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Funkadelic › Funkadelic

vinyl • 7 titres • 46:54 min

  • 1Mommy, What's A Funkadelic9:08
  • 2I Bet You6:10
  • 3Music For My Mother6:19
  • 4I Got A Thing, You Got A Thing, Everybody's Got A Thing3:50
  • 5Good Ole Music8:01
  • 6Qualify And Satisfy5:16
  • 7What Is Soul8:40

enregistrement

Produit par george Clinton - Ingés-son : Bryan Dombrowski , Ed Wolfrum , Milan Bogdan , Russ Terrana - 1969

line up

Bob Babbitt (basse sur "I Bet You"), George Clinton, Ray Davis (voix), Tiki Fulwood (batterie, chant), Fuzzy Haskins (voix sur I Got A Thing), Eddie Hazel (guitare lead, chant), Billy "bass" Nelson (basse, chant), Tawl Ross (guitare), Calvin Simon (chant sur Qualify And Satisfy), Grady Thomas (voix), Bernie Worrell (orgue sur "I Got A Thing"), Mickey Atkins (orgue sur "mommy"), Earl Van Dyke (claviers sur"I Bet You"), Brad Innis (batterie sur "Music for My Mother"), Gaspar Lawal (congas sur "Music for My Mother"), Herb Sparkman (chant sur "Music for My Mother"), "and some unknown female vocalists (choeurs orgasmiques)

remarques

chronique

Styles
black music
funk
soul
ovni inclassable
Styles personnels
p-funk

Les musiques noires sur guts, c’est pas nouveau. Ça fait déjà un moment que notre belge à nous les a introduites, aussi je profite de ces lignes pour le remercier d’avoir effectué ce toujours délicat travail de défrichage… tout en me laissant l’honneur de chroniquer Funkadelic ! Je me suis toujours étonné de ne voir que Maggot Brain sur ce site, George Clinton et ses deux gangs (n’oublions pas Parliament) n’étant rien de moins que des piliers de la musique moderne… Seulement il semblerait qu’ils font peur à beaucoup de gens. Est-ce leur exubérance, l’aspect ô combien trompeur de "jam bordélique" de leur musique, où bien leur discographie pléthorique, aux pochettes invraisemblables ? Par où commencer, se dit-on légitimement devant une vingtaine de disques mal réédités et à priori tous enregistrés sous influence de drogues diverses (et le sexe en est une, on est d’accord). Eh bien par le tout premier, pardi. George Clinton et le backing band de son groupe de doo-wop, pétant une durite à force d’escroqueries de contrats, et constatant qu’il y avait un train à ne pas rater au vu des dernières excentricités des demi-dieux blacks que sont Hendrix, Sly Stone, Miles Davis et Mr Dynamite, accouchent déjà en 69 d’un manifeste, d’un ovni fondateur. Funkadelic a des airs de libération ultime, de débauche de chœurs orgasmiques, d’ivresse de virtuosité instrumentale, après des années d’abstinence, de costards serrés, de cheveux courts, de discipline doo-wop et d’obéissance à la dichotomie musique blanche/noire. Des années où The Parliaments, le groupe de doo-wop suscité, a - comme tous les groupes blacks du pays - prétendu être cette rassurante chimère manufacturée, jeunes premiers sages et raisonnables, au look et aux paroles totalement décalées par rapport à la révolution qui se jouait chez les blancs (les stones, le summer of love, etc). Fortement influencés par Hendrix et par le melting-pop (faute de frappe qui tombe bien, je la laisse) prôné par la Family Stone, Clinton décide donc un beau jour de prendre un aller simple pour la planete FUNK. Le résultat est immédiat : un premier disque fulgurant, célébrant la rencontre entre la mégalomanie des groupes hard et psyché blancs (Santana, Cream, MC5…) et la musique noire par excellence, non pas le blues, né de la souffrance, ni même le rythm’n’blues, évolution festive de celui-ci, mais son exacerbation débridée et torride ; le funk, né du plaisir. Le funk, étymologiquement, désigne la transpiration née de l’acte sexuel. Et c’est exactement ce que propose cet album : une longue coulée sensuelle et évocatrice, qui commence par une idée qu’un ange semble susurrer à l’oreille de l’auditeur, de sa voix d’ébène libidineuse : "If you would suck my soul, I will lick your funky emotions", le tout accompagné de bruits de succion dignes des Butthole Surfers. Rappelez-moi l’année d’enregistrement déjà ? L’auditeur ressent très vite l’envie de danser, envie qui se transforme bientôt en besoin d’aller expérimenter cette nouvelle révélation divine avec un partenaire du sexe opposé. On pourrait mettre 6/6 au disque sur la seule foi du premier morceau, qui semble vraiment tombé du paradis, tant toute la démarche du groupe est explicitée ici (et elle aime ça, être explicitée, je vous le dis). Mais l’album perd peu à peu en intensité, après un I Bet Ya remuant et à la batterie préfigurant les kicks de la house et du rap, même si on retrouve un I Got A Thing balancé poing levé, orgie de wah-wah funk comme on en a rarement entendu, qui contient ce message aujourd’hui caduque, mais qu’on pourrait imaginer adressé aux usurpateurs du RNB ou du Gangsta : "You don’t drink what I drink / you don’t smoke what I smoke / you don’t think like I think / you don’t joke like I joke". Mentionnons enfin Qualify and Satisfy, qui redéfinit l’usage du blues, non plus un excipient pour la douleur, mais bien une bande-son pour faire l’amour, ce qui met en exergue ce qui fascine pour de bon les blancs dans la musique noire depuis qu’elle existe. Certains seront quand même tentés de demander ce qu'un tel disque a de sombre ou d’expérimental. A cela on peut répondre deux choses : d’une, que s’ils sont rarement sombres, la plupart des albums de black music de l’époque étaient tous joyeusement expérimentaux et découvreurs, et de deux, qu’un certain Frank Zappa, qui en était encore à Uncle Meat cette année-là, a dû décider de devenir funky quand il s’est pris cet astéroïde entre les esgourdes, au vu de la tournure salace et groovante de ses albums 70’s. Surréaliste, heavy, saine, obscène, barrée, tellurique, psyché : la musique de Funkadelic est tout ça à la fois. La décrire ne sert à rien, car elle parle presque plus au cerveau (la voix) et au bas-ventre (la basse, qu’on a presque l’impression de pouvoir caresser) qu’aux oreilles. "For nothing is good unless you play with it, and all that is good is nasty.”

