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Om › Variations on a theme

3 titres - 45:10 min

  • 1/. On the moutain at dawn
  • 2/. Kapila's theme
  • 3/. Annapurna

enregistrement

Produit par Billy Anderson

line up

Al Cisneros (basse, chant), Chris Hakius (batterie)

remarques

chronique

Styles
doom metal
stoner
metal extrême
rock
Styles personnels
tourneries

C’en est presque suspect : personne, dans les très psychotropes années 70, n’avait songé à appeler son groupe "Om", tout simplement ? Cette syllabe sacrée de la culture hindoue, signifiant "bienvenue aux dieux" et représentée par un signe ésotérique archi-connu et ressemblant à un 3. Surtout qu’il s’agirait du premier son jamais engendré, le son primordial d’où découle l’univers (eh oui, rien à voir avec Marseille, donc, ne soyez pas déçus). Ce fut donc Al Cisneros et Chris Hakius (anciens sludgeurs aux pieds boueux, quand même), rescapés de l’aventure Sleep qu’on devine fort riche en buvards imbibés de substances peu licites – désireux d’atteindre le Nirvana via la méditation et les méthodes traditionnelles plutôt qu’en gobant trip sur trip, qui ornèrent leur duo de ce patronyme austère et intriguant. Austère, comme la pochette, trompeuse à bien des égards, puisque beaucoup s’y sont laissé berner et ont déserté le duo fraîchement créé (on est alors en 2005), le prenant pour un énième décalque de Silver Mt. Zion (remember la pochette de "Born into trouble as the sparks fly upward" ?). En réalité, Om se veut la continuité mystique de Sleep. Plus de Stoner ou de Doom à proprement parler ici, le groupe a inventé sa propre mixture, inimitable (ou alors au risque de passer pour un gros pompeur sans vergogne), qu’ils se contentent de décliner invariablement morceau après morceau, album après album. En fait, voilà : Variations on a theme, ç’aurait pu être le nom du projet, tant le concept est si bien résumé. Variations sur le même temenos, pour faire son propre jeu de mots gainsbourien. Un temenos, c’est en gros le lieu sacré (parfois uniquement défini par un carré tracé sur le sol), où à lieu une expérience transcendantale, un sacrifice ou un rituel alchimique. Om est dans la transfiguration, dans la recherche de la transe via la répétition et la diction obstinément monotone (au sens musical du terme) et lancinante, rappelant parfois certains chants religieux indiens, aides à la mémorisation de textes sacrés lors de la lecture. Concrètement, car là j’en voit deux qui bouillonnent au fond à droite, Om joue une espèce de Stoner (dans la production et le son), sans agressivité, répétant le même riff (certes mélodique et assez long) plus où moins remanié jusqu’à la lie sur toute leur discographie, en l’alternant systématiquement par des lignes de chant elles aussi peu variées, sur fond de batterie raisonnablement variée et groovy et d’un bourdon discret. Ce qui n’empêche pas des breaks jouissifs où le mantra est répété comme une formule incantatoire, comme à 6min 20 lors d’Annapurna. Où que certaines inflexions rappellent Tom Morello à tout ceux qui, comme moi, on trop écouté RATM en boucle. Cela dit, avec une telle formule érigée en valeur de dogme, c’est quitte ou double : soit on ne comprend pas, soit on se laisse hypnotiser et l’ascension commence. Cette musique, avec ses fréquences basses et sa syncope obsédante, vise de toute évidence au même effet que les chants des moines tibétains, et se contrefout de toute comparaison avec toute musique lourde contemporaine. C’est comme si ces pénitents en capuche noire et barbe rousse recherchaient l’absolution (qu’ils chantent si bien), après une vie de débauche chimique et de musique du diable. On est dans le mysticisme oriental jusqu’au cou, certes, mais sans la profusion de symboles et de couleurs rarement maîtrisés qu’on y associe si souvent dans le rock. Au final, Om semble concerné à fond par son art, maîtrisé jusqu’au bout, équilibré à la perfection, et dont l’appréciation dépend avant tout des conditions mentales et physiques de l’auditeur. Une formidable porte ouverte sur bon nombre de musiques du monde. “Centripetal core of soul sojourn the field vibrates to absoluuuuuuuuuuuuuuuuuution.”

note       Publiée le mardi 16 décembre 2008

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Note moyenne        19 votes

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moustache › mardi 11 février 2014 - 22:37 Envoyez un message privé àmoustache

Réécouté tout en jouant à Fallout New Vegas et çà colle son ambiance.

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shauni81 › vendredi 2 septembre 2011 - 19:35 Envoyez un message privé àshauni81

Quintessence du Stoner? Mmmmm ... ouais. Grand disque.

Note donnée au disque :       
Sgt.Patton › dimanche 28 août 2011 - 02:59 Envoyez un message privé àSgt.Patton

Quelle tuerie, mais quelle tuerie! Je découvre Om en ce moment, étant déjà un gros amateur de Sleep (et de beaucoup de groupes affiliés Stoner/doom/toutcequevousvoulez), et c'est limite si ça me fait pas encore plus tripper que ces derniers. Non mais "On the Mountain at Dawn", c'est l'un des trucs les plus phasants que je me suis fait depuis longtemps, avec "the Coast Explodes" de Mammatus. Gros gros fan. Et j'explore le reste de leur disco', ça m'a vraiment l'air d'être du tout bon (avec progressivement un délaissement du côté stoner qui aboutit à des atmosphères orientales ultra-planantes). Le stoner qui devient musique de transe, quoi de plus cohérent finalement. (P.S: j'en profite aussi pour dire que dans les projets post-Sleep, High on Fire, dans une approche nettement différente, c'est quand même du très très bon, sous forme de stoner bien lourd et agressif. A quand les chro'?)

Note donnée au disque :       
absinthe_frelatée › lundi 7 février 2011 - 20:31 Envoyez un message privé àabsinthe_frelatée

Pas écouté/vu en dehors de sa performance en première partie de Om justement. Pas fantastique globalement, très atmosphérique chiant avec voix haut-perchée (qui représente à peu près 80% de l'intérêt du groupe), vite oublié.

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Wotzenknecht › lundi 7 février 2011 - 16:24 Envoyez un message privé àWotzenknecht
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oui c'était lui. ca vaut quoi en solo ?