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Karlheinz Stockhausen (1928-2007) › Aus den sieben Tagen

2 titres - 46:17 min

  • 1/ Fais voile vers le soleil (21:26)
  • 2/ Liaison (24:40)

enregistrement

Studios Davout, Paris, France, les 6 et 7 juin 1969.

line up

Jean-pierre Drouet (percussion : darabuka, deux tam-tams, cymbales, crotales, cloche à vaches), Jean François Jenny-clark (contrebasse), Michel Portal (clarinette en mi bémol, cor de basset, clarinette basse, saxophone ténor, taragod), Karlheinz Stockhausen (1928-2007) (filtres et potentiomètres), Aloys Kontarsky (piano), Johannes G. Fritsch (alto), Alfred Alings, Rolf Gehlaar (tam-tam), Harald Bojé (électronium), Claude Ermelin (ingénieur du son), Diégo Masson (directeur artistique).

remarques

chronique

Styles
musique classique
contemporain
Styles personnels
contemporain/sériel/musique intuitive

Je ne sais pas si, comme ce fut le cas pour moi, les bandes dessinées de Franquin ont bercé votre enfance. Si oui, vous vous souvenez certainement de cette scène mémorable de "QRN sur Bretzelburg", dans laquelle Herr Doktor Kilkil fait subir une séance de torture à Fantasio en lui vrillant les oreilles à grands crissements de craie neuve sur tableau noir et de dents de fourchette râclant le fond d'une assiette. C'est un peu à la place de ce pauvre Fantasio que je me suis senti à l'écoute des moments extrêmes de cette oeuvre de Stockhausen. "Musique intuitive" : difficile de faire la part des choses entre ce qui est dû à l'écriture du compositeur et ce qui est dû à la grande liberté manifestement laissée aux interprètes. On a davantage l'impression d'une vaste "jam session" entre instrumentistes spécialistes du répertoire contemporain, qui serait coordonnée par les instructions de jeu du compositeur ainsi que par son traitement du son, effectué en direct depuis la cabine par le biais de filtres et de potentiomètres. C'est en tout cas ce qui ressort des conditions d'enregistrement aussi bien que des sensations de l'auditeur. Bien sûr, les ambiances suscitées par ces types sont "torturées", glauques comme c'est pas permis : la manière dont est filtrée la basse, notamment, donne une espèce de gouffre sonore effroyable, cauchemardesque. Et c'est là-dessus que flottent les stridences suraiguës de la clarinette et de l'alto, dans un contraste d'une belle expressivité. "Fais voile vers le soleil", dont le titre laisserait pourtant à penser que l'on va s'échapper vers des contrées plus lumineuses, ne laisse que peu de répit à l'auditeur, et s'achève sur le néant, alors que "Liaison" joue davantage sur une variété d'enchaînements rythmiques, de timbres. Difficile de trouver un point de comparaison pertinent... si vous connaissez les improvisations de King Crimson en live des années 1973-1974, celles où les britanniques se laissent aller à leurs penchants les plus "free", où David Cross fait couiner son violon tandis que Bill Bruford fait résoner des tôles froissées, vous aurez une petite idée de l'atmosphère régnante, à ceci près que Stockhausen s'amuse aussi à jouer avec différents phénomènes électro-acoustiques du plus bel effet, et que le propos est évidemment porté ici à ses conséquences les plus extrêmes. Ce n’est pas la meilleure œuvre pour entrer dans l’univers du compositeur allemand, dont les expérimentations en matière de traitement électronique des sons ont eu une influence énorme, mais l’anarchie dans sa discographie pléthorique est telle qu’il faut bien commencer par quelque chose… Belle noirceur, en tout cas, pour cette oeuvre atypique de Stockhausen... et qui fait grincer des dents.

note       Publiée le dimanche 15 mai 2005

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dariev stands › lundi 14 décembre 2009 - 13:20  message privé !
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ah putain, je capte totalement la référence à QRN sur Bretzelburg !! comment vous dites déjà ? "more power to this guy" !!

saïmone › vendredi 8 juillet 2005 - 14:03  message privé !
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Excellent disque, plutôt taré, totalement free, bourrés de sons extra-audibles, une ambiance de malade (qui a dit à la Tsukamoto ?), une tuerie.