note       Publiée le samedi 24 mai 2008

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Note moyenne        8 votes

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(N°6) › vendredi 11 novembre 2016 - 20:01 Envoyez un message privé à(N°6)
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oh, foxy lady...

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Alex999 › jeudi 7 novembre 2013 - 18:52 Envoyez un message privé àAlex999

Ca y est enfin ! Après les Parliament, je viens de recevoir les 7 premiers Funkadelic. Et oui, c'est de la bombe. Ils vont peu à peu s'éloigner de ce qu'ils font sur les 3 premiers pour se confondre - ou presque - avec Parliament. Ici, on a une sorte de funk / rock psychédélique halluciné et hallucinant avec ces choeurs enfumés, cette basse orgasmique et la gratte d'Eddie Hazel (Méconnu le type. Mon beau-père avait 15 ans en 1970, est passionné de guitare, joue de tous les styles, et ne le connaît pas !). Avec l'arrivée de Bootsy Collins, ça groove davantage !

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Dun23 › mercredi 24 juin 2009 - 14:10 Envoyez un message privé àDun23

Bon, maintenant, je l'ai et c'est de la bombe. Rares sont les groupes à porter si bien leur nom. Ici, du funk, certes mais du proto-funk, pas encore le truc que Clinton, Brown et Stone vont façonner d'ici peu. Mais y'a pas que ça, y'a du rock Hendrixien, courtesy of mister Hazel, du psyché-barré-mescouilles-délique avec ces voix noyées dans la reverb et le delay. Et du cul. Ouais. Le funk, avant tout, c'est le cul. Ça le fait bouger....

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Coltranophile › lundi 26 mai 2008 - 15:55 Envoyez un message privé àColtranophile
Pas le plus emblématique des Funkadelic mais une porte d'entrée fort recommendable. Même s'il est de notoriété publique que Funkadelic et Parliament était la même entité, leur musique a toujours été sensiblement différente, Funkadelic étant la face psyché/acid funk-rock et Parliament étant plus groove. Pourtant, celui-ci est le plus proche de la tradition Stax/Motown et recèle de vrais perles. Après, je suis comme bien d'autres plus sensible aux charmes d'un "Maggot Brain", "Free your Soul..."(totalement défoncé ce disque et passablement bordélique) ou plus tard un "Uncle Jam Wants You". Coté Parliament "Chocolate City" et "Mothership Connection" sont indispensables.
Dun23 › lundi 26 mai 2008 - 15:08 Envoyez un message privé àDun23
Yeah, merci Dariev! Je l'ai pas non plus celui là mais leur second, free your soul, est simplement énorme! Et oui, une ch'tite chronique du Mothership Connection serait chouette!
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