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Big Business › Here Come The Waterworks

cd • 8 titres • 40:43 min

  • 1Just As The Day Was Dawning
  • 2Hands Up
  • 3Shields
  • 4Grounds For Divorce
  • 5Another Fourth Of July... Ruined
  • 6Start Your Digging
  • 7I'll Give You Something To Cry About
  • 8Another Beautiful Day In The Pacific Northwest

line up

Jared Warren (chant, basse), Coady Willis (batterie)

Musiciens additionnels : David Scott Stone (guitares, bruits)

remarques

chronique

Comment décrire toute la puissance morne de Big Business, avec leur meilleur disque qui plus est ? Déjà les mecs sont deux à la base, trois si on est scrupuleux, et ils t'enfournent une bûche quadruple-épaisseur d'album comme s'ils étaient cinq ou six, en un laps de temps tout à fait standard. Le son BB ? Quelque chose de l'ordre du suicide à la compote. Quelque chose de la gloire et de la loose confondues dans un même durcissement. Quelque chose de la charge ultime du bestiau criblé de plomb. Le charisme BB ? Quelque chose qu'a pas grand chose à voir avec Brigitte Bardot en effet, sauf si on parle de la Brigitte sexagénaire 100% d'origine et des gros morses dépressifs qu'elle défend avec hargne. Big Business a l'œil morse, la paupière basse, un reflet torve, le corps musculeux. Le refrain limpide de "I'll Give You Something To Cry About", causant d'un vieil homme qui peut prendre son temps car les vautours sont heureux d'attendre, en dira plus long à ce sujet que la meilleure des chroniques. Pour le son c'est plus facile : ça bourre, ça jute. Gargantuesque, ultrafluide, surplombé par ce chant mongoloïdo-affligé sans équivalent à ma connaissance, jusque dans ses moments vaporeux ("Another Fourth Of July... Ruined") ou groovy ("Start Your Digging") voilà un groupe au fumet bien atypique, et son album culte. La batterie de Coady c'est un festin, "Grounds for Divorce", c'est juste l'un des plus gros morceaux de cette Terre - tout Mastodon contre ce morceau, j'échange sans hésiter. Le final instrumental c'est à la fois du psyché basique, adolescent, et quelque chose de plus gras, malaxé-boudiné, pas si anodin. Et le bassiste au micro, bah c'est 50% du charme BB. Jared Warren, quand il chante, semble se boucher le nez en permanence en évoluant dans un océan de fumier dense constitué par la pautrée de riffs et le foin de pieux que le reste défèque avec générosité. Avec le temps j'en viens même à me demander si BB ne partagent pas avec Harvey Milk la palme du plus grand groupe melvinsien qui surpasse Melvins sans se forcer : Here come the Waterworks a un son complètement ankylosé, terrassant. Un son qui correspond très bien à l'expression galvaudée "over-the-top". Des commandos de riffs pryapes du début jusqu'au final instrumental cosmique qui fait un semblant de digeo, tout dans ce disque sonne goulu, ventru, patate et imparable. Un rapport masse/fluidité à rendre jaloux le meilleur album de Kyuss, ajouté à cette bonhommie massive comparable à Clutch, propulsé par des fusées tout connement heavy-metal, avec certificat d'épaisseur mélodique AOP. Il y a en effet une émotion assez terrible sous cette charge maouss, une émotion presque doom, et pourquoi pas carrément tiens, de façon certes non trad', et c'est tant mieux, car ça la rend plus dure à conter, plus dure à cibler, mais encore plus dure à ne pas sentir, car chez moi en tout cas, impossible à ne pas sentir ce quelque chose qui monte comme une grosse larme au beurre dans Big Business. Moi ce que je vois en premier sur un bouledogue ou ce genre de clebs ingrat traînant son gros cul à la peine, c'est tout ce qui brille dans les plis graisseux : son blair humide et sa bave, sa médaille avec son nom d'esclave, rappelant l'ancienne et héroïque race de chiens de combats qu'étaient ses ancêtres, avant de devenir ce chien-chien à mémère au cours de "l'évolution". Big Business mouchent et salivent dru, eux aussi, et portent leur médaille en fonte de chaudron comme un poids tragique, le revers de leurs trophées capitalistes fièrement exhibés, et surtout, si tu piges pas grand chose à ce que je raconte depuis quelques lignes, sache juste qu'ils ruent à la jugulaire du taureau et ne le lâchent qu'une fois au sol, et saigné. Un album qui met sur le cul huit fois, et laisse plein comme une outre. Le verdict boulatoire suit tout naturellement.

note       Publiée le mardi 26 août 2014

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Note moyenne        2 votes

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merci pour le fusil... › mardi 26 août 2014 - 19:11  message privé !

Oui massif.

Note donnée au disque :