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Lightning Bolt › Fantasy Empire

cd • 9 titres • 48:07 min

  • 1The Metal East 4:13
  • 2Over The River And Through The Woods 6:31
  • 3Horsepower 4:43
  • 4King Of My World 3:57
  • 5Mythmaster 5:11
  • 6Runaway Train 4:39
  • 7Leave The Lantern Lit 1:16
  • 8Dream Genie 6:21
  • 9Snow White (& The 7 Dwarves Fans) 11:21

enregistrement

Enregistré par Keith Souza, Seth Manchester (The Body) dans leur studio Machines With Magnets, Providence, Rhode Island - Masterisé par Heba Kadry Timeless Mastering

line up

Brian Gibson (basse), Brian Chippendale (batterie, voix)

remarques

chronique

Voici donc, selon certains esprits chagrins de la trempe « j’aime pas le noise mais ça j’écoute parce que c’est hype » (j’exagère un peu, mais y’en a), le premier album bien produit du duo de Providence. Le premier à bénéficier d’une lisibilité qui ne noie pas trop le propos, là où l’intérêt majeur du groupe reste et restera la scène. Primo, Lightning Bolt a toujours été largement écoutable pour moi. Deuzio, la différence de production et de clarté avec les précédents ne saute pas foncièrement aux oreilles, soyons honnêtes. Tout au plus remarque-t-on que Lightning Bolt s’autorise des structures plus élaborées, des passages plus mélodiques (ce pont légèrement Queens of the stone age sur Over The River and Through The Woods, celui carrément heavy metal et génial de Dream Genie, qui figure dans le jeu vidéo Rockband 4, un comble), et maintient une dynamique très hippique tout au long de l’album. On comprend le pourquoi des chevaux au verso, c’est bien une musique de fantasia chez les Pètchenègues, alliant l’utile à l’agréable en traversant, pillant, ravageant, violant, pacifiant, et bien sûr labourant les steppes molles de Ciscaucasie. Pensez sabots, hurlement d’encouragement du chef, vitesse, contrées oubliées aussitôt traversées, etc... L’occasion de se souvenir que Horsepower ça veut aussi dire « Chevaux-Vapeur » et ça c’est cool. Avec un minimum d’imagination, le trajet de remontée de la route de la soie en sens est-ouest est bien là : de The Metal East, référence au Tao (et dont aux Han Occidentaux ayant bouté les tribus mongoles plus à l’Ouest au Ier siècle, et initié le mouvement), on arrive logiquement au pinacle de la culture occidentale, seul truc qu’on a trouvé à opposer à Lao-Tseu : Blanche-Neige, avec Snow White (et les sept nains fans, hahaha), marathon space rock, presque kraut, qui ramone les conduits, en passant par Leave The Lantern Lit, dicton christique traversé en 1min16 (le monothéisme, encore un truc de sédentaire, ça). Bon, mais en vrai est ce que le disque est aussi varié que les continents traversés ? Hélas nan. C’est le mal des duos, tomber dans le systématisme, et pas que sur scène. Brian Chippendale, malgré son nom digne de la Crypte qui lui rapporte logiquement une boule jaune de plus par album, pratique la technique du « roulement ininterrompu », perfectionnée depuis 15 ans dans sa camisole. C’est cool, mais au bout de 6 albums, on a le droit de penser qu’on a compris. Le truc avec Lightning Bolt, comme dans 80% des groupes de noise rock américains, c’est la voix. Cette voix qui crie ses ordres incompréhensibles à travers à un mégaphone, réduit à l’état de signal de détresse dans ce maelstrom bouillonnant, on a un peu l’impression qu’elle est là pour ne surtout pas être étiquetés « groupe instrumental », ce qui serait synonyme « d’intello » au pays de l’Oncle Sam, il faut croire. Sans ce petit zigouigoui de voix qui revient nous haranguer sans cesse, le disque passerait cette fichue barre des 5/6 sans encombre, tant les compos sont solides et suffisamment diverses. Gageons que ladite voix ne gênera pas tout le monde, surtout chez les métalleux, habitués à ce genre de « détail » tant que la musique derrière est toute virilité hérissée et charges belliqueuses. N’empêche, là où la chose ne me gêne pas dans le black ou chez Okkultokrati (qui me fait le même effet de fraîcheur que la découverte de Lightning Bolt), ici, elle me gâte un peu le disque. Et nous de poser l’éternelle question : pourquoi pas instrumental ?

note       Publiée le dimanche 26 mars 2017

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dariev stands › lundi 27 mars 2017 - 16:08  message privé !
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moi-même, je ne sais pas si je le trouve plus varié. Plus que les autres, oui, suffisamment, oui aussi... Mais moins que d'autres disques de ce créneau mégasursaturé pour fonctionner. Et la voix, elle un peu trop rachitique pour m'évoquer du rock, plutôt le vague son d'un mégaphone de manif étouffé par les quadruples vitrage de l'Elysée... En fait, j'aurai presque voulu mettre 3 à ce disque, mais ça dégage encore trop de puissance, je suis bon client ;)

Note donnée au disque :       
born to gulo › dimanche 26 mars 2017 - 11:37  message privé !

Parce que sans voix, c'est toujours bigrement moins rock, ce que ce disque est sans conteste. Sinon, j'ai pas compris si tu le trouvais suffisamment varié ou pas ? Personnellement, c'est cette variété (relative) et cette complexité de composition (non moins relative), bien plus que la production, qui le rendaient bien plus lisible, respirable, et moins interchangeable, que tous ses prédécesseurs, dont un seul me suffit pour ma part.

Note donnée au disque :