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Mercury Rev › Lego My Ego

cd | 8 titres | 56:47 min

  • 1 If You Want Me to Stay [4:08]
  • 2 Shhh / Peacefull / Very Sleepy Rivers [14:52]
  • 3 Frittering [5:18]
  • 4 Coney Island Cyclone [3:20]
  • 5 Car Wash Hair [7:25]
  • 6 Synringe Mouth [3:11]
  • 7 Blood on the Moon [8:21]
  • 8 Chasing a Bee (Inside a Car) [10:09]

extraits audio

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enregistrement

1 : Tiré du single 7” If You Want Me to Stay (Rough Trade 45rec6, 1992). 2 : Enregistré live sur le BBC Mobile Recording Studio, Finsbury Park, Londres, en juin 1992. 3, 4, 6, 8 : Peel Session enregistrée en août 1991. 5 : Tiré du single Car Wash Hair (Mint Films, 1991). 7 : Thème du film Moonbuggy (Howard Nelson, 1990).

line up

Le lineup n’est pas indiqué dans les crédits mais les musiciens qui jouent ici sont selon toute vraisemblance les mêmes que sur le premier album, Yerself Is Steam.

remarques

D’abord disponible seulement en complément de la réédition (2CD, Beggars Banquet) de Yerself Is Steam sortie en 1992, la compilation Lego My Ego a fait l’objet d’une sortie dédiée (1CD, Mint Films) en 2007.

chronique

Styles
rock alternatif
psychédélique
rock
pop
shoegaze
folk
noise
Styles personnels
it's not as easy as it may seem...

Compilation grenier, coffre aux trésors, salle secrète. Un vrai bordel – comme tout ce début de disco du groupe, ces disques où David Baker en était encore, au micro, à la fusion de neurones, à la fission de synapses. Un vrai plaisir – idem. À l’époque où cet empilement, cet agglomérat est d’abord sorti, rien de tout ça n’était bien vieux. Pas sec, voire. Et moi – fort jeune aussi – je m’étais mangé la chose sans voir venir. Je l’avais gobée ensuite sans fin, avec délectation. Encore à peu près vierge de toutes substances déstabilisantes, à quelques bouffées et gorgeons près – mais sentant bien que la chimie amusante devait les occuper, ces gens, influer sur leurs mixtures. Tous azimuts, déjà, ça part sur du Sly Stone ; reprise burlesque et vraiment à l’ouest, béate et flashes-technicouleurs d’une plage tirée de Fresh – l’album porno roublard d’après There’s a Riot Goin’ On, tentative de retour hydrauliquement parfaite, c’est à dire, et ridiculement maquillée, cocassement et tristement simulée… Bon, mais voilà : cette version là tombe vraiment dans le puits. If you want me to stay… Mais non, la plage d’après on est déjà ailleurs. Dans un parc, un concert. Mercury Rev y étend sans fin – enfin, sur un peu moins d’un quart d’heure, c’est à dire à peine plus que la version originale de l’album ; mais ça perturbe la perception, on vous dit, on vous assure – son Very Sleepy Rivers, y mêle en fond sur le mode trompeur de "l’incidemment" l’une des plages les plus insidieusement captivantes du tout premier Miles électrique. Assez incroyable, cette interprétation publique – malaxage, touillage des matières déjà magnifiques, des sons ivres, tristes et lumineux à la fois de la plage originelle… Frittering, aussi – enregistrée ici pour John Peel, probablement donc dans les studios de la BBC – se donne en une mouture particulièrement forte. La chanson a toujours été poignante, de toute façon – ici je la trouve spécialement remuante ; si c’est ça, l’émo, alors soyons émotions ; soyons amour, soyons amours. Soyons fantaisie, aussi, continuons coq à l’âne. Ou passons en douceur par cette Coney Island Baby prise la tête flottée mais les reliefs saillants, accentués, avec la clarinette en fond qui embarde toute folle. Puis Car Wash Hair – mignonne et complètement cramée, timide ébauche érotique et romantique, fraîche adolescence emballée par la montée. Stoppons là la liste. Continuons d’écouter. Tout est sans doute plus brut. Pas grand chose qui soit là pour rien. Blood on the Moon peut-être, allez. Même pas les interludes crétins (ou grinçant... cette scène de maîtrise-d'une-forcenée-camisole-chimique... pas récréative, cette fois, injonction-injection) absolument appropriés à l’accidenté du terrain que ça tourne, ce disque. On dira que c’est une pause, une relâche de densité. Et si – disent-ils – sur le final – encore chasser l’abeille – "la guitare devrait sonner bien plus fort mais qu’est-ce qu’on y peut ?", on dira que c’est l’effet de l’espace instable et de l’écho. Mais qu’est-ce qui est l’écho, à cette époque – des versions "officielles" et de ces "alternatives" ? Où est le groupe à cette, à son orée ? Eh bien : partout, dans tout ce qu’il fait. Sans doute pour ça que ça ne déteint pas, que ça ne passe pas comme une image mal fixée – nonobstant le sépia de la dame au masque-pellicule au revers de la pochette, le couple ocre-orange et sa bulle plexiglas surgie d’un futurisme ancien. On en reprend ? On continue d’en remettre – parce que c’est mieux qu’une annexe, qu’un complément, cette joie entière du plonger-broussailles.

note       Publiée le samedi 26 août 2017

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