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Ice-T › The Iceberg/Freedom of Speech...Just Watch What You Say

cd • 13 titres • 55:41 min

  • 1Shut Up, Be Happy
  • 2The Iceberg
  • 3Lethal Weapon
  • 4You Played Yourself
  • 5Peel Their Caps Back
  • 6The Girl Tried To Kill Me
  • 7Black 'N' Decker
  • 8Hit The Deck
  • 9This One's For Me
  • 10The Hunted Child
  • 11What Ya Wanna Do?
  • 12Freedom Of Speech
  • 13My World Is Bond

enregistrement

1988-1989. Afrika Islam, Ice-T.

line up

Ice-T (MC, production), Afrika Islam (production)

Musiciens additionnels : Jello Biafra (voix)

remarques

https://fr.wikipedia.org/wiki/Iceberg_Slim

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
gangsta

"L'Ice-T je le garde dans la bouche, et quand il est chaud, je l'avale". Ah bon ? Je n'voudrais pas faire mon rabat-joie, mais je crois que ce que t'as dans la bouche s'appelle un canon de fusil... et un canon de fusil, ça ne s'avale pas, ça se suce. Le compromis est pourtant simple non ? Suce ou Crève. L'oncle Marrow l'avait déjà plutôt bien posé sur son Power, qui avait une pochette impériale à finir gagnante pour squatter ad vitam la porte de mes chiottes (tandis que celle ci-dessus est nettement plus fine, admirez donc cette douceur, ces courbes et dégradés délicats) et avait fait de lui le Pimp number one. Piquant son surnom à Iceberg Slim, sorte de Bukowski de la communauté black, maquereau-écrivain des plus subversifs, le voilà de retour, dans un esprit plus sombre, plus con, plus moche aussi, avec son flow chauffé à blanc, ce flow aussi vieux que le monde, planté comme un dolmen phallique dans l'histoire du hip-hop... le flow-mac, le flow-straight, le flow-tonton flingueur, le flow RUSTIQUE par excellence, une sorte de pur coulommiers dans la saga des rondelles de légende du genre. Alors ok, le flow-mage - mais surtout le flow le plus froid il faut bien le dire - l'alias Iceberg dépasse finalement sa référence littéraire et prend tout son sens. Comme ce gros beauf le dit lui-même dans le titre-épo : "I'm as cold as cold can get"... et c'est vrai. Ce flow c'est l'australopithèque du genre tout simplement, une sorte de fluide ancestral gelé qui te durçit tous les nerfs, aussi zen et détendu qu'un CRS braquant sa lampe-torche et aussi philosophe qu'une bitte. Si tu sens pas la tension dans cette voix, c'est qu'on t'as badigeonné les pavillons au GHB. Les prods ultra-basiques et ultra-sèches de Afrika Islam et ses beats gros calibre fondent ce flow dans une sorte de totem de la violence funk, sans avoir à se fader le trop plein de blabla et le bordel du tout aussi culte disque suivant. Ce qui devait ressembler à un album concept très sérieux sur le Premier Amendement et la censure dans l'esprit du MC va virer au plus spontanément agressif des disques du genre, et sans problème l'un des plus jouissifs, Ice faisant tout son possible pour se rendre détestable d'une majeure partie de la populace avec une préférence pour FBI, CIA, médias et autres cul-serrés, invectivant, gonflant les pecs, donnant dans l'interlude débilement gore ("Black'n'decker" est dans ce type d'exercice un petit chef d'oeuvre, c'te vieille sacoche était quand même mille fois plus marrant et classe que Snoop Dogg ou Eminem) ou lorgnant vers ce qui sera Bodycount, à savoir le côté metal/punk de Ice-T. D'ailleurs les connections s'affichent déjà clairement : dès l'intro avec Jello Biafra récitant un speech au parfum de parano sociale façon Invasion Los Angeles sur un sample à la Beastie du titre "Black Sabbath" - éponyme d'un osbcur groupe de hippies satanistes - collé au