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Karlheinz Stockhausen (1928-2007) › Trans

cd | 2 titres | 55:34 min

  • 1 Trans (world premiere, live) [28:50]
  • 2 Trans (studio recording) [26:44]

enregistrement

World premiere recording : live à la South-West German Radio, Baden-Baden, Allemagne, 1971. Studio recording : Saarländ Radio, Saarbrücken, Allemagne, 1973.

line up

World premiere recording : Sinfonieorchester Des Südwestfunks , Ernest Bour (direction). Studio recording : Sinfonieorchester Des Saarländischen Rundfunks, Hans Zender (direction).

remarques

La première mondiale, captée en public, et la version studio, possèdent chacune son "charme" propre. Un excellent couplage !

chronique

Styles
musique classique
contemporain
Styles personnels
musique massique

HIAAAAARGH ! On parle de "metal extrême" ; il faudrait aussi parler de musique contemporaine extrême. J'y ai mis le temps, mais je l'ai eue. "Electro contemporary machine music". C'est une interview croisée de Laurent Garnier et de Pascal Dusapin, parue il y a fort longtemps dans "Le monde de la musique", qui m'avait mis la puce à l'oreille. Les deux gaillards parlaient du concept de "transe", et Dusapin, au détour d'une réflexion, d'ajouter : "il y a d'ailleurs une pièce extraordinaire de Stockhausen qui s'appelle Trans." Quouargh ? Et j'en avions point entendu parler ? Oeuvre rare, quasiment introuvable à présent, "Trans" est culte. Ce n'est sans doute pas un chef-d'oeuvre, ni même probablement ce que Stockhausen a fait de mieux, mais c'est culte, tout simplement. C'est une grosse enclume qui vous tombe sur la gueule et qui vous écrase pendant une demi-heure ; un gigantesque tsunami sonore qui vous noie et vous balaie tel un fétu de paille. Une messe. Une masse. Le cluster de cordes écrasant et le son du bois qui claque et craque. Le poids d'un énorme train-vapeur avec sa locomotive démantibulée et crachotant en tous sens, menaçant d'exploser à chaque seconde, sortie d'un train-fantôme surréaliste, de l'effroi d'un mauvais rêve. Et ce rêve-là ne s'analyse pas, il se vit, il se meurt. La version live possède en plus ce son harsh qui renforce l'impact et la violence du bestiau, gâchée hélas par les applaudissements mal à propos et les "chut" d'un public indiscipliné, avec même un petit plaisantin qui siffle pendant LE moment où il faut garder le silence. Mais qu'importe, sur ce disque, même le souffle du vinyle d'origine, que l'on entend seul au départ de la version studio, fait frissonner, car on sait ce qui va arriver. L'effectif orchestral semble gigantesque (il est baigné, nous dit-on, dans la lumière violette) et le son est comme distordu, littéralement laminé, par une déformation/compression. Un nuage noir des cordes maintient "forte" tout du long un brouillard de guerre sur le reste des instruments, qui s'avancent furtivement, décochent de temps à autre des flèches meurtrières aux vents, des rafales de mitraillette massacrantes aux cuivres, des morsures douloureuses aux violons solistes, et retournent dans l'invisibilité pour mieux se préparer à une nouvelle attaque. Mais ce qui fait le plus de dégâts, c'est le son échantillonné d'un... métier à tisser ! Ce qu'en fait Stockhausen, c'est le couperet répétitif d'une guillotine qui s'abat à intervalles irréguliers : une décapitation toutes les quinze secondes en moyenne. Et cela dure trente minutes. Sans temps mort. Un cauchemar insupportable. Enfin, il y a tout de même UN moment bien particulier, aux trois quarts de l'oeuvre, qui laisse planer quelque chose d'encore plus terrifiant soudain : le silence - un silence de mort, précisément. Et CLAC, le couperet tombe au milieu.

note       Publiée le dimanche 13 décembre 2009

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E. Jumbo › lundi 29 mars 2010 - 00:09  message privé !

Je ne m'attendais pas à ça, mais c'est tout de même une bonne surprise, 30 minutes bien éprouvantes ! Le son du métier à tisser est très dérangeant en effet. Les applaudissement du public sont bien grotesques face à une musique si menaçante, on imagine une foule stoïque en costards contempler une lente apocalypse...

Note donnée au disque :       
saïmone › jeudi 17 décembre 2009 - 13:01  message privé !
avatar

C'est pas aussi bruitiste que ce à quoi je m'attendais, en revanche c'est carrément... comment dire... comme quand un chevalier du zodiaque qui se retrouve dans une autre dimension, ou quand le T-1000 rentre par l'habitacle de l'hélicoptère, ou des vieux effets spéciaux type distortion de l'espace qui font que les murs sont comme des vagues après qu'une goutte y soit tombée. C'est renversant

Trimalcion › lundi 14 décembre 2009 - 19:48  message privé !
avatar

Ha oui, c'est vrai, il y a le "Stockhausen-Verlag" en commande maintenant, qui permet de se procurer l'intégrale du compositeur.

Charles Pasqua › lundi 14 décembre 2009 - 15:16  message privé !

le disque est trouvable ici : http://www.stockhausen.org/cd_catalog.html c'est le 19ème de la liste comme marqué dessus

ericbaisons › lundi 14 décembre 2009 - 13:54  message privé !

si quelqu'un a un lien, un exemplaire, un extrait, que sais-je...