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Baton Rouge › Totem

lp/cd | 9 titres | 40:19 min

  • 1 Le Fixeur [5:42]
  • 2 Côte du Py [3:24]
  • 3 Cour Tolstoï [4:43]
  • 4 Guetter les Ondées [3:42]
  • 5 Totem [2:23]
  • 6 Hypn-O-Sonic [7:23]
  • 7 Au Gré du Gel [3:26]
  • 8 Train de Nuit [7:13]
  • 9 D’année en Année [2:19]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré live du 18 au 24 février 2014 par Benoît Bel aux Mikrokosm Recording Studios, Lyon, France. Masterisé en mars 2014 par Harris Newman.

line up

Benoît Desvignes, Gwenaël Grosclaude, Julien Paget, Samuel Montcharmont

remarques

Illustration : Claire Duport. Layout : Julien Paget.
L’édition LP est une coproduction Adadgio830/Purepainsugar/Bakery Outlet.
L’édition CD est une coproduction Long Legs Long Arms/Echo Canyon.

chronique

La sincérité ça fout mal à l’aise, parfois. Le pas-déguisé. Les aspirations livrées crues à une poésie rugueuse, directe, aux dits bruts. La voix pareille. Le son pas brouillé, les arrêtes dures mais nettes… J’avoue ! Au début, cette voix, j’ai pensé : "Mais c’est quoi cet ado renfrogné/tout-mouillé ? Damien Dixsaept ?!". J’avais tout faux. Eux tapent juste, de fait. La matière pas enveloppée, les structures dénudées mais l’art d’y mettre assez. Les envies d’envolées, les poings comme disait l’autre dans les poches crevées. Crèvent-la-dalle existentielle plus que crevards hirsutes. C’est qu’il fait faim, ces temps, ces villes. Déserts humains mais avec des refuges – Le Totem, Cour Tolstoï : ça sent son Villeurbanne pas ramenard plutôt que sa presqu’île fête des lumières. Dehors il fait frais, pluvieux, il fait embruns mais sans la mer – à guetter les ondées, au gré du gel. (En fait oui, ça pèle sec, même, sur les collines derrière les vignes industrielles). Ça s’égosille pas-gros mais dru. Ça tient. Il y a cette grisaille et ces verts humides, innombrables. Ça ne copie pas un désespoir Dernière Sortie Pour Brooklyn, la grisaille goth ou post-punk Manchester. Ça fuit la pollution, plutôt, à la recherche d’un grand vent – les centrales et monuments aux morts se dresseraient-ils aux détours de tel ou tel monticule. Une rancœur en vernaculaire, à la Louis Guilloux plutôt qu’à la Céline. Et cette musique qui peut coincer d’abord, prend son temps pour attraper. Des restes d’une espèce de post-rock pâle et qui ne joue pas la majesté, serait-elle triste – contrepied de genre ou histoire bien comprise, reprise ailleurs et vers autre chose. Une sorte de boogie, même, parfois, dans le roulis, le roulement. Un truc qui plane volontiers, pourtant. Le sens des changements de tonalité subtiles mais lourds de sens, d’inflexion. La batterie qui bruisse ferme et vaste, les riffs qui se déroulent à perte de piste. Du bruit au fond, grumeau dans le mélange. En réalité : du rock. Un genre de, sans héroïsme ni foutaises. Joué net et vécu sale. Fatigué, las, mais qui fait face et continue son pas. Qui s’emballe peu, à vrai dire. Et ce type dont les mots, la voix, habitent le remous terreux, épais mais fluide, plastique. Du qui fait partir mais sans retenir les intempéries, qui les laissent lessiver le terrain, le chemin. Ça devient grand, quand ça emprunte sans rien dupliquer à certains répétitifs d’antan, d’au-delà d’une autre ligne – Hypn-O-Sonic qui sonne vaguement kraut de par ici, NFL3 salopé, Jonathan Kane d’entre nos cités, encore plus, dans les étendues sans coyotes mais pas sans pierres, autres cailloux plus familier, pas le même accent que dans les canyons. La D33 de n’importe où en fond de France plutôt qu’une quelconque Highway. Une certaine classe coupante aux entournures râpées, le ventre creux. Le genre qui veut et crache de n’avoir pas tout – mais le tout, ça n’est pas ce que les images en HD nous assènent. Ça sent autre chose. Ça peut surprendre. Ça peut aussi vous en flanquer, du reviens-y sous ce climat peut amène où on ne clame pas connement que l’apocalypse viendra bien un jour tout régler, nettoyer l’atmosphère.