gros scotch marron pour colis carton, l'auditeur pointilleux est placé dans une perspective qui ferait de lui Kasparov devant un adversaire au QI de sanglier. A l'issue, il sera pourtant vaincu : massacre des pions au fusil à pompe (pas d'UZI, c'est pour les pédés), destruction des tours, humiliation du roi et main basse sur la dame qui sera embauchée par le grand méchant pimp.... au tapin, salope !!!!!!!! Raaah, plus de métaphores débiles Raven ! me hurles-tu. Plus ou plus ? Plus, genre plus j't'en rajoute sur demande, ou plus genre plus du tout ? Tu sais plus ? Moi non plus... tout c'que je sais, c'est que le beat contondant et lent et pesant de "Peel Their Caps Back" - titre qui pue la mort - réduira tes neurones à l'état de femmes battues, tandis que les synthés bien malsains scintilleront comme un cristal maléfique au centre de ton autel mental... Je sais aussi qu'à la fin du kilométrique "What Ya Wanna Do" en collab avec le Syndicat de la Rime, t'auras envie de buter tes voisins s'ils ne te butent pas avant ("Paaaarty !!! paaaaarty !!!! ça n's'arrête jamais cette saloperie, et le pire c'est que t'en redemandes !). Que "The Girl Tried To Kill Me" avec son sample de hard rock ringard à mort est juste aussi belle et implacablement classe que le camion d'Agence Tous Risques. C'est le hip-hop le plus vulgaire de la west coast voire du monde a cet instant, ça pourrait te sembler sympathique dis comme ça, mais le style de ce maquereau à grosses bagouzes est aussi propre que la baignoire de Scarface - "Hit The Deck" mon gars, checke un peu, sans parler de "Hunted Child" qui resauce "Bring The Noise" de PE pour simplement le sublimer. Mmmh pardon comment ? ça a vieillit, tu dis ? Oh, sûrement; comme Robocop ou Predator quoi. Les effets spéciaux ont pris du grain, ça fait sourire. Mais le poids reste intact. Iceberg est con, froid, inamovible, imperturbable, dans sa posture d'emmerdeur, il est là c'est comme ça, dans l'océan du hip-hop culte, attendant depuis plus de vingt ans pour donner à ton bon goût et à ta sensibilité les rôles de Jack et Rose, qu'il noiera comme des petites merdes chaudes dans l'océan gelé du vice après morcelage des ballasts. Ce navire monumental mais créé trop vite qu'est ta résistance au hip-hop finira kaput dans l'hiver des requins-maquereaux de L.A. Car le hip-hop est aussi vainqueur quand il se fait méchanceté brute. Iceberg = shot compact. "Mais, mmmh dis moi Raven toi qui est spécialiste des métaphores pourries explique-moi s'il te plaît : pourquoi diantre dit-on la partie "cachée" de l'Iceberg ?" Parce qu'elle est dans ton cul, très cher lecteur.

note       Publiée le lundi 27 février 2012

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E. Jumbo › dimanche 7 avril 2019 - 23:39  message privé !

Putain, ce "Squeeze the Trigger", dernier morceau du premier album, mais quelle tuerie monumentale. Pourquoi on parle jamais de ce titre ?

Seijitsu › lundi 16 février 2015 - 21:12  message privé !

Le flow de ce mec pourrait être la meilleure représentation du mot "badass". Hit The Deck!

Note donnée au disque :       
Harry Dickson › samedi 29 juin 2013 - 21:27  message privé !

Le coup du sample totalitaire de Biafra sur B. Sab, ça commence bien, mais le reste défouraille sévère aussi. La dernière marche avant le définitif O.G. Original Gangster. Pas d'humeur l'Iceberg !

Note donnée au disque :       
E. Jumbo › mardi 28 février 2012 - 00:17  message privé !

Haha oui super la pochette de Power ! Sinon je ne connais que le suivant O.G. dont j'apprécie tout particulièrement le feeling gangsta incorporated early 90's.