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AYYUKA › AYYUKA

cd • 14 titres • 56:34 min

  • 1Hamam Sefası4:22
  • 2Toz Bulutu2:34
  • 3Takınak3:27
  • 4Aksi3:03
  • 5Azgın Çengi2:33
  • 6Ağlama4:23
  • 7Hayat Derde Bandı Beni5:13
  • 8Dünya Hali3:19
  • 9Çifte Yarası4:23
  • 10Ümitsiz Aşk4:19 [reprise de Ohran Gencebay]
  • 11Unutursam4:18
  • 12Havada Bir Hinlik Var3:00
  • 13Sapasağlam6:54
  • 14Çaça4:46

extraits vidéo

informations

Produit par AYYUKA, enregistré à Deneyevi.

line up

Alican Tezer (batterie), Özgur Yılmaz (guitare, chant), Ahmet Kul (guitare), Altan Sebuktekin (basse)

chronique

La nouvelle génération qui met le feu aux poudres de l’anatolian rock, c’est entre autre AYYUKA. Dans le sillage de Replikas, pour le gros son et l’appropriation des singularités de la musique turque dans un contexte purement rock, le quatuor adopte néanmoins une approche nettement plus rentre-dedans. À l’image de sa pochette délicieusement cosmique, le premier album d’AYYUKA est un décollage boosté au carburant de fusée. Gros potentiel d’auto-combustion. Pas de finasserie, AYYUKA met la gomme. Dès les premiers accords de cette guitare ondulante, psyché par nature, on voit les minarets prêt à être mis sur orbite. Si dans les années soixante-dix c’est le mot « pop » qui venait s’accoler à « anadolu », époque oblige, ici c’est bien le mot rock, dur, brut et chargé, qui convient le mieux. Le réservoir de ces quatre-là déborde de riffs zigzagant ultra-puissants, de vocaux qui crachent avec une énergie balkanique. Même quand ils reprennent un morceau du parrain de l’arabesque Ohran Gencebay c’est pour le transporter vers les sphères d’un rock néo-psyché, tout en gardant intacte la pathétique mélodie originale, le quatuor sachant aussi manier la subtilité malgré leur propension à vouloir tout faire péter, comme ils le montrent dès qu'ils freinent le temps de souffler un chouia. Parce que l’album est long et touffu, avec des moments forts qui marquent comme l’instrumental « Azgın Çengi » et ses riffs psyché-turques géniaux, instru qui se finit en grosse boucherie histoire d’enchainer sur un « Ağlama » extraordinaire où l’influence expérimentale et tordue des Replikas se fait sentir, avec une construction polymorphe au potentiel tubesque immédiat, la section rythmique ne cessant de changer les règles du jeu pour entraîner le morceau petit à petit vers un final stratosphérique. Derrière ça, le voile se lève sur une sorte de surf lunaire sous tranxène, un chant désolé qui traînasse son blues avant bien sûr que la boîte de vitesse fasse claquer deux trois rapports d’un coup, Alican Tezer et Altan Sebuktekin font hoqueter le truc comme une tentative de reggae pété, puis tout s’effondre en une bouillie noisy. Rentre-dedans donc seulement en apparence, la musique d’AYYUKA ne cesse de prendre les contre-allées et invente des chicanes au milieu de ses mélodies. Tout ça toujours en donnant une furieuse envie de bouger le bassin et faire onduler ses mains, même quand Özgur Yılmaz gueule comme un putois, et y a toujours de quoi gueuler pour la jeunesse underground d’Istanbul ! Et si ce n’est lui, c’est sa guitare qui se racle les cordes, raide défoncée par un fuzz solaire. De l’espace on voit tout en cinémascope, comme dans les Western, alors parfois ça tricote de la ballade, à cheval, de cow-boy anatolien, « Çifte Yarası » qui renvoie aux plus grandes heures d’un surf-rock Morriconien. Cette excentricité doublée d’explosivité ne peut qu’évoquer le Yeraltı Dörtlüsü d’Erkin Koray, sans doute inspiration pour ces quatre rockeurs des années deux-mille. Mais quelque soit la décennie, c’est jamais vraiment la marrade à Istanbul, alors y a de quoi s’enrager un peu et coller au passage les vumètres dans le rouge une bonne fois, quitte à en faire un peu trop. Mais quand on aime…

note       Publiée le mardi 27 juin 2017

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