre cliché, je trouve que ça rend bien ce que le disque offre :-) ; enfin que leur musique même offre, je sui bien friand de musique toute déconfite comme ça pour se mettre dans une transe molle. Découvert bien tard, c'est toujours aussi bon aujourd'hui.