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AYYUKA › Kiracı Odaları

cd • 14 titres • 45:02 min

  • 1Başsız Tavuk1:45
  • 2Yolunda2:23
  • 3Kırmızı2:28
  • 4Paranoya4:11
  • 5Karadeniz Sörf3:07
  • 6Geçecek Böyle2:49
  • 7Topal Sörf3:48
  • 8Acaba2:45
  • 9Siyah2:39
  • 10D9/81:51
  • 11Baskın4:13
  • 12Hatır İçin4:49
  • 13Takas3:50
  • 14Namık Abi'nin Türküsü4:24

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par AYYUKA.

line up

Alican Tezer, Özgur Yılmaz, Ahmet Kul, Altan Sebuktekin

Musiciens additionnels : Cem Yılmazer (percussions), Can Ömer Uygan (cuivres)

remarques

Artwork : Erden Özer Yalçınkaya

chronique

Styles
indie rock
Styles personnels
western sörf-rock

Allez hop il fait beau, tout le monde à la plage. Je ne suis pas trop sûr de comprendre d’où vient ce goût des groupes turc pour la guitare surf, peut-être une influence lointaine des pionniers Silûetler, ou tout simplement le climat estival qui fait du pays une destination touristique pour tout Occidental pas bégueule en ce qui concerne les situations politiques un peu chaudes. Mais bon, dans les affaires de baignades, on ne fait jamais grand cas de politique. Alors donc, AYYUKA a des chambres à louer (le titre de l’album) avec vue sur la plage. Aucun risque de s’emmerder avec cette réservation, le rock du quartet, la moitié du temps instrumental, se remue comme une bouteille de boisson gazeuse à l’orange, se tremousse pour tout dire aux rythmes anatoliens bien encastrés dans une dynamique surf fraiche comme une brise d’été. Ne rechignant pas non plus sur des arrière-goûts un peu latino, je suspecte néanmoins AYYUKA d’avoir des intentions cachées derrière leurs ritournelles super bien troussées, en particulier celle du nom de « Paranoya » (le Turc, cette langue parfois évidente), solaire et percussive, cool comme une soirée cocktail dans un complexe all-inclusive, mais qui dénote d’un certain tempérament à l’humour pince sans rire, du moins on a le droit d’y penser, personne ne lance un refrain paranoïaque avec autant de désinvolture vacancière. Le secret de AYYUKA, ce sont en particulier les arrangements, parce que bon, la guitare surf, aussi entrainante soit-elle, ne va pas faire la blague toute seule. Mais AYYUKA, c’est pas un énième groupe de rétro-garage à gimmick, c’est ce qui se fait de plus chiadé dans un rock anatolien moderne certe surfant, oh ben oui quand même, avec légèreté au dessus de mélodies directement efficaces mais qui cherche aussi constamment la contre-allée, comme sur « Geçecek Böyle » qui croiserait volontier la route de Calexico, une référence qui revient en tête à plusieurs reprises, notamment quand retenti la section de cuivres hispanisants de « Siyah ». Et hop, re-vamos a la playa avant une nouvelle idée, ci une ballade coolos avec harmonies vocales West-Coast (West-Coast méditerranéenne, vu d’ici), ci un instrumental plus menaçant, plus sombre et annonciateur d’orage sur la côte, « D9/8 ». C’est que tout n’est pas si ensoleillé dans l’horizon de AYYUKA, ils se réservent aussi des plages (!) au ton plus dramatique, sur le très cinématique « Baskın » où la voix de Özgur Yılmaz est voilée dans un filtre et où le surf prend une tournure plus grise, plus empreint de gravité, avec des circonvolutions mélodiques comme des retournements de situation dans un néo-Western. Guitares enchevêtrées serpentant sous un soleil cuisant, parfum oriental dans les accords mais sans appuyer dessus, sörf-rock recherché aux ambiances variées, au son cristallin (mastering assuré par Burak Tamer de Replikas et Reverie Falls on All). Au fur et à mesure que l’album progresse une teneur plus mélancolique se révèle, comme si l’exubérance estivale du début se teintait d'une tristesse insidieuse, les guitares électriques se faisant aussi parfois plus granuleuses, plus rêches. Le morceau final tient même lieu de chanson morose vraiment tortueuse. Bon allez, on va pas non plus rester à déprimer comme ça en regardant la mer, on a encore le temps de faire quelques bonnes baignades. Et si il reste des chambres à louer avec une bande-son comme ce deuxième AYYUKA qui se ferait entendre par les fenêtres ouvertes, autant se jeter à l’eau. Marmara ou Pacifique, peu d’importance finalement, on traite son blues sous le soleil qu’on peut. Allez : hop et plouf.

note       Publiée le mercredi 21 mars 2018

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