note       Publiée le samedi 16 juin 2018

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zen › lundi 16 juillet 2018 - 13:49  message privé !

je crois qu'ils ont arrété fin 2005. Gwen voulait arréter et se concentrer sur Torino (qui est aussi archivé depuis), Louib travaille dans le vin et je pense qu'il est pas trop souvent à Lyon, et Sam était parti à Berlin (mais est revenu récemment). J'aimerais bien voir Contractions, mais pas sur qu'ils jouent quand je repasse... Sinon oui pour l'évolution, outre les textes il y a ce bagage commun quand on a vécu des trucs similaires générationels et géographiques (adolescence grunge et punk mélo, découverte du punk/hc/DIY en pleine vague screamo avec les concerts dans les bars des pentes, redécouverte des racines 1980s par la suite dans les squats des années 2000, puis avec l'age ouverture sur le vieux rock psyché/classique/RTL qui nous intéressait pas quand on avait 25 ans, puis pendant tout ce temps une oreille qui traine sur les autres tendances lyonnaises (le noise-rock, expé, etc). C'est de tout çà que je parlais.

Dioneo › vendredi 22 juin 2018 - 14:27  message privé !
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Ah ! Oui, c'est sûr que de ce côté là - les textes qui causent de la proche banlieue six-neuf (et un peu des bosses du Beaujolais etc.) - ça doit nous évoquer davantage du fait qu'on connaisse de plus ou moins près les topographies, densités, profils qui y passent... Incidemment j'ignore à quel point le groupe existe encore, tiens - les événements signalés sur leur page blanc-bleu semble surtout concerner le nouveau groupe dudit Julien, qui semble désormais au moins en partie basé à Besançon (Contractions) que Baton Rouge soi-même... Jamais vus en concert, d'ailleurs, ça me déplairait pas d'en tâter, cependant.

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zen › vendredi 22 juin 2018 - 14:13  message privé !

je pense pas en effet que çà sonne typiquement quoi que ce soit, mais c'est juste intéressant de noter l'évolution musicale de quelques individus sur une quinzaine d'années, et l'intégration progressive d'influences toujours plus larges dans un son personnel. Sinon je faisais plus référence aux textes, plus ou moins évidents ("Cours Tolstoi"), mais pas que.

Dioneo › jeudi 21 juin 2018 - 17:49  message privé !
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Oui... Je ne sais pas trop à quel point avoir connu cette scène locale à peu près en direct joue ou pas ! Il s'y passe d'autres trucs de toute évidence - et les influences communes probables ne sont pas forcément (même pas du tout) "typiquement lyonnaises" mais... Possible que ça fasse encore une autre sorte de lien d'en être "passé par là". Des avis dunkerquois, rouennais, rennais, néo-calédoniens... pour avancer sur la question ?

Note donnée au disque :       
zen › lundi 18 juin 2018 - 12:05  message privé !

ce disque me rappelle quand on a écouté la discographie 3xCD de Deity Guns chez Julien, et quand je me suis retrouvé avec ce disque deux / trois après à retrouver cette héritage-là de la musique locale dans leur son, notamment sur le morceau instrumental au milieu.... chouette disque et assez surprenant par rapport au premier! Ça marche mieux si on a vécu les mêmes choses en effet.